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La Cogedal diversifie ses farines et mise sur le bio

1 mar 2016 | PAR Pierrick Pedel | N°306
Avec 25 000 tonnes de blé, la Cogedal produit 20 000 tonnes de farine et 5 000 tonnes de son vendu principalement à l'URCOOPA pour l'alimentation du bétail. Thomas Lebon/Cogedal
Après avoir rénové son outil de production, le leader du marché de la farine à La Réunion investit maintenant 300 000 euros dans une meule de pierre afin de produire de la farine bio.

En 2014, la Cogedal a totalement rénové son outil de production avec un nouveau moulin qui intègre toute la technologie moderne en termes d’automatisation, de contrôle de la chaîne de production et de qualité du produit fini. « Nous avons réhabilité l’ensemble de l’outil de production à hauteur de 90%, ce qui nous permet d’avoir un produit de meilleure qualité car notre moulin était un peu vieillissant. Désormais, nous avons la capacité de produire des farines de plus en plus diverses. Nous arrivons à tirer notre épingle du jeu sur le marché réunionnais en créant des niches et en aidant nos clients, que ce soit des boulangeries artisanales ou des boulangeries industrielles, à créer des produits très spécifiques ou des produits très locaux comme des pains pays. Nous sortons par exemple un pain de seigle combava-gingembre », explique Julien Quéré, le directeur général délégué de la Cogedal. L’entreprise a également retravaillé le macatia avec le macatia bounty (coco-chocolat) et le macatia chocolat blanc-cranberries. Pour rénover son moulin, l’entreprise a investi 6 millions d’euros dont 1,5 million de subventions européennes (FEDER). Le nouveau moulin a une capacité d’écrasement de 40 000 tonnes par an et une capacité de production de farine de 32 000 tonnes. 

LES COMMERCIAUX SONT DES BOULANGERS DE MÉTIER

Actuellement la Cogedal importe 25 000 tonnes de blé de France métropolitaine. Deux types de blé sont utilisés : un blé qui vient du centre de la France et du blé améliorant avec un taux de protéine un peu plus important. « Ce qui nous permet justement d’innover dans nos farines, précise Julien Quéré. Nous faisons des mélanges de blé avec d’autres matières premières pour arriver à des produits répondant exactement aux attentes de nos clients. L’ensemble de nos commerciaux sont des boulangers de métier. Ce sont des boulangers que nous avons trans-formés en commerciaux. Ce qui nous permet de rapidement identifier les besoins et les développements techniques de nos clients. Nous pouvons créer des produis très rapidement, c’est-à-dire en moins de quinze jours. Ce qui est plutôt rare dans notre métier puisqu’en général les grands moulins du secteur sont des multinationales qui ont des procédures internes de validation de nouveaux produits qui sont assez longues. »
Avec 25 000 tonnes de blé, la Cogedal produit 20 000 tonnes de farine et 5 000 tonnes de son vendu principalement à l’URCOOPA pour l’alimentation du bétail.  
Dernière innovation en date : la Cogedal est en train de développer une gamme de farines bio. L’entreprise a donc investi quelque 300 000 euros pour acheter une meule de pierre qui sera opérationnelle au premier semestre 2016. « Nous allons démarrer par du blé, puis nous ferons du seigle et du sarrasin. L’idée, c’est d’accompagner des clients qui font déjà du bio en boulangerie. L’écrasement par meule de pierre apporte une spécificité au produit. Nous avons fait déjà quelques test, il y a une vraie différence dans le goût. L’idée, c’est aussi de travailler des farines avec un apport nutritionnel plus important en y intégrant notamment un peu plus de son. C’est une innovation qui est très contraignante pour un micro marché, mais nous y croyons tous. »
 

Le nouveau moulin intègre toute la technologie moderne en termes d'automatisation, de contrôle de la chaîne de production et de qualité du produit fini. Thomas Lebon/Cogedal
Le nouveau moulin intègre toute la technologie moderne en termes d'automatisation, de contrôle de la chaîne de production et de qualité du produit fini. Thomas Lebon/Cogedal

 

UN BÉNÉFICE DE 800 000 EUROS EN 2014

La Cogedal a également un projet labellisé « Qualitropic » en cours pour produire une farine sans gluten mais permettant une panification la plus comparable possible à la panification classique. Le marché réunionnais de la farine blanche représente environ 30 000 tonnes et la Cogedal en détient 60%. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros en 2014 et a dégagé un bénéfice de 800 000 euros. Dans le chiffre d’affaires, 40% sont assurés par les boulangeries industrielles, 30% par le secteur artisanal, 20% par les farines au kilo présentes dans les enseignes et 10% par les autres industriels comme les producteurs de bouchons ou de samoussas. « L’évolution sur le marché réunionnais est très importante, nous sommes à 10% de hausse tous les ans depuis deux ou trois ans, explique Julien Quéré. Il y a donc un véritable engouement pour ce type de produits. Dans les boulangeries, on voit de plus en plus de pains spéciaux. Nous avons un réseau de 60 boulangeries sous notre marque « Meunier de Bourbon ». Au total, nous avons 150 clients sur les 216 boulangeries recensées dans l’île. Et depuis un an, nous faisons l’effort de financer des ouvertures, ce qui est déjà une pratique courante chez nos concurrents. »
La Cogedal commence aussi à développer une activité d’exportation vers Madagascar et Mayotte qui représente actuellement 1 000 tonnes de farine, soit 5% de sa production. À l’export, l’entreprise essaie de développer des partenariats avec un aspect commercial mais aussi la fourniture d’un support technique. Sur la farine blanche, elle propose une vingtaine de références et une trentaine sur les farines spéciales.
De quoi satisfaire les clients les plus exigeants.

UNE FILIALE DU GROUPE SOMDIAA
Seul moulin de La Réunion, la Cogedal est une filiale de la Société d’organisation, de management et de développement des industries alimentaires et agricoles (SOMDIAA), un acteur majeur de l’industrie agro-alimentaire en Afrique. Le groupe SOMDIAA produit et commercialise, en Afrique et pour l’Afrique, essentiellement du sucre et de la farine, mais aussi des œufs et de l’alimentation animale. Si le siège social de la société se situe à Paris, l’ensemble de ses activités (culture, élevage, production, distribution et commercialisation) sont localisées en Afrique centrale, en Afrique de l’Ouest et dans l’océan Indien. Le groupe a réalisé 388 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2013. 
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