L'apprentissage, voie royale de l'insertion professionnelle - Performance - Ecoaustral.com

Performance

Réunion

L'apprentissage, voie royale de l'insertion professionnelle

17 fév 2014 | PAR Pierrick Pedel | N°283
La Région se fixe comme objectif d'atteindre les 8 000 jeunes formés à l'horizon 2015. - Stocklib/HONGQI ZHANG
L'apprentissage est devenu la priorité régionale pour l'emploi des jeunes réunionnais. Mais la question du financement reste encore quelque peu problématique.
 

« Sur l'apprentissage,  nos offres augmentent de 11% par an depuis 2009. Nous sommes passés de 3 600 à 4 800 offres. »
Louis Bertrand Grondin, conseiller régional délégué à la Formation professionnelle et à l'Apprentissage, mise avant tout sur ce mode de formation. Il est vrai que plus de 50% des personnes en apprentissage restent dans l'entreprise après leur stage. Dans les filières du BTP, le taux atteint pratiquement 100%. La Région a ainsi signé une convention avec Pôle Emploi afin de définir les projets de formation. Pôle Emploi a tendance à financer les formations courtes alors que la Région, elle, travaille sur des formations plus longues et rémunérées. Depuis 2010, six nouveaux opérateurs ont été agréés par la Région, portant ainsi le nombre de centres de formation agréés à dix. Une trentaine de sites sont répartis sur le territoire de l'île. Fin 2012, 4 600 jeunes avaient signé un contrat d'apprentissage. Le budget consacré à l'apprentissage a augmenté de 32% depuis 2010, passant de 25 millions à près de 33 millions d'euros. Et la Région se fixe comme objectif d'atteindre les 8 000 jeunes formés à l'horizon 2015. Pour suivre le mouvement, l'AFPAR (Association pour la formation professionnelle des adultes) a ouvert trois sections d'apprentissage : services à la restauration, cuisiniers et assistance de vie aux familles. « Pour l'apprentissage, nous travaillons sur du titre professionnel dont nous sommes le leader. Quand un CAP de maçon dure deux ans, nous proposons le cursus d'un titre professionnel qui dure huit mois.
On apprend un métier qui correspond à ce que souhaite la branche professionnelle », précise Eric Fontaine, directeur général de l'AFPAR.

PLUS DE 200 DIPLÔMES OU TITRES PROFESSIONNELS

Véritable contrat de travail à durée déterminée, le contrat d'apprentissage permet d'acquérir en alternance une formation avec une qualification sanctionnée par un diplôme ou un titre professionnel.
Plus de 200 diplômes ou titres professionnels sont actuellement financés par Région Réunion. La rémunération de l'apprenti est calculée en pourcentage du SMIC et dépend de l'âge de la personne et de sa progression dans le cycle de formation. Une personne de moins de 18 ans en première année d'apprentissage touchera ainsi 25% du SMIC alors qu'une personne de 21 ans et plus en quatrième année en percevra 78%. Quand une entreprise recrute un apprenti, elle peut bénéficier de plusieurs aides cumulables comme l'aide à l'embauche, le soutien à la formation ou des exonérations de charges patronales. Les apprentis sont également aidés avec une formation gratuite, le plan ordinateur portable, le chèque livre ou le financement de l'achat de matériel pédagogique. Pourtant, l'apprentissage souffre encore d'une mauvaise image par rapport aux cursus scolaires traditionnels. En France, c'est le cursus universitaire qui a la préférence des familles et l'apprentissage est souvent considéré comme un palliatif à l'échec scolaire. Contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne ou la Suisse. Dans le modèle allemand, quelque 70% des jeunes qui décrochent un emploi sont passés par l'apprentissage. « On constate une certaine défection des jeunes vis-à-vis de l'apprentissage, c'est pourquoi nous voulons changer l'image de ce mode de  formation en visant des filières plus haut de gamme pour un public jeune tout en répondant aux besoins des entreprises. Il s'agit de proposer des formations d'excellence reconnues », indique Pierrick Robert, président de la commission Formation à la Chambre de commerce et d'industrie. La CCIR, qui investit chaque année entre 15 millions et 21 millions d'euros, a bien ouvert des formations de directeur de ressources humaines, de spécialistes en réseaux électriques ou d'assistant ingénieur, mais le développement des nouvelles filières bute sur la contrainte économique. Cela alors que les projets de formation HEC, de dirigeant de PME ou de marketing digital sont dans le tuyau pour 2014. « La CCIR a demandé la création de douze nouvelles formations, mais nous n'avons rien obtenu du fait des restrictions de budget. La Région nous demande de rester dans la même enveloppe cette année », déplore Pierrick Robert.

Même son de cloche à l'Ecole des métiers d'accompagnement de la personne (EMAP) où le directeur Jean Yves Gilles regrette l'absence de projet de création de structures. « Or, le nombre de personnes âgées à La Réunion aura doublé  d'ici 2015 », prévient-t-il.        

Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Réunion

L'apprentissage, voie royale de l'insertion professionnelle

« Sur l'apprentissage,  nos offres augmentent de 11% par an depuis 2009. Nous sommes passés de 3 600 à 4 800 offres. » Louis Bertrand Grondin, conseiller régional délégué à la Formation professionnelle et à l'Apprentissage, mise avant tout sur ce mode de formation. Il est vrai que plus de 50% des personnes en apprentissage restent dans l'entreprise après leur stage. Dans les filièr...