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Réunion

La bataille pour le très haut débit est bien engagée

Il est prévu 100% de Très haut débit au plus tard à l’horizon 2022, avec un rythme de 50 000 prises par an. Cela passe par la fibre optique ou par d’autres technologies, comme l’hertzien en ce qui concerne Mafate. Stocklib
C’est l’un des plus grands chantiers d’infrastructures des années à venir et la France en a fait une priorité. À La Réunion, le paysage est particulier avec pas moins de trois opérateurs particulièrement dynamiques qui se disputent un marché étroit.

Les projets de déploiement d’infrastructures affichés depuis plus d’un an à La Réunion ont pris une ampleur sans commune mesure avec les projets de l’Hexagone qui concernent surtout les grandes villes. Au nombre de trois, les opérateurs (Orange, Zeop et SFR) ont fait part de leurs intentions de déployer un réseau FttH (Fiber to the Home) sur différentes communes de l’île et parfois même sur des territoires identiques. « On n’a pas le droit de refuser un opérateur qui veut câbler. Mais on constate une volonté de câbler en parallèle. C’est une petite guerre concurrentielle », relève Jean-Jacques Tomasini, chargé de mission TIC et Tourisme à la Préfecture. 

OBJECTIF : L’ACCÈS DE TOUS LES FOYERS AU TRÈS HAUT DÉBIT

La Mission Très haut débit a demandé aux opérateurs de formaliser très rapidement leurs engagements par la signature de conventions avec les communes concernées par les intentions de déploiement. La façon la plus transparente pour permettre au Conseil régional de lancer son réseau d’initiative publique hors des zones de déploiement privé et de coordonner le tout. Car il est du ressort de la Région, avec l’appui de l’État et de l’Europe, de fibrer là où les opérateurs n’iront pas, par exemple dans les zones difficiles d’accès comme les cirques, mais aussi dans les quartiers qui ne seront pas couverts, grâce à une enveloppe de 182 millions d’euros. « Notre ambition, et cela fait cinq ans que nous y travaillons, c’est 100% de Très haut débit au plus tard à l’horizon 2022, avec un rythme de 50 000 prises par an. Cela passe par la fibre optique ou par d’autres technologies, comme l’hertzien en ce qui concerne Mafate. Le Très haut débit, cela signifie un débit supérieur à 30 Mbit/s », détaille Vincent Payet, conseiller régional délégué au Développement numérique et aux Industries de l’image. À ce jour, 6 communes sur les 24 ne sont pas ciblées par les opérateurs privés, ce qui représente 20 000 prises sur les 340 000. 

UN FACTEUR IMPORTANT DE RÉUSSITE POUR L’ÉCONOMIE

L’enjeu est aussi d’assurer la continuité numérique pour que les usagers et les entreprises aient les mêmes conditions d’accès et de coût aux technologies digitales que la Métropole, explique Jean-Jacques Tomasini. « Cela passe par une baisse sensible des coûts d’accès aux câbles optiques sous-marins, de manière à limiter l’effet de « goulet d’étranglement » sur la qualité de service des offres Internet à haut et très haut débit. » Sur l’île, la Région a déjà mis en place 40 zones Wifi dans des lieux touristiques à forte fréquentation. Les impacts positifs du numérique, en rendant disponibles les offres de services Haut débit et Très haut débit, ont convaincu aussi bien la sphère publique que privée. « C’est une filière d’avenir moderne et innovante, qui représente un facteur important de réussite, surtout à La Réunion, car le numérique permet de s’affranchir des distances. Le numérique permet de positionner La Réunion au centre du monde, de montrer qu’elle est un territoire « business friendly » qui produit des start-up et les aide à se développer et qui attire des talents », espère Jean-Jacques Tomasini. L’esprit créatif est indéniable et se vérifie à tous les coins de l’île avec, par exemple, la Ruche, au Port, espace de travail dans le domaine e-santé, le Transfo à Saint-Pierre, porté par la CCI, ou encore la Technopole et son incubateur à Saint-Denis. Côté formation aussi, les choses bougent avec l’ouverture de l’école Simplon et prochainement celle de la grande école régionale du numérique à Saint-André.

REDISTRIBUTION DES CARTES DANS LA TÉLÉPHONIE
Suite au rachat de SFR et d’Outremer Telecom par le groupe Altice-Numéricable de Patrick Drahi, l’Autorité de la Concurrence lui a imposé de vendre les activités mobiles d’Outremer Telecom à La Réunion et à Mayotte (enseigne Only). Altice a choisi le groupe malgache Hiridjee, désormais groupe Axian (Telma), via sa filiale Telecom Réunion Mayotte. Le groupe de Madagascar s’est associé ensuite au groupe Iliad, mai-son-mère de Free, avec un joint-venture à 50-50 dans Telecom Réunion Mayotte. L’opérateur, qui est candidat à la licence 4 G, avec Orange, SRR (SFR Réunion) et l’acteur local Zeop, va donc proposer des offres mobiles à La Réunion et à Mayotte sous la marque Free. Pour l’instant, Free ne communique pas sur son implantation dans l’île. Mais on sait que sa stratégie se veut la même qu’en Métropole : proposer des offres innovantes à des prix attractifs pour rendre accessible au plus grand nombre l’usage du mobile et des nouvelles technologies. 
Cédric Dubarry, directeur associé de Net OI : « Nous proposons des technologies de pointe aux meilleurs tarifs du marché. »  Philippe Stéphant
Cédric Dubarry, directeur associé de Net OI : « Nous proposons des technologies de pointe aux meilleurs tarifs du marché. »  Philippe Stéphant


NET OI TROUVE SA PLACE
Aujourd’hui seul opérateur 100% réunionnais d’Internet par ADSL, Net OI a lancé, en 2015, une offre novatrice pour les professionnels, incluant un abonnement de TPE (Terminal de paiement électronique). « Net OI a été créé en 2012 pour une al-ternative aux offres de Triple Play pour tous les Réunionnais qui ne peuvent bénéficier d’une connexion internet haut débit, rappelle Cédric Dubarry, responsable commercial. Notre ambition est de répondre à leurs besoins en déployant un service de proximité et des technologies de pointe aux meilleurs tarifs du marché. » Net OI développe sa clientèle sur l’ensemble de l’île et a bénéficié fin 2015 d’un apport en capital de 400 000 euros du fonds d’investissement de proximité FIP 974, géré par Apicap. De quoi renforcer ses compétences techniques et poursuivre le déploiement de la technologie Wimax à La Réunion. « En nous adossant à la boucle Très haut débit régionale, développée par La Réunion Numérique, nous couvrons aujourd’hui par Wimax les cirques de Cilaos et de Mafate et d’autres secteurs autour de l’île », révèle Cédric Dubarry. Net OI propose ainsi son forfait entreprises, Internet et téléphonie illimités, opérant les paiements par carte bancaire, aux professionnels du tourisme isolés de Mafate. Par ADSL, avec ou sans Wimax, Net OI propose aussi des solutions de téléphonie sur IP et de standards téléphoniques pour les réseaux d’entreprise.  Philippe Stéphant
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