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Je me suis « trumpé », je le reconnais

1 nov 2016 | PAR Alain Foulon | N°314


Oui, je me suis trompé dans mon précédent éditorial où j’estimais qu’Hillary Clinton, malgré un fort niveau d’impopularité et une multitude de « casseroles », pouvait quand même bénéficier d’un vote anti-Trump et l’emporter d’une courte tête. Beaucoup ont d’ailleurs été étonnés du résultat et il fallait voir la mine dépitée de certains journalistes et politiques français, sur les chaînes de télévision bien-pensantes, au lendemain de ce Brexit à l’américaine du 9 novembre. De plus en plus aigris, ils prédisaient déjà le pire pour le peuple américain, quand ils ne remettaient pas en cause la démocratie, prêts à accepter l’ouverture de camps de rééducation. Une attitude qu’on avait pu observer après le référendum britannique et même après ceux de France et des Pays-Bas en 2005, rejetant le projet de traité constitutionnel européen. 

AVANT TRUMP, IL Y A EU ANDREW JACKSON 

Si je m’étais penché un peu plus sur l’histoire américaine, je me serais sans doute montré plus réservé. Car il existe un précédent méconnu, comme nous l’explique l’excellent site d’histoire « herodote.net », animé par une bande de passionnés sous la conduite d’André Larané. Ce précédent largement ignoré, c‘est l’élection du candidat « populiste » et « anti-système » Andrew Jackson en 1828. « Plébiscité par les classes pauvres et ouvrières de l’Ouest, hostiles aux financiers de New York et à l’aristocratie du Sud, Andrew Jackson a, comme Donald Trump, été rejeté par les instances de son parti et honni par les élites de la côte Est. » Il faut ajouter, dans le contexte de 2016, un multiculturalisme prôné par les élites qui ne passe pas forcément, et pas seulement dans les États pauvres. En témoigne la victoire de Donald Trump dans certains États prospères et peu frappés par le chômage. 

LA VICTOIRE DES MÉDIAS SOCIAUX 

L’élection présidentielle américaine n’a jamais soulevé les foules et cette dernière encore moins que les autres avec seulement 54,2% de taux de participiaux, le taux le plus bas depuis 2000. 
La première élection de Barack Obama, qui avait soulevé un certain enthousiasme puisque le « packaging » était innovant, avait atteint un record de… 57,10%. Avec un candidat repoussoir comme Hillary Clinton, on ne pouvait pas s’attendre à faire mieux. Il ne suffit pas d’être une femme pour être absoute de tous les pêchés. Donc, nous avons Trump, qui renoue avec une histoire politique américaine n’excluant pas le vote anti-système, face au repoussoir Hillary Clinton qui était sans doute le plus mauvais candidat pour le parti démocrate. Il faut y ajouter la perte de crédibilité des grands médias traditionnels qui ne représentent plus un « quatrième pouvoir » et la montée en puissance des médias sociaux. En ce sens, la victoire de Trump est celle de Julian Assange et de son site WikiLeaks qui ont libéré l’information. Pour finir avec l’analyse de cette élection, il faut bien reconnaître que le bilan de Barack Obama n’est guère brillant, en tout cas pour les conditions de vie des classes moyennes américaines. Il ne suffit pas de changer un « packaging » pour changer un produit. 

SI TRUMP NOUS FICHE LA PAIX, C’EST TOUT BON 

En conclusion, que faut-il penser de l’élection de Donald Trump pour le reste du monde ? Le plus grand bien s’il s’en tient à son approche relativement isolationniste. En clair, s’il nous fiche la paix. Avec Hillary Clinton, les « néocons » seraient revenus aux affaires, s’évertuant à jouer aux gendarmes du monde. Quand on constate le chaos semé en Irak et en Syrie, et les conséquences pour l’Europe, on peut dire qu’on l’a échappé belle. Cette élection qui suit le Brexit en Grande.Bretagne va peut.être bien inaugurer une ère de « démondialisation » ou, au moins, consolider la multipolarité du monde actuel. C’est l’occasion pour l’Europe de reprendre en main son destin. Si c’est le cas, je serai très heureux d’avoir été « trumpé ». Mais n’oublions pas que le futur 45e président des États.Unis est particulièrement imprévisible, capable de déclarer une chose et son contraire en l’espace de quelques jours. Sera-t-il repris en main par l’« establishment », comme le disent déjà certains ? Le pire n’est jamais certain.

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