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La France vient de vivre un coup d’état

1 mai 2017 | PAR Alain Foulon | N°319

C’est l’avocat Régis de Castelnau qui l’écrit sur le site du magazine « Causeur » (15 mai 2017). « Emmanuel Macron doit en premier lieu son élection à une forme de coup d’État. » Quand c’est un expert en droit public qui s’exprime ainsi, il y a de quoi se poser des questions.
Mais il est vrai que le « système » a choisi le « produit Macron » et a réussi à l’imposer. Le « système » est cette collusion entre le pouvoir politique (et technocratique), certains intérêts économiques et la grande presse aux mains d’hommes d’affaires, bien souvent roses (tendance gauche caviar). Des gens qui se rencontrent, pour la plupart, dans des clubs d’influence comme « Le Siècle » où se situe le vrai pouvoir. 

LE SYSTÈME MISAIT SUR UN JUPPÉ OUVERT À GAUCHE

Le « système » avait choisi Alain Juppé pour la Primaire de droite et Manuel Valls pour la Primaire des socialistes. L’un étant atlantiste et ouvert à gauche et l’autre atlantiste et ouvert à droite, la convergence était possible pour un second tour face à Marine Le Pen. Manque de chance pour le système, c’est François Fillon et Benoît Hamon qui se sont imposés. Si le « système » n’avait rien à craindre de Benoît Hamon, plombé par le bilan Hollande et marginalisé par Jean-Luc Mélenchon, ce n’était pas la même chose avec François Fillon qui avait toutes les chances d’accéder au deuxième tour et de l’emporter. Mais François Fillon n’est pas complètement un « homme de Davos » ni un atlantiste forcené. Il ose même montrer quelque complaisance envers Vladimir Poutine et jette un regard différent sur le conflit syrien. Libéral sur le plan économique, certes, mais un tantinet conservateur sur les questions de société, il n’est pas vraiment le candidat idéal. Le « système » a trouvé une alternative avec Emmanuel Macron qui, à 39 ans, semble séduire une partie de l’électorat désabusé par la politique, souhaitant dépasser les vieux clivages et voir un homme « neuf » à la tête du pays. Et c’est à partir de là que le phénomène Macron prend de l’importance, profitant du soutien de la grande presse. Emmanuel Macron est vendu comme un nouveau produit. 

LA SUBVERSION DE L’ÉTAT DE DROIT

Dans le même temps, la justice est instrumentalisée pour « flinguer » François Fillon, au mépris de l’état de droit. En effet, comme le rappelle Roland Hureaux sur son blog, l’article L. 110 du Code électoral, dispose qu’« aucune poursuite contre un candidat, en vertu des articles L. 106 et L. 108, ne pourra être exercée, aucune citation directe à un fonctionnaire ne pourra être donnée en vertu de l’article L. 115 avant la proclamation du scrutin ». L’article 110, prévu à l‘origine pour les élections législatives et locales, a été rendu applicable à l’élection présidentielle par la loi organique du 6 novembre 1962. Comme le souligne Roland Hureaux, ce n’est donc pas seulement l’usage qui instaure au bénéfice des candidats en période électorale ce qu’il est convenu d’appeler une trêve judiciaire, c’est la loi. Quoi qu’il en soit, le coup politico-judiciaire monté contre François Fillon a porté ses fruits et l’a privé du second tour, laissant le champ libre à Emmanuel Macron. 

LA DIABOLISATION N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT

« L’homme de Davos » s’est imposé nettement face à Marine Le Pen qui s’est enlisée sur le terrain économique, se montrant démagogue avec sa retraite à 60 ans et inquiétante avec sa sortie de l’euro (un sujet complexe). De quoi faire fuir les classes moyennes. Et même sur les valeurs sociétales, elle n’a pas convaincu puisque, par exemple, 38% seulement des catholiques pratiquants ont voté pour elle. Bien sûr, la « diabolisation » du Front national joue encore un rôle important dans cette désaffection, mais nettement moins que dans le passé. Marine Le Pen a réuni deux fois plus de voix que son père en 2002 face à Jacques Chirac. Ce dernier avait alors profité pleinement du vote anti-Lepen, rassemblant sous son nom 62% des électeurs inscrits, alors qu’Emmanuel Macron n’atteint que 43,63%. On est loin du plébiscite et cela montre clairement un pays coupé en deux. Mais cette coupure n’est pas nouvelle puisque, depuis plus un demi-siècle, à l’exception du duel Chirac-Le Pen de 2002, aucun président n’a été élu par une majorité des électeurs inscrits. Même De Gaulle, en 1965, n’avait été élu que par 45,3% des électeurs inscrits. Ce qui montre que la Constitution de la Ve République, avec son président « monarque », n’est pas vraiment l’idéal. 

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