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Jeux des îles : négligence et mépris du gouvernement français

21 sep 2015 | PAR Hugues Maillot | N°300
Le drapeau français, revendiqué par Mayotte, a entraîné un conflit avec les Comores. Et finalement, chaque pays s’est vu privé de son drapeau. - Stocklib
Dans une tribune libre, le représentant à La Réunion du mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, « Debout la France », s’élève contre le spectacle affligeant d’athlètes privés de leurs hymnes et drapeaux.

Les jeux des îles de l'océan Indien sont traditionnellement un moment de concorde. Ils doivent célébrer la fraternité entre les peuples des pays membres de la Commission de l'océan Indien (COI). Cette édition 2015 aurait même dû prendre un relief particulier après le sommet des chefs d'État réuni l'année dernière aux Comores, placé sous le signe de la promotion de l'Indianocéanie.
Avec le « boycott » de la délégation comorienne et le bannissement des hymnes et des drapeaux, comment est-on passé en un an de l'entente à la discorde ?

C'est d'abord et avant tout le fait des défaillances de la diplomatie française. Par définition, la diplomatie, c'est l'ouverture et le dialogue, dans la forme, et la fermeté de la défense de ses intérêts, sur le fond. Force est de constater que la diplomatie française a fait tout le contraire : raide dans la forme et molle sur le fond. Malgré les déclarations quasi guerrières du gouvernement français sur le respect du statut de Mayotte, la France a fini par accepter sous la pression une décision visant exclusivement à priver les athlètes mahorais de l'expression de leur patriotisme : le bannissement des hymnes et des drapeaux des cérémonies officielles. Derrière cette véritable capitulation se cache une forme de négligence frisant le mépris. La négligence est évidente.
Depuis 2011, année des derniers jeux et de la départementalisation de Mayotte, la diplomatie française n'a pas trouvé le temps ni les moyens de convaincre le gouvernement des Comores de négocier les conditions de la participation de Mayotte. Rappelons que la France est le premier bailleur de fonds des Comores et qu'elle a annulé en 2014 une partie de la dette comorienne ; sans exiger de contrepartie ? Le mépris n'est pas loin. Pas seulement pour les Comores, mis devant le fait accompli, mais aussi et surtout pour La Réunion et pour Mayotte, ainsi placés en porte-à-faux dans leurs relations avec les pays de la zone et privés de leur hymne et de leur drapeau. Cet incident diplomatique prouve que le président de la République et le gouvernement ont peu de considération pour nos territoires, nos populations et le rôle qu'ils peuvent jouer ou jouent déjà au service de la France dans cette partie du monde. L'année dernière à Moroni, lors du sommet des chefs d'État de la COI, le discours de François Hollande avait d'ailleurs déjà prouvé l'inconséquence et le cynisme de la ligne française actuelle.
Célébrant la fraternité entre les peuples de l'océan Indien, il n'avait pas oublié de marquer le grand intérêt que la France portait aux hydrocarbures dont regorgeraient les eaux comoriennes, mais n'avait pas eu un seul mot pour le territoire, les femmes et les hommes sans lesquels la France ne serait pas membre de la COI : La Réunion et les Réunionnais.


Hugues Maillot DRHugues MAILLOT
Ce Réunionnais de 44 ans est depuis 2012 le porte-parole réunionnais du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l’élection présidentielle. Il est aussi secrétaire départemental de son mouvement « Debout la France » qui a obtenu 3% des suffrages à La Réunion lors des dernières élections européennes et 7,5% lors des élections départementales. Hugues Maillot est cadre territorial et père de deux enfants. Il participe activement à la rédaction du projet de « Debout la France » pour la présidentielle de 2017 avec un axe prioritaire : le développement économique.
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