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Océan Indien

L’avenir de l’océan Indien, c’est l’océan Indien

1 mar 2016 | PAR Alain Foulon | N°306
Chers lecteurs, vous avez entre les mains un numéro de L’Eco austral qui a bénéficié d’un sérieux lifting. Une maquette plus aérée et plus attrayante, plus d’articles à lire et de nouvelles rubriques comme Green qui se consacre au développement durable, mais aussi au mieux-être et à la santé. La nouvelle signature qui accompagne notre titre en couverture - « Les idées et les hommes de l’océan Indien » - résume bien notre volonté d’être le magazine de référence de ceux qui réfléchissent et agissent dans et pour notre région.


L’OR BLEU MIEUX QUE LA SMART CITY

Il est affligeant de voir que les projets de climatisation marine à La Réunion se trouvent au point mort. Celui conduit par Engie dans le nord, dont l’appel d’offres international remonte à avril 2011, pourrait générer une multitude d’activités en exploitant l’eau de mer au lieu de la rejeter à la mer. C’est le modèle développé par Hawaï depuis trente-quatre ans et, dans cet État américain, il génère un chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars, comme le montre notre dossier dans ce numéro. Du côté de Port-Louis, un projet de climatisation marine est conduit par Sotravic et, bien que plus récent, il devrait voir le jour avant celui d’Engie. Il a d’ailleurs l’avantage de faire appel aux services de la société américaine qui opère à Hawaï. Mais l’on parle encore peu à Maurice des activités annexes – qui sont pourtant les plus rémunératrices – et Sotravic n’a pas prévu pour le moment de réseau secondaire permettant d’exploiter l’eau de grande profondeur à d’autres fins que la climatisation de certains bâtiments de la capitale. À mon humble avis, c’est une opportunité nettement plus porteuse et réaliste que les Smart City. Espérons que l’océan Indien ne ratera pas le coche car son avenir passe justement par l’océan Indien et ses énormes ressources. Une économie bleue qui représente un véritable relais de croissance.

LA COLONISATION DE MAYOTTE EST EN MARCHE

Rien ne va plus dans le 101e département français et l’on peut se demander sérieusement si ce statut était le mieux adapté à la situation. Il ne fait qu’entraîner une surenchère sociale et stimule encore davantage l’immigration clandestine en creusant l’écart avec le reste de l’archipel qui ne reconnaît pas le statut de Mayotte. 
Quand on sait que l’Insee annonce officiellement un taux de 40%d’immigrés clandestins, on peut se douter que la réalité est encore plus critique. On peut même penser que le nombre d’immigrés clandestins, venus principalement d’Anjouan (qui ne se situe qu’à une soixantaine de kilomètres), a dépassé la population de souche. La délinquance explose et les Mahorais – qui ont l’avantage d’avoir la nationalité française - sont de plus en plus tentés par l’émigration. C’est La Réunion toute proche qui devrait en subir les conséquences. La situation semble inextricable et l’on assiste au spectacle cauchemardesque de milliers d’adolescents livrés à eux-mêmes parce qu’issus de parents immigrés clandestins qui ont été expulsés. Ces enfants nés sur le territoire de Mayotte, donc en France, ne peuvent pas être expulsés au nom du droit du sol et ils alimentent la délinquance ou bien se font exploités.

UN COUP DE BAREIGTS ET ÇA REPART

La nouvelle secrétaire d’État à l’Égalité réelle (de l’Outre-mer), la Réunionnaise Ericka Bareigts, pourra-t-elle faire quelque chose pour Mayotte ? On peut en douter, à moins qu’elle n’ose s’attaquer au sacro saint statut de département. Mais à un an de l’élection présidentielle, le Premier ministre Manuel Valls et le président François Hollande ont d’autres chats à fouetter, d’autant que l’Outre-mer représente un beau réservoir de voix. La création de ce poste de secrétaire d’État à l’Égalité réelle, un intitulé qui a dû germer dans le cerveau d’un énarque socialiste, a surtout le mérite de faire plaisir aux Réunionnais. Jusqu'alors, il n'y en avait que pour les Antillais et pour une Guyanaise qui voulait marquer l'Histoire (rien de moins). On peut d'ailleurs peut se demander à quoi sert le ministère de l’Outre-mer si l’on éprouve le besoin de créer un tel poste rattaché au Premier ministre. C’est une feuille qu’on ajoute au mille-feuille. Mais pour le gouvernement, c’est une belle opération de com alors qu’il se trouve déjà en campagne électorale. 

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