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Karine Kalifa Bligny, directrice de Campus Réunion : « Nous préparons nos étudiants à des métiers qui n’existent pas encore aujourd’hui »

1 juin 2018 | PAR Ignace de Witte | N°330
« Je n’ai rien contre les universitaires, mais, comme enseignants, nous choisissons plutôt des consultants indépendants qui ont un solide background local, travaillent avec des entreprises innovantes et savent adapter leur pédagogie. » Ignace de Witte
Cette jeune directrice, également étudiante à ESCP Europe, explique ce qui fait l’originalité de ce « hub » qui regroupe sept, et bientôt huit, écoles de management, informatique et digital, commerce et gestion…

L’Eco Austral : Campus Réunion est une école supérieure. À quel niveau faut-il se situer pour y être admis ?
Karine Kalifa Bligny
: Le pré-requis est Bac+2 à Bac+5, exception pour Digital Campus, qui propose un cycle sur trois ans avec une admission possible post-bac.

C’est une école privée, donc payante ?
Oui, mais pour 90 % de nos étudiants, il y a une prise en charge par l’organisme paritaire collecteur agréé (Opca) de l’entreprise qui les emploie et pour les 10 % restants, il y a des financements possibles par Pôle Emploi ou la Région, car tous nos diplômes sont reconnus par l’État et à fort taux d’insertion professionnelle.

Justement, Campus Réunion a ouvert ses portes en 2014. Que sont devenus les étudiants de la première promotion ?
Le taux de réussite de la première promotion (2014-2016) est de 90 %et 84 % sont intégrés professionnellement, souvent dans leur entreprise de contrat de professionnalisation.

Toutes les formations sont en alternance, mais à quel rythme ?
C’est un jour de formation et quatre jours en entreprise, mais parfois une semaine en cours et trois semaines en entreprise. Pour Digital Campus, c’est un peu différent. Comme c’est une formation initiale, le stage a lieu en fin d’année.
Certains de nos étudiants partent une semaine en Métropole, dans une autre école du réseau, à Toulouse, Nantes, Bordeaux, etc., de même que nous accueillons en retour leurs étudiants. Campus Réunion est partenaire de HEP Éducation, qui regroupe 35 écoles et centres de formation. Les étudiants ont aussi la possibilité de faire la première année en Métropole et la deuxième à La Réunion, ou l’inverse. Nous accueillons 95 % de Réunionnais et 5 % de métropolitains.

Quel parcours avez-vous suivi pour vous retrouver à la tête de Campus Réunion?
Toujours la tête dans les études, une formation Essec (master management opérationnel) ainsi qu’un master directeur commercial et, pour finir, un master manager dirigeant (ESCP Europe). Je suis depuis douze ans à La Réunion, j’ai auparavant travaillé en Métropole pour Bouygues Telecom et EDF. Je visais d’ailleurs un poste de cadre à EDF Réunion, mais comme je ne suis pas patiente, j’ai testé mon CV et Parabole Réunion a été la plus rapide et m’a recrutée comme directrice gestion clientèle groupe océan Indien. Ensuite, comme tout bon cadre, à un moment, j’ai eu envie de créer ma boîte, dans la formation. Les réseaux sont importants, surtout sur une île, et j’ai eu la chance de croiser la route de Jean-Luc Fievet, Sylvie Chaussée Hostein et Kévin Fievet, de Tétranergy, qui sont également les trois principaux actionnaires de Campus Réunion, et ils m’ont fait confiance.

Qui sont les professeurs de Campus Réunion ?
Ce sont des intervenants plus que des professeurs. Je n’ai rien contre les universitaires, mais nous choisissons plutôt des consultants indépendants qui ont un solide background local, travaillent avec des entreprises innovantes et savent adapter leur pédagogie. Les cours purement professoraux ne conviennent pas à la génération Y ! Il faut savoir innover, l’école s’implique dans des événements comme la WebCup, les Startup Week-End, le Hackathon, etc., comme participante ou dans le jury.
Une des valeurs auxquelles nous attachons beaucoup d’importance, c’est l’employabilité. Nos étudiants travaillent toujours sur des cas réels - certains étudiants en management se préparent à reprendre l’entreprise familiale - et on peut parler de consultants juniors, capables de faire un diagnostic à 360° de l’entreprise et aptes à faire de vraies recommandations. Nous avons 98 % de taux de satisfaction des entreprises.

Est-ce que Campus Réunion a la possibilité de facturer certaines prestations aux entreprises ?
Une junior entreprise ? Oui, c’est en cours de constitution. Mais nos étudiants sont déjà rémunérés par l’entreprise qui les reçoit en stage. Attention, j’insiste là dessus : nous ne faisons pas que répondre aux besoins immédiats de l’entreprise, nos étudiants acquièrent des compétences qui seront très recherchées dans l’avenir comme, par exemple, le trilinguisme (web, web marketing et webdesign). Le gros challenge, à mon avis, il est là : préparer nos étudiants à exercer des métiers qui n’existent pas encore aujourd’hui. Par exemple, la donnée, aujourd’hui on l’a, mais il faut l’analyser. Demain, c’est là qu’il y aura de l’emploi avec des data-scientists.
Campus Réunion est dans la projection continue, même au niveau de notre pédagogie, car nous voulons toujours avoir un coup d’avance.

De grands projets pour 2018 ?
Nous avons notamment un projet avec le Cours Florent, des cours dramatiques mais également des cours de prise de parole en public.

CAMPUS RÉUNION DANS LE DÉTAIL
Les écoles de Campus Réunion appartiennent toutes à des réseaux nationaux mais partagent à La Réunion les mêmes locaux de cours, à proximité du rond-point des Danseuses, au Port. Cette cohabitation, ce « hub », n’est pas sans arrière-pensée : l’objectif recherché est de provoquer la rencontre de talents divers, car du choc des idées jaillit souvent la lumière… Et des projets interdisciplinaires :
ESCP EUROPE : La formation manager dirigeant est classée N°6 mondiale dans le palmarès du Financial Times 2017.
DIGITAL CAMPUS : Le bachelor chef de projet multimédia est dispensé en un an (entrée Bac+2). Un master sera proposé en septembre 2018.
SUP DE VINCI : École de vente en alternance reconnue par l’État dans le secteur du commerce B to B. Bachelor négociateur d’affaires.
IFAG : Forme les dirigeants, managers et entrepreneurs de demain. Formation Bac+5. À partir de septembre 2018 : formation Bac+3, bachelor IFAG.
UNIVERSITÉ BRETAGNE SUD (UBS) : Licence professionnelle management des activités commerciales.
IPI : Développeur, administrateur réseau, chef de projet informatique, cinq formations en alternance de niveau IV à I (Bac à Bac+5).
IGEFI : La formation responsable paie et pôle social est très demandée par la filière comptabilité.
COURS FLORENT EXECUTIVE  : En projet. Les formations du Cours Florent Executive transposent l’utilisation des outils et techniques du théâtre dans le monde de l’entreprise avec des résultats exceptionnels, qu’il s’agisse de leadership, de communication ou de cohésion d’équipe.
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