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Isabelle Ramdiale Soubaya veut des étudiants entrepreneurs

1 mar 2018 | PAR Alain Foulon | N°327
« Mon rêve serait de créer une école à pédagogie alternative. » Guillaume Foulon
Maître de conférence en Économie à l’Université, elle dirige le Pôle de l’entrepreneuriat-étudiant de La Réunion (P2ER) avec passion depuis plus de deux ans. En attendant de passer à l’acte ?

À 43 ans, Isabelle Ramdiale Soubaya, originaire de Sainte-Suzanne, a déjà un beau parcours universitaire à son actif. Elle a suivi ses études secondaires à La Réunion avant de passer une année à l’université du Sussex, en Angleterre, puis on la retrouve à Paris Panthéon-Sorbonne où elle obtiendra un doctorat en Économie. Avec, comme sujet, les firmes multinationales françaises. Enseignante à l’Université de La Réunion, elle suivra de près l’évolution en cours du monde universitaire qui commence à s’ouvrir. « Depuis 2010, l’une des missions de l’Université est d’aider les étudiants à s’insérer professionnellement. » Et l’une des voies de cette insertion est l’entrepreneuriat, notamment à La Réunion où les jeunes diplômés commencent à éprouver quelques difficultés à trouver du travail. 

UN DIPLÔME ÉTUDIANT-ENTREPRENEUR

On voit alors émerger, sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, un Pôle de l’entrepreneuriat-étudiant de La Réunion (P2ER). Il sera même le premier de l’Outre-mer à faire partie des pôles labellisés Pépite (Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat). Dans ce cadre, il s’agit de proposer le diplôme d’établissement étudiant-entrepreneur (D2E) où l’on trouve un parcours innovation et un parcours création qui s’adresse plus particulièrement aux titulaires d’un Bac Pro. Ces derniers, lors de leur première année d’université, connaissent un taux d’échec de près de 100 %. L’entrepreneuriat serait une bonne solution. Mais les choses n’avancent pas aussi vite que ne le voudrait Isabelle Ramdiale Soubaya. En décembre 2015, elle a l’occasion de s’engager en étant retenue comme directrice du Pôle par son comité de pilotage où siègent 36 membres issus du monde économique. Le choix de la passion car la prime annuelle pour ce poste est dérisoire. Mais la jeune Réunionnaise ne supporte pas de voir autant d’étudiants « largués ». Aujourd’hui, elle vient de mettre en place le SNEE (Statut national étudiant-entrepreneur) qui permet d’élaborer un projet d’entreprise en bénéficiant d’un coaching de la part de deux tuteurs, un académique et un professionnel. Pas moins de 300 étudiants sont inscrits au Pôle, dont 256 bacheliers professionnels.

SUR LE MARCHÉ DE LA REPRISE D’ENTREPRISE

Militante de l’ouverture vers le monde économique et des partenariats, la directrice du P2ER a organisé, fin novembre, avec la Chambre de métiers et de l’artisanat un « speed-dating » axé sur la reprise d’entreprise. Une cinquantaine d’étudiants ont pu échanger avec dix artisans souhaitant céder leur entreprise. « Suite à cette manifestation, six reprises d’entreprise sont en bonne voie et la bonne surprise, c’est que sur les six, il y en a cinq qui sont le fait de Bac pro. Ils ont la motivation, il faut juste leur donner la confiance car ils ont été étiquetés comme ‘les étudiants qui ne réussissent pas’. »
Cette plongée dans le monde de l’entrepreneuriat donne à Isabelle l’envie de se lancer dans l’aventure. « Mon rêve serait de créer une école à pédagogie alternative. » En attendant de passer à l’acte, elle permet aux autres de le faire.

TROIS CENTS ÉTUDIANTS INSCRITS AU P2ER
Le gros du bataillon (246) est formé de bacheliers professionnels qui, lors de leur première année d’université, connaissent un taux d’échec de près de 100 %. L’entrepreneuriat est pour eux une bonne solution d’insertion. Les autres étudiants (au nombre de 54) inscrits au P2ER étudient à des niveaux très différents, de la première année au doctorat, et dans différentes matières. 
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