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La SMEDA mise sur l’innovation et lance un « Rapid Incubateur Services »

1 juin 2017 | PAR Jacques Rombi | N°320
Phalraj Servansingh, managing director de la SMEDA (Small and Medium Enterprises Development Authority) : « Nos partenaires indiens vont engager des actions de formation pour valoriser l’artisanat local. » Jacques Rombi
Phalraj Servansingh, Managing Director de la SMEDA (Small and Medium Enterprises Development Authority), s’explique sur la stratégie de cette organisation para-publique dédiée aux PME.

L’Eco austral : La SMEDA a organisé, du 12 au 14 mai, le premier salon professionnel de l’innovation. Quel bilan tirez-vous de ces trois journées et quelles perspectives peut-on en espérer ?
Phalraj Servansingh
: Nous avons été les premiers surpris par l’affluence à ce salon de l’innovation qui a vu pas moins de 15 000 entrées en trois jours seulement. Il avait pour vocation de permettre des échanges entre exposants et visiteurs dans un esprit B to B et une centaine de conférences et réunions ont pu être organisées. Parmi les 120 exposants, une cinquantaine d’étrangers étaient représentés dont 23 venant de d’Inde, pays avec lequel nous misons sur des partenariats « win-win ».

Quel type de partenariat voulez-vous engager avec l’Inde ?
Il s’agit d’échanger les technologies et les savoir-faire. Dans le cadre d’un Memorandum of Understanding qui nous lie avec le Small National Industries Corporation, l’équivalent de la SMEDA, nos partenaires indiens vont engager des actions de formation pour valoriser l’artisanat local. L’idée est de chercher de nouvelles façons de travailler à partir des matériaux locaux. Par exemple, remplacer des matériaux onéreux importés par des produits mauriciens. L’autre grand volet du partenariat a commencé lors de ce salon avec l’acquisition de cinq machines. Les Indiens sont performants pour fabriquer des machines qui permettent à de nombreuses PME ou PMI de passer à la phase industrielle. Mais cela peut effrayer les entrepreneurs. C’est pour cela que nous mettons en place le concept de Rapid Incubateur Services. En bref, il s’agit de mettre des machines à disposition des entrepreneurs qui pourront les essayer et constater directement leurs gains en productivité. Dans une seconde phase, nous allons les accompagner dans leur financement en lien avec leur Business Plan. Il s’agira d’identifier les marchés, localement, puis dans la région, leurs avantages et contraintes, tout en les aidant à acquérir les machines.

Deux institutions financières sont charge du financement des PME : la MauBank et la Banque de développement (BDM). Qu’est-ce qui les différencie ?
En résumé, la BDM est spécialisée dans les petits projets, les investissements relevant de la microfinance allant jusqu’à 250 000 roupies, alors que la MauBank intervient sur des projets pouvant aller jusqu’à 200 millions de roupies. La SMEDA intervient en partenariat avec ces deux entités, et surtout avec la MauBank car il y a beaucoup plus de demandes allant vers ce type de financement. Par exemple, nous avons élaboré un outil financier qui s’appelle le Development Certificate Scheme qui cible les investissements dans certains secteurs d’activité. Le prêt peut aller jusqu’à 90% de l’investissement à un taux d’intérêt n’excédant pas 3%. Notez que le Reporate (taux directeur -Ndlr) est pourtant de 4%. L’État prend donc en charge la différence. D’autre outils sont mis en place par la SMEDA . Il y a le soutien à la modernisation et à la rénovation, décliné sous forme de leasing à 6%de taux d’intérêt et permettant de financer 40% de l’investissement. Il est accessible dans presque toutes les banques primaires. Un autre dispositif, au taux d’intérêt plafonné à 3%, permet de financer des projets dans les secteurs jugés prioritaires par l’État. Celui-ci aide aussi les entrepreneurs indirectement en injectant des fonds dans les sociétés de leasing afin de proposer des taux préférentiels. 

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La SMEDA mise sur l’innovation et lance un « Rapid Incubateur Services »

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