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Il n’y a que l’embarras du choix

3 Jan 2022 | PAR Guillaume Kempf | N°364
Radj Koytcha, directeur associé de Koytcha Conseil : « Les marchés sont au plus haut sur les actions, mais il faut rester prudent. » Photo : Guillaume Foulon
Une des règles d’or lorsqu’on veut doper son épargne, c’est de ne surtout pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. « Il est primordial de se diversifier, surtout en temps de crise », rappelle Radj Koytcha, P-DG de Koytcha Conseil.

Quel que soit le profil de l’épargnant, difficile de passer à côté des contrats d’assurance-vie, dont la fiscalité reste très avantageuse (notamment en cas de succession) et qui permettent de conserver de l’épargne à portée de main. Il existe une grande variété de placements et de supports, avec un niveau de risque gradué sur une échelle de 1 à 7, comme l’impose la réglementation. Depuis quelques années, les fonds garantis (en euros) rapportent de moins en moins. Leurs rendements, indexés sur les titres obligataires, dépassaient difficilement la barre de 1 % en 2020. Et cette tendance va s’accentuer dans les années à venir. De plus en plus, les établissements bancaires cherchent à orienter leurs clients vers des placements en unités de compte, par nature plus risqués, car indexés sur des valeurs. L’idée consiste à opter pour des supports plus ou moins « dynamiques » selon son profil de risque. « Ces placements doivent se faire dans une optique de long terme, 5 ou 10 ans minimum. On n’est pas là pour boursicoter », précise Georgina Mondon, de Premium Patrimoine. La précision est de taille. Les performances varient fortement d’une année sur l’autre. Et il faut avoir le coeur bien accroché quand on voit son épargne faire des montagnes russes, au rythme du marché.

Placements boursiers 

Les épargnants en quête de rentabilité rapide peuvent aussi investir dans les marchés boursiers. Si les valeurs ont été quelque peu chahutées par la crise, elles ont mieux résisté que prévu en 2020. Elles ont même amorcé une surprenante reconquête en 2021, permettant aux investisseurs de réaliser de coquettes plus-values. Les plus aventuriers se tourneront vers les marchés des matières premières, très volatiles, qui peuvent rapporter gros et faire perdre dans les mêmes proportions. Le cours de l’or, par exemple (valeur refuge en temps de crise), a bondi de 25 % en 2020. 

Les plans d’épargne retraite 

Attention ! Boursicoter en temps réel est une discipline périlleuse qui nécessite un peu de savoir-faire. Pour débuter, il est possible de passer par des fonds (Sicav ou FCP), permettant de diluer les risques ou par des trackers, indexés sur des indices. Certains spécialistes redoutent cependant un retournement du marché. « Les marchés sont au plus haut, alors que l’épidémie n’est pas terminée. On peut se demander si toute cette euphorie n’est pas dopée artificiellement par les banques centrales. Ce qui nous incite à la prudence quand on prend des actions », analyse Radj Koytcha, directeur associé de Koytcha Conseil. 
Tout le monde n’a pas la possibilité d’immobiliser son épargne sur plusieurs décennies. Mais ceux qui ont en ont le moyens auraient tort de négliger les plans d’épargne retraite. Ils permettent de se constituer une cagnotte tout au long de sa vie professionnelle, en déduisant les versements de son revenu fiscal. Cette épargne est ensuite reversée au bénéficiaire au moment de sa retraite, soit en une fois, soit sous forme de rente. 

Les placements bancaires 

Indexés sur des taux à court terme au plus bas, les produits bancaires n’offrent guère de perspectives disponible à n'importe quel moment. À l’exception de certaines banques en ligne qui vitaminent leurs taux pour recruter des clients, les rentabilités sont généralement inférieures à 0,1 % sur les livrets bancaires. C’est un peu mieux pour les livrets défiscalisés comme le Livret A (plafonné à 22 950 euros de dépôt) et le Livret de développement durable et solidaire (plafonné à 12 000 euros), rémunérés à 0,5 %, c’est-à-dire moins que l’inflation attendue cette année ! Les Livret jeunes (réservés au 12-25 ans) et les Livrets d’épargne populaire (moins de 20 000 euros de revenu par an) sont un peu plus intéressants, à condition d’y être éligible. Plus intéressants en revanche, les placements garantis qui imposent d’immobiliser son épargne pendant plusieurs années. Les vieux PEL d’avant 2015 proposent des taux supérieurs au marché. 

Bitcoin et token 

Amateurs de sensations fortes, bienvenue dans le monde des valeurs virtuelles, un nouveau marché en pleine explosion, au point de faire tourner la tête à tout le Longtemps réservées aux initiés, les monnaies virtuelles se sont considérablement démocratisées récemment, grâce à la montée en puissance de plateformes d’achat (type Coinbase, Coinhouse et Paymium) qui facilitent les transactions. La monnaie la plus connue, le bitcoin, a vu son cours multiplié par 10 en un an et par 100 en 5 ans. Un Eldorado pour tous les spéculateurs en quête de gains rapides. « C’est un marché non réglementé. La volatilité est très forte d’une semaine sur l’autre. Je ne dis pas qu’il faut s’en priver, mais il faut investir avec prudence sur les marchés numériques, pas plus de 5 % à 10 % de son patrimoine », nuance Fabien Foulon. Autre phénomène en plein boom, les token ou NFT (non fungible token en anglais). Il s’agit d’oeuvres d’art numériques hautement spéculatives. Certaines oeuvres se valorisent en milliers, voire en millions d’euros.

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