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Madagascar

La plus grande centrale solaire de l'océan Indien est opérationnelle

La mise en place de la centrale permet de ramener le coût de production d’électricité à 12 centimes d’euros le kilowattheure. PRM
Lancé en 2017, le projet énergétique d’envergure de GreenYellow, la filiale du groupe Casino, se concrétise. Une initiative économiquement intéressante face au besoin en électricité non assouvi que connaît le pays et à une demande croissante des zones industrielles.
Un an et demi après le début des travaux, la centrale solaire photovoltaïque de GreenYellow est opérationnelle depuis juin dans le district d’Ambatolampy, à une centaine de kilomètres au sud de la capitale. Financée à plus de 25 millions d’euros par la filiale énergie du groupe Casino, elle est la plus grande infrastructure du genre dans la région indianocéanique et l’une des plus importantes en Afrique subsaharienne. Elle s’étend en effet sur un site de 33 hectares avec 73 000 panneaux photovoltaïques offrant une puissance totale de 20 mégawatts.
La nouvelle centrale solaire répondra aux besoins croissants des zones industrielles et des privés, tout en garantissant l’accès à une source d’énergie propre, compétitive et dont la mise en place est assez rapide. Elle permettra en effet de couvrir les besoins en élec -tricité d’environ 50 000 ménages, tout en répondant à la demande croissante d’énergie liée au développement économique et industriel de la région du Vakinankaratra : +76 % en deux ans.
Grâce à un contrat d’achat d’électricité d’une durée de 25 ans entre GreenYellow et la compagnie nationale d’électricité (Jirama), 30% de la production est destinée au réseau interconnecté d’Antsirabe et 70 % iront vers Tananarive ainsi que les régions d'Itasy et de Moramanga.  


Inauguration de la centrale solaire photovoltaïque d'Ambatolampy le 23 juin dernier en présence du président de la République de Madagascar.​  DR

 

Transition énergétique

La mise en place de cette centrale devrait en outre per mettre à la Jirama de réduire ses coûts. Actuellement, la production d’un kilowattheure (KWh) revient globalement à 26 centimes d’euro alors qu’il est vendu à 16 centimes d’euro au consommateur. Cela représente une perte de dix centimes d’euro par kWh que l’État doit combler par le paiement de subventions qui ont atteint 89,7 millions d’euros en 2017.
Une situation qui semble injuste puisque seulement 15 % de la population profite de l’accès à l’électricité. De plus, le coût de l’électricité est encore élevé aussi bien pour le simple usager particulier que les professionnels. Avec cette nouvelle centrale, le coût de production est ramené à 12 centimes d’euro. Selon Olivier Jaomiary, directeur général de la Jirama, cela permettra à la société d’État de couvrir ses pertes même si les consommateurs ne pourront tirer avantage de la baisse du coût de l’électricité issue de la centrale qu’à partir de 2020. Pour améliorer la situation dans les meilleurs délais tout en avançant dans la transition énergétique, les responsables de la Jirama et de GreenYellow optent pour l’extension et la multiplication de ce type d’infrastructure. Il répond en effet aux questions cruciales de coût, d’amélioration de l’accès à l’électricité et de la protection de l’environnement. Dans cette optique, la société française envisagerait de doubler la capacité de la centrale.
Depuis 2017, des projets de mise en place de petites centrales solaires ont également été lancés dans certaines localités du pays situées dans les zones enclavées. Ainsi, 45 localités à travers tout Madagascar seront pourvues de centrales électriques hybrides (alliant le thermique et le solaire). En attendant les trois grands projets de barrages hydroélectriques qui sont en phase avancée de travaux ou d’études.
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