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Isodom s’exporte dans le nuage

Isodom dispose d’une équipe à Montréal pour commercialiser son logiciel Pyx4 en Amérique du Nord. ©Droits réservés
Isodom, qui accompagne la transformation numérique des entreprises et leurs démarches qualité, a créé une filiale à Maurice, racheté une entreprise lyonnaise, basé une équipe à Montréal. « Dans le numérique, on est dans le nuage, estime Yannick Berezaie, son directeur général. Potentiellement, on peut être partout ».

« L’exportation est un vrai levier de sécurisation pour les entreprises réunionnaises, affirme Yannick Berezaie, dirigeant d’Isodom. Se développer à l’extérieur de l’île permet d’être plus solide sur ses bases, de saisir des opportunités de croissance, mais aussi de carrière pour les collaborateurs. L’exportation ouvre les perspectives, change les mentalités. » 
« Mais notre entreprise n’est pas dans l’import-export de biens, ajoute-t-il. Grâce aux réseaux de télécommunications, nous pouvons potentiellement travailler partout. Dans notre domaine, on s’affranchit de la géographie, on est dans le nuage ! » 
Née en 2005, Isodom réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros dans l’accompagnement de la transformation numérique des entreprises, le tiers restant dans l’accompagnement des démarches qualité, avec une approche fortement marquée RSE. 
L’entreprise s’est tout de même développée physiquement en dehors des frontières de l’île, en ouvrant une filiale à l’île Maurice en 2012. Celle-ci emploie aujourd’hui trois personnes, sur un marché de niche : l’accompagnement des démarches environnementales des entreprises. « Nous avons su adapter nos savoir-faire aux spécificités mauriciennes, notamment réglementaires », souligne Yannick Berezaie. 
Son grand bond en avant, l’entreprise réunionnaise l’avait réalisé quelque temps plus tôt, en 2008, en rachetant 50 % de la société lyonnaise éditrice du logiciel qu’elle distribue auprès de ses clients engagés dans des démarches qualité. Isodom s’était associée pour cela à une société canadienne avec laquelle elle a constitué Globalliance, holding de tête dont 100 % des parts sont détenues à ce jour par Yannick Berezaie et Edouard Kodsi, son partenaire d’outre-Atlantique. La société lyonnaise a été rebaptisée Pyx4, tout comme le logiciel, réécrit pour devenir un outil de management de la performance et proposé sous forme d’abonnement. 
« Nous avons basé une équipe à Montréal pour commercialiser Pyx4 en Amérique du Nord, poursuit Yannick Berezaie. Nous devons être présents là où notre logiciel est déployé, pour connaître le territoire, ses acteurs, ses subtilités réglementaires. C’est en quelque sorte de l’exportation indirecte. Dans le digital, nous devons avoir cette ligne d’horizon. Nos preuves de concept ne doivent pas se limiter au marché local. » 
Pyx4 emploie actuellement une dizaine de salariés à Lyon et autant à Montréal. Prochaine étape : implanter Isodom au Québec pour y développer une activité de service. « Dans un pays non européen, nous pouvons faire du conseil hors du cadre normatif, estime Yannick Berezaie. Mais nous nous heurtons à des difficultés de recrutement : s’il est facile de trouver des clients à Montréal, nous avons du mal à trouver les talents dont nous avons besoin. Nous avons fait la tournée des écoles, en France métropolitaine, pour attirer les meilleurs ingénieurs, en mettant en avant notre responsabilité sociétale. C’est cette ambition que nous voulons décliner au Québec. »  

Entreprise nomade
 
Isodom compte une quarantaine de collaborateurs à La Réunion, mais se contente de 100 m2 de bureaux, au Village by CA, sur la Technopole de Saint-Denis. L’entreprise n’a pas attendu la crise sanitaire pour généraliser le télétravail en son sein. « Je me suis posé la question de savoir s’il y avait du sens à avoir des locaux, pour une entreprise comme la nôtre qui pourrait être 100 % nomade, explique Yannick Berezaie. Je n’ai, moi-même, pas de bureau personnel. Mais nous ne sommes pas tous égaux devant le télétravail et il est important de créer du lien. Nous respectons par exemple le rituel d’un déjeuner en commun, le vendredi. À Lyon, nous sommes sur le même modèle flexible, basés dans un tiers-lieu. » Isodom a également tenu à décrocher la certification Iso 14001 (management environnemental), ce qui est peu courant pour une entreprise de services. « Notre principale problématique environnementale, ce sont nos déplacements, poursuit Yannick Berezaie. Nous faisons chaque année notre bilan carbone et nous cherchons à éviter les déplacements qui ne sont pas indispensables. Le télétravail y contribue. »
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« L’exportation est un vrai levier de sécurisation pour les entreprises réunionnaises, affirme Yannick Berezaie, dirigeant d’Isodom. Se développer à l’extérieur de l’île permet d’être plus solide sur ses bases, de saisir des opportunités de croissance, mais aussi de carrière pour les collaborateurs. L’exportation ouvre les perspectives, change les mentalités. »...