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Madagascar

L’Agence française de développement a mis le turbo

Jérôme Bertrand-Hardy, directeur de l’AFD à Madagascar : « Il faut que 2017 voit le début du chantier de la rocade. Il faut aussi réaliser une première tranche des travaux d’urgence pour l’assainissement d’Antananarivo avant la prochaine saison des pluies. » Njaratiana Rakotoniaina
L’année 2016 a été exceptionnelle avec 98 millions d’euros accordés. L’AFD permet ainsi à la France de réaffirmer sa position de principal partenaire bilatéral de Madagascar et l’année 2017 va être consacrée à la mise en œuvre des projets.


Partenaire de Madagascar depuis soixante-cinq ans, l’Agence française de développement (AFD) n’a jamais interrompu ses actions aux bénéfices de la population malgache, même durant la période transitoire. La volonté et le travail sur le long terme ont permis à l’institution française d’engager un portefeuille total de 271 millions d’euros depuis son implantation en 1952. Et d’après Jérôme Bertrand-Hardy, directeur local de l’agence, 2016 a été une année « exceptionnelle » en termes de financements octroyés pour des projets dans la Grande île. Avec 98 millions d’euros, l’AFD a atteint un important niveau d’engagement. 

PLACE AU DÉVELOPPEMENT URBAIN

En 2016, de multiples conventions de financement ont été signées, à l’instar de l’appui budgétaire à l’État de 5 millions d’euros qui a permis l’approbation d’un accord du Fonds monétaire international (FMI) au titre de la facilité élargie de crédit. La majorité des fonds accordés a cependant été attribuée au secteur urbain, l’une des trois priorités de la stratégie de l’AFD. Ce secteur représente plus de 50% de la croissance du produit intérieur brut (PIB) avec une productivité de l’emploi jusqu’à cinq fois supérieure à celle des campagnes. L’enjeu est de taille car d’ici à vingt ans, la moitié de la population malgache sera urbaine. L’agence a signé en juin 2016, avec la Banque européenne d’investissement et l’Union européenne, le financement de la construction d’une rocade de 11 kilomètres au nord-est de Tananarive pour 24 millions d’euros. Elle a également octroyé près de 52 millions d’euros en faveur d’un projet pour lutter contre les inondations et améliorer l’assainissement et pour un programme d’investissement dans ce qu’on appelle les « villes d’équilibre » en commençant par Fianarantsoa, Diego Suarez et Tuléar. L’objectif est de créer à terme, dans les six plus grandes villes du pays, un environnement d’infrastructures et de services propice au développement économique tout en renforçant les capacités de gestion des collectivités.

L’HEURE EST AUX APPELS D’OFFRES

Avec ce copieux programme, l’AFD consacrera cette année 2017 à la mise en œuvre effective des conventions. Dans ce sens, Jérôme Bertrand-Hardy a avancé que la coopération avec tous les partenaires locaux publics et privés est déjà en marche, notamment pour le lancement des différents appels d’offres. « Il faut par exemple que 2017 voit effectivement le début du chantier de la rocade. Il faut aussi faire une première tranche des travaux d’urgence pour l’assainissement d’Antananarivo avant la prochaine saison des pluies », a-t-il souligné. Au-delà de ces aménagements urbains, il est prévu l’appui à différents projets dans le secteur agricole. L’AFD se penchera également sur la formation professionnelle et sur l’exportation. Des discussions ont déjà été engagées avec les ministères concernés en vue de mettre en place un fonds de financement de la formation professionnelle dédié aux entreprises et de créer une agence pour promouvoir l’exportation. Par ailleurs, l’agence continuera son programme récurrent de garantie en faveur des investissements privés, notamment des très petites, petites et moyennes entreprises, ainsi que des institutions financières. L’AFD espère en conséquence maintenir un rythme d’engagement annuel estimé entre 40 et 50 millions d’euros en faveur de Madagascar. 

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