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Le changement comme vocation plutôt que comme un fardeau !

1 mar 2018 | PAR Bernard Alvin | N°327
À chaque fois qu’un responsable est élu ou nommé, il semble que sa priorité soit le « changement ». Cet empressement à vouloir faire « peau neuve » semble aller de pair avec la notion de « résistance »... au changement. Résistance du peuple en politique, résistance des salariés dans l'entreprise.

En politique, on dit qu'un nouveau responsable n’a que cent jours pour faire passer les changements importants qu’il souhaite réussir. Sachant que ces derniers seront difficiles à faire accepter, on profite du fameux « état de grâce » pour lancer toutes sortes de réformes avant que la porte de la résistance ne se referme pour longtemps  ! 
Et effectivement, ce sont souvent des événements liés à des changements d’hommes qui marquent durablement l’Histoire. Par exemple c’est l’avènement de Napoléon Bonaparte qui voit l’apparition de réformes profondes comme le Code Civil ou la création des grandes écoles, pour ne citer que celles-là. De même que c'est le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958 qui amène la Cinquième République et une nouvelle Constitution à la France.

CHANGEMENT, VERTU GAULOISE ?

Mais si certains hommes marquent l’Histoire, d’autres passent presque inaperçus. Sur le plan économique, il semble qu’il en va de même. Certains noms de P-DG sont inscrits à jamais dans l’histoire, comme Steve Jobs d’Apple ou David Packard de Hewlett-Packard, car ils ont « révolutionné » notre vie. D’autres sont totalement inconnus.  La course au changement serait-elle donc réservée à une petite élite de dirigeants, sachant que la majorité rêve d’en faire partie à son tour ? Ou n'est-ce finalement qu'un mythe fondateur de notre société ? 
Attardons-nous un instant sur le sens du mot « changement ». En recherchant son étymologie, j’ai été surpris de constater que ce mot est issu du bas latin cambium (échange), lui-même emprunté au gaulois cambion, au sens supposé de changement. Ainsi ce mot « pseudo-sacré » viendrait des Gaulois et non pas des Romains. Ce peuple fondateur de notre identité nationale aurait donc inventé le changement... Il est difficile d’y croire tant la société française est réputée pour ses résistances au changement !

LA VOCATION AU CHANGEMENT

D'un autre côté, le changement étant souvent associé à la création ou aux découvertes, il est vrai que la culture française passe pour être l’une des plus créatives au monde ! Ainsi, nous serions à la fois les chantres du changement et les plus résistants à ce dernier. À moins que ce ne soit les deux faces d’une même médaille ?Notons quand même que ce sont à chaque fois de « grands hommes » qui ont été à l’origine des plus grands changements. Un homme propulsé au faîte de sa propre vocation ferait-il passer celle-là au niveau de la collectivité? À une échelle plus microéconomique, il semble que ce soit le cas : j’ai souvent observé que les personnes portées par leur vocation avaient tendance à impacter leur environnement en force, en profondeur et durablement. Si demain les acteurs économiques individuels décidaient de travailler sur leur vocation personnelle, nul doute que cela impacterait énormément les collectifs dans lesquels nous vivons et travaillons. 

UNE QUESTION D'ENVIE

Dans une telle hypothèse, on peut être certain que les résistances au changement tomberaient les unes après les autres et que finalement le fameux changement deviendrait plus une envie, voire une passion collective, que le rituel obligé de celui qui prend le pouvoir dans un pays ou dans une entreprise ! 
Nos dirigeants sont ils prêts à montrer l’exemple ? De même qu’au XVIIIe siècle est apparu le mouvement culturel des Lumières tiré par de grands hommes comme Montesquieu, Voltaire, Diderot ou Condorcet, nos dirigeants pourraient être à leur tour porteurs d’un nouveau mouvement dont le sens serait de promouvoir la « vocation pour tous » ! Et pourquoi l’Histoire ne pourrait-elle pas se répéter ?Tout est question de prise de conscience. Alors soyons à la fois patients et enthousiastes pour faire progresser l’Histoire dans un sens qui puisse tirer l’humanité vers le haut !

Bernard Alvin
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Le changement comme vocation plutôt que comme un fardeau !

En politique, on dit qu'un nouveau responsable n’a que cent jours pour faire passer les changements importants qu’il souhaite réussir. Sachant que ces derniers seront difficiles à faire accepter, on profite du fameux « état de grâce » pour lancer toutes sortes de réformes avant que la porte de la résistance ne se referme pour longtemps  !  Et effectivement, ce sont souvent des évé...