Green

Madagascar

La SPAH pionnière dans la valorisation des déchets de papier

1 juin 2016 | PAR La rédaction | N°309
Sous forme associative, Ecoback propose aux entreprises, administrations et personnes physiques de les débarrasser gratuitement de leurs vieux journaux, dossiers, magazines, livres, annuaires et courriers.
La Société de production d’articles hygiéniques, spécialisée dans la production d’ouate de cellulose, a créé Ecobak pour collecter les déchets qu’elle recycle dans sa production de papier toilette Lys.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Cette maxime est attribuée à Antoine Laurent Lavoisier, chimiste, philosophe et économiste français du XIXe siècle, souvent présenté comme le père de la chimie moderne. Elle a inspiré l’industriel Nirina Rajaonary, dirigeant de la SPAH qu’il a fondée en 2011. Une entreprise spécialisée dans la production d’ouate de cellulose, une matière première 100% recyclable, servant à la fabrication de papier tissu (papier toilette et essuie tout). Et cette production nécessite une quantité considérable de papier. Le jeune entrepreneur décide alors de créer une filière de collecte de déchets de papier, Ecobak. Sous forme associative, Ecoback propose aux entreprises, administrations et personnes physiques de les débarrasser gratuitement de leurs vieux journaux, dossiers, magazines, livres, annuaires, et courriers pour en tirer la matière première dont a besoin la SPAH.

QUAND ÉCOLOGIE RIME AVEC ÉCONOMIE

Un employé de bureau consomme environ 50 kilos de papier par an, ce qui représente les trois quarts des déchets produits dans les entreprises. Il faut savoir qu’une tonne de papier obtenue grâce au recyclage représente 17 arbres épargnés. Quelque 10% à 15% des dé chets, rien qu’à Tananarive, sont des papiers recyclables. « Les gens ont tendance à les brûler ou à les jeter, alors que ces papiers peuvent être récupérés et réutilisés », souligne Nirina Rajaonary. Ecobak a noué des partenariats avec des imprimeries (Graphoprint, Newprint, Graph export et Ecoprim), avec Orange Madagascar, la ban que BMOI, le PNUD, les ambassades de France et des Etats-Unis, ainsi qu’avec des ONG. « Le recyclage de ces déchets préserve l’environnement. Ce qui minimise les rejets de dioxyde de carbone (CO2) et limite l’élimination des déchets de papiers qui, par la suite, génèrent des emplois durables pour les personnels d’Ecobak », affirme Nirina Rajaonary. Actuellement, Ecobak ne collecte que des déchets issus des industries. Mais l’association veut sensibiliser les Malgaches au niveau des Fokontany (subdivisions administratives de base à Madagascar) pour les engager dans le processus de collecte. 

COOPÉRATION AVEC LE GROUPE BASAN

« On produit aujourd’hui le papier toilette « Lys » avec une consommation de papier de l’ordre de 1 500 tonnes par an comme principale matière première », explique Nirina Rajaonary qui s’est rapproché du groupe Basan. Ce groupe dynamique, connu pour ses marques JB, Lecofruit, UIM et Tanjaka Food, apporte sa force commerciale pour ce premier produit issu du recyclage de déchets. Avec un rythme de production qui tourne entre 750 000 à 800 000 rouleaux de papier toilette par mois, SPAH n’arrivait pas à répondre à la hausse de la demande intérieure tout en demeurant compétitif. « Actuellement, nous connaissons une croissance de plus de 50% par an dans un contexte post-crise et, en l’espace de deux ans de coopération, nous sommes arrivés à vendre nos produits à travers le pays. » Ecobak permet d’approvisionner la SPAH qui vise maintenant, pour son papier toilette, les marchés de Maurice et de La Réunion où la demande est quatre à cinq fois plus importante. Pour cela, la filière de collecte devrait s’étendre à Antsirabe et Tamatave. L’association a déjà négocié avec la brasserie Star à Antsirabe. « Un projet de recyclage des déchets de plastique avec des entreprises mauriciennes est également en cours de gestation », annonce Nirina Rajaonary.

Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Madagascar

La SPAH pionnière dans la valorisation des déchets de papier

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Cette maxime est attribuée à Antoine Laurent Lavoisier, chimiste, philosophe et économiste français du XIXe siècle, souvent présenté comme le père de la chimie moderne. Elle a inspiré l’industriel Nirina Rajaonary, dirigeant de la SPAH qu’il a fondée en 2011. Une entreprise spécialisée dans la production d’ouate de cell...