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Joël Andrianomearisoa : l’art malgache en vedette

1 mai 2019 | PAR La rédaction | N°339
L’artiste plasticien Joël Andrianomearisoa. ©Droits réservés
Pour la première fois, Madagascar participe à l'Exposition internationale d’art contemporain de Venise, dont la 58e édition se tient du 11 mai au 24 novembre. L’artiste plasticien Joël Andrianomearisoa anime de ses créations le pavillon de 150 mètres carrés.

Considérée comme une des plus prestigieuses manifestations artistiques mondiales, la Biennale de Venise est l’un des plus anciens événements du genre puisqu'elle s’est tenue pour la première fois en 1895. Si les pays occidentaux sont présents depuis plus d’un siècle, ce n’est que depuis une dizaine d’années que quelques pavillons africains y ont fait leur apparition comme l’Afrique du Sud, le Mozambique, le Zimbabwe et la Côte d’Ivoire. Et pour cette 58e édition, c’est au tour de Madagascar. Un signe de dynamisme et de modernité qui renvoie, pour une fois, une image positive du pays au niveau international, au-delà des clichés exotiques et misérabilistes. 
La Grande Île a ainsi son propre pavillon de 150 mètres carrés grâce à un projet du ministère malgache de la Culture et son financement par des fonds privés nationaux et internationaux. Accompagné des commissaires Rina Ralay Ranaivo et Emmanuel Daydé, l’artiste plasticien Joël Andrianomearisoa, 41 ans, a été choisi pour représenter l’île en raison de la créativité et de la maturité de son travail, également de sa notoriété à l’international et du soutien inconditionnel de son réseau professionnel. 
 

Le papier noir comme moyen de matérialiser des émotions.
Le papier noir comme moyen de matérialiser des émotions.  ©Droits réservés
 


 

Papiers et sons

Ses œuvres ont été exposées dans les plus grandes galeries du monde, comme le  Centre Pompidou à Paris, la Smithsonian à Washington ou le Hamburger Bahnhof à Berlin. Il présente sa proposition artistique baptisée « I have forgotten the night » (J’ai oublié la nuit) à base de papiers et de sons, par lesquels « se matérialisent des émotions : mélancolie, tristesse, désir ».
Pour l’écriture de son projet, l’artiste a exploré la nuit, l’architecture, la littérature et les légendes populaires de Madagascar (et d’ailleurs),  plus quelques extraits du poète Jean-Joseph Rabearivelo (suicidé en 1937) dialoguant avec India Song de Marguerite Duras dans un « doux et violent froissement de papier noir ».  
« Monter un pavillon à la Biennale de  Venise ne présente pas qu’un enjeu artistique. Il y a aussi un enjeu économique et diplomatique. L’idée est de prouver que  Madagascar existe et que mon pays peut  participer à un événement pareil  », confiait Joël Andrianomearisoa à France  24. Un grand pas pour l’art et la Grande Île.

Filatex parmi les mécènes
Via son fonds de dotation « Art & Culture », le groupe Filatex est le seul mécène malgache à soutenir le pavillon Madagascar à la Biennale. Résolument engagé pour le développement durable, il a tenu à appuyer cette percée du pays sur la scène artistique mondiale. Parmi les piliers de développement indispensables pour une croissance inclusive, la revalorisation de l’identité culturelle malgache lui apparaît être une étape cruciale, la valeur de l’art ayant été  amoindrie au niveau local ces dernières décennies.   
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