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Réunion

Jacques Tillier pourra-t-il sauver le JIR ?

1 déc 2016 | PAR La rédaction | N°315
Plus vieux journal de La Réunion, le JIR a été racheté en 2009 par Abdul Cadjee au groupe Hersant pour 20 millions d’euros. Mark III Photonics/Shutterstock.com

Abdoul Cadjee, propriétaire du « Journal de l’île de La Réunion » (JIR), en redressement judiciaire depuis le 3 février 2016, a confié sa direction générale à Jacques Tillier. Ancien du groupe Hersant, âgé de 69 ans, ce dernier se trouvait déjà à la tête du quotidien lorsque l’homme d’affaires réunionnais l’avait racheté en 2009 au groupe Hersant pour la rondelette somme de 20 millions d’euros. Le journal avait alors atteint son équilibre après des années de perte. Mais la conjoncture n’était plus vraiment favorable avec la récession de l’économie réunionnaise en 2009 et la situation du journal s’est de nouveau dégradée au fil des ans malgré un réel dynamisme éditorial. Les tentatives de rapprochement avec son concurrent, « Le Quotidien de La Réunion », pour réaliser des économies d’échelle à travers une imprimerie commune, n’ont pu aboutir. Et Abdul Cadjee a dû se contraindre à déposer le bilan. Il compte aujourd’hui sur Jacques Tillier pour sauver ce que ce dernier appelle « un chef d’œuvre en péril ». Le nouveau directeur général est aussi un redoutable et talentueux pamphlétaire qui, dans ses éditoriaux du samedi, tire sur tout ce qui bouge… Ou presque. Car il n’est pas fou et sa « stratégie de la terreur » est ciblée. « Il n’est pas souhaitable de se fâcher avec nous qui achetons plusieurs milliers de tonnes de papier par an », aime-t-il répéter dans ses éditoriaux où il demande aux « politiques de tous bords, aux collectivités, à la CCIR, aux organismes et aux patrons de choisir très vite leur camp, avec ou contre nous ». Cette stratégie de la terreur sera-t-elle payante ? On peut se le demander car nous ne sommes pas dans les années 1920. La presse n’est plus le quatrième pouvoir comme l’a montré l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Aujourd’hui, il y a l’Internet, les réseaux sociaux, des poids lourds comme Google, Facebook ou Amazon dont le patron est capable de mettre 250 millions de dollars sur la table pour racheter le « Washington Post » pourtant en perte. De quoi faire rêver Abdul Cadjee à la recherche d’un partenaire ou repreneur éventuel. Mais les négociations avec le groupe de presse mauricien « La Sentinelle » n’ont pas donné grand chose et, localement, ça ne semble pas se bousculer au portillon.  

 

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