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Madagascar

La dématérialisation monétaire en marche

La start-up Ariary Net innove sur les services financiers en proposant une plate-forme qui sert de passerelle sécurisée pour les transactions en ligne. Njaratiana Rakotoniaina
Malgré la préférence de la population pour le « cash », la Grande Île s’avance progressivement vers l’offre monétique virtuelle pour effectuer ses transactions financières. Une opportunité de croissance plus qu’intéressante dans un pays où le taux de bancarisation est l’un des plus faibles d’Afrique.

De nouvelles gammes de billets ont été émises sur le territoire malgache depuis juillet 2017. Leur utilisation demeure importante dans pratiquement tous les secteurs, notamment dans le domaine agricole où ce mode de paiement est fortement employé, même pour des montants assez élevés. Il se trouve ainsi que la monnaie fiduciaire en circulation occupe une grande part dans la masse monétaire et représente actuellement environ 48 % des disponibilités monétaires. Cet attrait pour la liquidité s’explique, entre autres, par la réticence à intégrer les services financiers à cause de la méconnaissance du domaine bancaire. Selon une étude menée par la Banque centrale, la bancarisation demeure assez faible avec un taux de 6 %. Il en résulte que Madagascar figure à la quatrième place des pays d’Afrique les plus touchés par l’exclusion financière. L’enquête Finscope Consommateur menée en 2016 par le ministère des Finances et du Budget montre en effet que 41 % de la population adulte est exclue des services financiers. Face à cette situation et malgré la préférence pour le numéraire, on prône aujourd’hui la cashless society (société sans argent liquide), autrement dit la dématérialisation de la monnaie.

DES TRANSACTIONS VIA LE TÉLÉPHONE PORTABLE

Madagascar a tout intérêt à disposer d’un système financier développé qui puisse satisfaire les besoins de sa population et permettre d’assurer une croissance forte et inclusive. Dans cette optique, la dématérialisation monétaire est une opportunité pour les acteurs de la finance et un levier de croissance pour l’économie. Tout en permettant de réduire considérablement la circulation de la monnaie fiduciaire qui alimente le marché informel, elle représente une alternative convaincante pour la facilitation des transactions. Le pays est d’ailleurs en avance dans le domaine de l’offre monétique virtuelle grâce à l’existence de structures et infrastructures déjà implantées
C’est ainsi qu’afin de simplifier la manipulation et les échanges monétiques, les sociétés en technologie de l’information et de la communication proposent différents outils. La start-up Ariary Net innove par exemple dans les services financiers, en proposant une plate-forme qui sert de passerelle sécurisée pour les transactions en ligne. Depuis près de sept ans, par ailleurs, les banques et les opérateurs téléphoniques se sont lancés dans le mobile money, une solution via le téléphone portable qui facilite les transferts, les paiements, les dépôts ou retraits d’argent. Avec ce service, il est possible d’effectuer des retraits sur des guichets automatiques de banques, de réaliser des transferts d’argent à l’international, le paiement d’impôts et taxes ou encore le remboursement de crédit. Il est même maintenant possible de faire des transactions entre un compte mobile et un compte bancaire.

SECTEUR RÈGLEMENTÉ

Si l’utilisation du mobile money pour payer des biens ou des services reste timide d’après une étude menée par le site Stileex, le service s’installe bel et bien dans le quotidien malgache avec plus de cinq millions de comptes actifs. Le volume annuel de transactions est passé de 89,7 millions à près de 240 millions d’euros de 2011 à 2016. La dématérialisation monétaire est en marche, d’autant plus que la loi sur la monnaie électronique et les établissements de monnaie électronique ainsi que la nouvelle loi sur les transactions électroniques sont sorties il y a quelques mois. 
Les réels impacts de cette réforme ne seront attendus qu’à partir de 2018 d’après la Banque centrale. Cependant, maintenant que le secteur est réglementé, plusieurs dossiers pour la création d’établissements de monnaie électronique ont déjà été déposés au niveau de la Commission spéciale sur la pérennisation financière. Le capital minimum pour la création de telles sociétés a été fixé à environ 143 000 euros afin d’être attractif, notamment pour les institutions de microfinance. 

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