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Le Chantier naval de l’océan Indien veut s'agrandir et se diversifier

1 fév 2018 | PAR Jacques Rombi | N°326
Jean-Yves Ruellou, Managing Director du CNOI : « Nous pouvons intervenir sur tous types de constructions ou d'entretien. » Davidsen Arnachellum
Le Chantier naval de l’océan Indien (CNOI) s'affiche comme l'un des leaders régionaux de la construction et de la réparation de bateaux. La cale sèche est rarement vide, se félicite Jean-Yves Ruellou, son « Managing Director », d'où l'ambitieux projet d'un second atelier de construction de 1 000 mètres carrés.

Né en 2001 avec un investissement initial de 40 millions d'euros, le Chantier naval de l’océan Indien (CNOI) s'inscrit d'abord dans le cadre d'un joint-venture entre le constructeur français Piriou et le groupe mauricien IBL. Depuis, Piriou a cédé ses parts et l'actionnariat est aujourd'hui détenu à 60 % par IBL et 40 % par différents actionnaires, notamment certains cadres de l’entreprise.
« Les investissements ont évolué et sont estimés aujourd'hui à 50 millions d'euros », commente Jean-Yves Ruellou, le Managing Director de CNOI, désignant la cale sèche de 130 mètres de longueur et 10 mètres de profondeur, l'élévateur à bateaux de 1 000 tonnes et le quai de plus de 350 mètres. « Grâce à ces infrastructures, nous pouvons intervenir sur tous types de constructions ou d'entretien. Par exemple, pour le Service des transports maritimes (STM) de Mayotte, nous avons totalisé plus de 400 000 heures de travail pour réaliser au total trois bateaux amphidromes en trente mois. Le montant de l'investissement portait sur 25 millions d'euros. » 
Par ailleurs, le chantier effectue régulièrement des réparations pour la Marine nationale française : « Nous assurons l'entretien des navires qui croisent dans l'océan Indien depuis 2004 et nous venons de nous engager sur la période 2018-2022 pour l'entretien de deux frégates. »

TECHNIQUE INNOVANTE DE RETOURNEMENT

CNOI a également remporté l’appel d’offres pour un crevettier de 29,5 mètres, commandé par l'armateur australien Austral Fisheries. Le chalutier va nécessiter 10 à 12 mois de travaux et devrait être le premier d’une série de huit bateaux : ils seront construits sur les quais de Port-Louis où est établi CNOI, au prix unitaire de 4,5 millions d'euros. À noter que le crevettier a bénéficié d'une technique innovante de retournement de la coque d'un seul bloc, lors de sa construction. Une prouesse. Plus de 280 bateaux sont passés dans la cale sèche du chantier depuis sa création. « Nous avons démarré avec 25 employés, nous en comptons à présent plus de 400, engagés dans de nombreux corps de métier, tels que la mécanique, la chaudronnerie, la tuyauterie, l’électricité, le traitement de surface et la peinture, l’hydraulique, le froid, la menuiserie. Nous représentons aussi les moteurs Beaudoin et les peintures Hempel », précise le Managing Director. Il dévoile dans la foulée les grands projets d'extension prévus en périphérie du site actuel : « Nous allons nous étendre sur plus d'un hectare, à la place du terminal charbonnier, pour aménager un second atelier de construction de 1 000 m² et trois nouveaux parkings à sec pour des navires d'une soixantaine de mètres. » 

« LA CURIEUSE » : DES EXPÉDITIONS POUR SCIENTIFIQUES OU TOURISTES 
La Curieuse. C'est le nom du bateau de 25 mètres, de type chalutier de pêche arrière  de 300 tonnes en charge, que le Chantier naval de l’océan Indien (CNOI) a acquis en juin 2016 auprès de l’administration des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) pour la somme de 100 000 euros. Après plusieurs mois de travaux et un investissement de 800 000 euros, le bateau est loué par CNOI pour des missions scientifiques aux TAAF, mais pas seulement !
Le chantier naval a en effet mis en service un original programme de voyages d'agrément organisés par Sophie Laurent, qui précise : « Quand le bateau n'est pas affrété par les TAAF, CNOI le loue pour des missions plus ludiques comme des séjours plongée autour de Maurice ou à Saint-Brandon. Ce bateau est équipé pour accueillir une vingtaine de passagers, dont sept membres d'équipage. » Oh La Curieuse  ! 
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