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Madagascar

La Chambre des Mines tire la sonnette d’alarme

Si le mode de gouvernance actuel persiste, la Grande île pourrait voir le départ des compagnies d'exploration sérieuses, déjà peu nombreuses selon la Chambre des mines. DR
Face à la situation fébrile de la filière, l’association privée promotrice du secteur extractif a initié sa conférence annuelle afin de proposer un environnement plus favorable.

L’apport du secteur minier au produit intérieur brut (PIB) est faible avec un taux de contribution d’environ 4%. Outre la volatilité et l’incertitude sur le marché international, le secteur est affecté par la non professionnalisation, le non respect de la règlementation, l’insuffisance de suivi et de contrôle ou encore la difficulté de maîtrise de la transversalité de la filière. Par exemple, environ 40% des saphirs exportés dans le monde proviennent de Madagascar, mais le pays et les localités concernées par son exploitation n’en profitent pas. De même, depuis 2010, la non application effective du cadre légal, avec notamment la suspension du traitement des permis miniers, a entraîné un coup d’arrêt du secteur. Pas moins de 4 000 permis sont enregistrés au bureau du cadastre minier (BCMM), mais, depuis la transition, aucun nouveau permis n’a été octroyé. Des négociations ont été engagées, mais leur peu d’avancées n’augure pas d’un retour imminent à la normale. Autrefois pourtant, l’organisation du secteur passait pour un modèle en Afrique. Le code minier malgache était considéré comme l’un des meilleurs et des institutions comme le BCMM ou l’Office pour l’environnement ont été reprises par d'autres pays. Ces bases ont été fragilisées par les années de crise engendrant un problème de gouvernance au sein du secteur. 

DES ENTREPRISES EN PÉRIL

Cela réduit significativement la compétitivité des entreprises en activité et met en péril certaines d’entre elles. Si le mode de gouvernance actuel persiste, la Grande île pourrait voir le départ des compagnies d'exploration sérieuses, déjà peu nombreuses selon la Chambre des mines. Aujourd’hui, le défi consiste à (re)faire du secteur extractif un réel pourvoyeur de ressources. Dans cette optique, la chambre consulaire a tenu la première édition de sa conférence annuelle à la mi-novembre. Il s’agissait de dialoguer efficacement sur les réalités du secteur, de reconnaître les priorités et les enjeux et de prendre en compte les résolutions. En conséquence, si toutes les parties prenantes démontrent une réelle volonté d'assainir et de rendre le secteur attractif, l'exploitation minière industrielle pourra contribuer au développement du pays. Selon Ny Fanja Rakotomalala, président de la Chambre et de la société Qit Madagascar Minerals (QMM), il est possible de développer un scénario optimiste ou au pire un scénario moyen avec deux ou trois projets additionnels si l’on prend les décisions nécessitant un peu de courage. 
Pour pouvoir travailler sereinement afin d'avoir plus de prévisibilité pour tout investisseur, la stabilité juridique et fiscale est indispensable. Il faut également prioriser l’octroi des permis de toutes les sociétés établies dont les frais d’administration ont été encaissés pour les périodes allant de début 2009 à début 2014. Les procédures d’attribution devront cependant être claires, transparentes et conduites dans le respect de la législation en vigueur. Par ailleurs, les opérateurs miniers exhortent le pouvoir exécutif à investir davantage dans les infrastructures. La plupart des sociétés minières consacrent en effet une bonne partie de leur budget à la construction des infrastructures publiques. Pour QMM par exemple, sur 931 millions de dollars d’investissements, 350 millions ont été consacrés aux infrastructures publiques dont 256 millions pour le port d’Ehoala. « Les sociétés minières ne souhaitent pas réaliser elles-mêmes les infrastructures et délivrer des services publics. Ce n’est pas leur métier », a expliqué Marc Frilet, un avocat d’affaires spécialisé dans le partenariat public-privé. La Chambre des mines appelle ainsi à un « partenariat pour opérer » où la responsabilité sociétale et environnementale sera partagée.

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