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Jérémy Charoux, directeur exécutif du Charles Telfair Campus (CTC) : « Devenir un hub de référence pour l’Afrique »

1 sep 2018 | PAR Jacques Rombi | N°332
Jérémy Charoux est anglophone et veut placer Maurice sur la carte mondiale du réseau Curtin (Australie, Malaisie, Singapour, Dubaï). Davidsen Arnachellum
Mauricien d’origine, Jérémy Charoux a vécu les 37 premières années de sa vie à l’étranger avant d’opter pour le grand retour en 2013. Il a repris les rênes du Charles Telfair Campus, fondé par ses parents voici dix-huit ans (*), avec l’ambition d’offrir une qualification de renommée mondiale à Maurice.

L’Eco austral : Parlez-nous du partenariat avec Curtin University et des nouveaux challenges que vous devez relever…
Jérémy Charoux
: Ce partenariat dure depuis quatorze ans. C’est une université australienne de premier plan qui se classe dans le Top 1 %du classement acadé mique des universités mondiales (ARWU, 2017). Notre challenge est de dupliquer l’excellence de ce modèle à Maurice. Les étudiants de Curtin Mauritius bénéficient ainsi d’installations de premier ordre, d’un personnel de haut niveau, de méthodes d’enseignement innovantes et de liens étroits avec les professionnels du secteur. Les formations sont mondialement reconnues pour leurs liens avec l’industrie, la recherche et un large éventail de cours innovants. Par ailleurs, il existe un large choix de chemins disponibles pour accéder à nos cours, même pour ceux qui n’ont pas le niveau baccalauréat. 
Nous proposons des formations pour entrer directement dans la vie active, mais qui permettent également d’accéder à des niveaux d’études plus élevés. Ces passerelles sont possibles sur six mois avec une formation Foundation, ou avec Technical And Further Education (TAFE) sur un an (voir encadré). Nous misons beaucoup là-dessus pour attirer des étudiants de toute la région proche, car ces enseignements de haute qualité sont proposés à un coût très abordable.

Curtin devrait apporter plus de valeur ajoutée dans le secteur de la formation à Maurice. Pouvez-vous développer cette idée et quelles sont les prochaines étapes ?
En mai 2018, nous avons inauguré Curtin Mauritius, ce qui signifie plus d’intégration, un partenariat plus consolidé, plus de supports en termes d’enseignement mais aussi plus d’échanges entre les étudiants des différents campus Curtin en Australie, en Malaisie, à Singapour et à Dubaï. Nos chargés de cours sont des Mauriciens, avec des niveaux master et doctorat. 
Nous avons actuellement 1 900 étudiants qui suivent des cours en informatique, design, communication, business, finance, comptabilité. Il est important de noter que nous offrons aussi nos propres licences. Nous accordons beaucoup d’importance à la préparation de la carrière de nos étudiants, nous travaillons étroitement avec nos partenaires Corporate pour leur trouver des stages avec des projets sur lesquels ils peuvent travailler tout en poursuivant leurs études. 
Notre niveau en anglais est très haut et nous offrons gratuitement un support en anglais pour les étudiants mauriciens et étrangers qui en ont besoin, depuis la première jusqu’à la troisième année. Ma vision est de faire de Curtin Mauritius un hub de référence pour la région et l’Afrique tout en développant nettement les échanges avec les autres campus de Curtin.


« Notre challenge est de dupliquer l’excellence du modèle australien à Maurice »​  Davidsen Arnachellum


Vous êtes Mauricien d’origine mais connaissiez mal votre pays jusqu’à récemment. Pouvez-vous raconter votre parcours et les raisons du choix de venir y vivre ?
Mes parents sont Mauriciens mais sont partis en Afrique du Sud où je suis né voici quarante-deux ans. Ils sont retournés à Maurice il y a vingt ans pour lancer cet institut. Entretemps, j’ai fait mes études en Afrique du Sud jusqu’au MBA (maîtrise en administration des affaires), puis j’ai travaillé pour Coca Cola Afrique du Sud, avant de rejoindre Sydney en Australie pour la même entreprise. J’avais 27 ans quand j’ai quitté l’Afrique du Sud et j’ai passé 11 ans à Sydney où j’ai par la suite travaillé chez Unilever dans les domaines du General Management/Marketing et Business Development. 
J’ai quitté Sydney en 2013 pour rejoindre Maurice avec mon épouse sud-africaine et nos deux enfants, nés en Australie : Isabella, 11 ans et Daniel, 8 ans. Je suis venu en vacances à Maurice plusieurs fois et j’ai été toujours surpris par son modèle de développement passé progressivement de la culture de la canne à une économie de services. Ce pays a su conserver l’équilibre entre le travail et la vie de famille, ses cultures… Je reste persuadé qu’il sera un tremplin pour le développement du business en Afrique. 

(*) Lire le portrait de son père, le professeur Eric Charoux, nominé à l’élection de l’Entrepreneur de l’année de l’Eco austral dans notre édition de  septembre 2007 (Nº 213).




La  formation à travers le modèle australien de la Technical And Further Education (TAFE) est unique dans la région.​  DR





UNE FORMATION DÉDIÉE À L’ENGAGEMENT SOCIÉTAL
Originalité des enseignements australiens : la formation à travers la Technical And Further Education (TAFE), qui est unique dans la région. Ce cursus d’enseignement de type cycle court est accessible aux lycéens avant le baccalauréat et débouche sur un diplôme de Community Services Work parmi tant d’autres. Des formations axées sur l’idée de « comment aider les autres » et qui ciblent particulièrement des emplois dans les organisations non gouvernementales (ONG). Ces diplômes en six mois ou un an permettent d’accéder à des licences dispensées par l’Université Curtin pour des cycles plus longs. En termes d’engagement sociétal, Curtin Mauritius participe aux actions de son actionnaire majoritaire Eclosia et offre également un support de travaux pratiques aux étudiants.
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