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Maurice

Le centre financier doit se réinventer

1 mar 2018 | PAR Thierry Chateau | N°327
La Cybercity attire une bonne part des acteurs d’un centre financier qui doit monter en gamme et se doter de ressources humaines qualifiées. Davidsen Arnachellum
Après l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations venues à la fois de l’OCDE et de l’Inde, 2017 a été une année charnière pour le secteur financier mauricien. Certains acteurs ont anticipé le coup et exploitent déjà de nouveaux créneaux.

L'année 2017 a été pour le secteur financier mauricien celle de tous les dangers. Doublement mis sous pression par l’Inde et l’Organisation de coopération et les acteurs du secteur ont fait le dos rond et ont dû rechercher d’autres marchés et filières. L’Inde, qui a donc renégocié l’accord de non-double imposition et surtout imposé l’application des règles générales anti-évitement (General Anti-Avoidance Rules, GAAR), et l’OCDE qui a appliqué son instrument multilatéral conçu pour éviter l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS) par les entreprises multinationales dans des territoires où elles sont peu ou pas imposées. 

UNE MONTÉE EN GAMME OBLIGATOIRE

Si à ses débuts, le centre financier mauricien s’est appuyé sur les traités de non-double imposition fiscale - offrant un minimum de substance -aujourd’hui, les choses ont changé. Comme l’avantage fiscal ne contribue plus à la valeur ajoutée du centre financier mauricien, il lui faut monter en gamme, offrir « plus de substance ».
Bref, Maurice doit passer d’un statut de juridiction centrée sur les traités à celui d’un centre offrant des services sophistiqués. C’est le choix fait, par exemple, par Rogers Capital qui a élargi ses offres en gestion de fonds, externalisation, services actuariels, etc. Le parcours ne sera pas de tout repos car pour croître, le centre financier mauricien a besoin de plus de juristes, d’experts-comptables, de gestionnaires de fonds qui aient une vraie expertise à l’international. Le secteur doit à la fois relever le challenge de la formation et attirer des profils étrangers ou de la diaspora à forte valeur ajoutée. 
 

Fin Tech
Port-Louis désire se positionner comme un hub des technologies financières en Afrique, notamment en implantant la blockchain. Mais l’absence de cadre légal approprié retarde l’entrée de cette technologie à Maurice.  Elnur Amikishiyev/Elnur@Stocklib
 

UN HUB DE LA FINTECH EN AFRIQUE

Mais la compétitivité passe aussi par le saut technologique avec l’émergence d’un secteur FinTech. Il s’agit de positionner Maurice comme un hub des technologies financières en Afrique, par exemple en implantant la technologie blockchain. Cette technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée et fonctionnant sans aucune institution centrale de contrôle, commence à susciter l’intérêt des entrepreneurs locaux et à attirer des géants étrangers. Mais l’absence de cadre légal approprié retarde l’entrée de cette technologie à Maurice.
Refroidie par le durcissement de la position indienne, Maurice tourne les yeux vers l’Afrique toute proche. D’autant que si la clientèle africaine a un immense potentiel, les pays du continent s’intéressent eux aussi à Maurice, une référence à leurs yeux en termes de stabilité et d’expertise. Avec quinze accords de non-double imposition avec des pays africains (dont neuf ne sont pas encore concernés par l’instrument multilatéral), Maurice se positionne comme une plate-forme idéale, notamment pour les deux géants asiatiques, Inde et Chine. 

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