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La BR s’implique davantage dans la transmission et la cession d’entreprise

13 avr 2014 | PAR Alain Foulon | N°284
Hervé Lebigre, directeur de la banque privée à la BR : « La pire chose est de voir disparaître une entreprise en bonne santé simplement parce que sa transmission ou sa cession n’a pas été préparée ou mal préparée. » - Ipreunion.com

La deuxième banque réunionnaise s’intéresse de très près à ce segment de marché où elle a pu constater des besoins. Hervé Lebigre, directeur de la banque privée au sein de la Banque de La Réunion (BR), s’en explique…

L’Eco austral : Il y a toute une génération de chefs d’entreprise qui prennent leur retraite ou vont la prendre dans les prochaines années et le problème de la relève se pose. Apparemment, ce marché n’a pas échappé à la Banque de la Réunion ?

Hervé Lebigre : C’est vrai que nous avons constaté une demande d’accompagnement car le sujet est complexe. Il y a des volets juridiques et fiscaux qui sont très importants. Outre cette dimension technique, il y a aussi une dimension humaine à prendre en compte. Une sortie, ça se prépare à l’avance et à tous les niveaux. Nous ne pouvions pas laisser nos clients dans le flou. Nous nous devons de leur apporter un service de qualité et nous travaillons d’ailleurs en partenariat avec des avocats, des experts-comptables et des notaires. Il était important d’avoir une grille de lecture juridique et fiscale. Je vais m’occuper personnellement de cette activité spécifique d’accompagnement dans la cession et la transmission d’entreprise. Il y va de l’avenir des entreprises de nos clients. La pire chose est de voir disparaître une entreprise en bonne santé simplement parce que sa transmission ou sa cession n’a pas été préparée ou mal préparée.

C’est donc la banque privée de la BR qui s’occupe de ces besoins spécifiques ?

Notre service travaille en collaboration avec le service des professionnels (qui accueille les entreprises réalisant moins d’1,5 million d’euros de chiffre d’affaires) et avec le centre d’affaires qui suit les entreprises plus importantes. Nous intervenons ensemble en premier conseil et sur le montage du dossier, notamment lorsqu’il y a un prêt.

Dans ce domaine, on constate une grande discrétion des dirigeants qui ne veulent pas affirmer trop ouvertement qu’ils sont « vendeurs » pour ne pas effrayer leurs clients et leurs collaborateurs. Et pourtant, ils doivent quand même laisser filtrer le message. Comment peut-on faire ?

Dans la banque privée, nous sommes habitués à travailler en pleine confiance et dans le respect total de la confidentialité. Nous sommes donc bien placés pour travailler sur ce genre de dossier tout en faisant appel à des partenaires fiables et respectant la même déontologie. Nous avons la chance d’appartenir à un groupe bancaire qui est présent également à Maurice et à Madagascar, et nous sommes présents en direct à Mayotte, cela permet de dégager des synergies. La cession d’une entreprise peut prendre en effet une dimension régionale. Pour s’installer sur un nouveau marché, la reprise d’une entreprise est souvent une bonne solution.

Pouvez-vous donner quelques conseils en matière de cession et de transmission d’entreprise ?

C’est difficile dans la mesure où il est nécessaire de travailler au cas par cas. Il s’agit d’apporter un service sur mesure. Et nous utilisons pour cela une boite à outils qui comprend des solutions juridiques, fiscales et financières dans le but de permettre au chef d’entreprise d’atteindre ses objectifs.

À quel âge un dirigeant doit-il préparer sa sortie ?

Il ne faut pas s’y prendre trop tard. Il est bon d’y penser dès qu’on atteint la cinquantaine, mais tout dépend aussi de ce qu’on veut faire. À un moment donné, il peut s’avérer plus intéressant de vendre que de garder, quitte à développer un autre projet. Ce n’est donc pas forcément une retraite.

Certains dirigeants ont sans doute du mal à lâcher le pouvoir ?

Oui, mais on peut dissocier le pouvoir et la propriété, ce sont deux choses différentes. L’important est d’utiliser ce que permet la loi aujourd’hui et sans tarder, car ça bouge beaucoup. Les aspects fiscaux sont toujours très importants. La transmission aux enfants, par exemple, permet certains effets de leviers. Mais encore une fois, chaque cas est particulier et nous voulons vraiment apporter un service sur mesure.

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