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Maurice

Le e-commerce peine à décoller

18 sep 2013 | PAR Jean-Michel Durand | N°278
Difficile d’évaluer précisément le poids de l’ecommerce à Maurice. - Stocklib © Vladyslav Starozhylov
Le marché local reste embryonnaire même si quelques banques s’efforcent d’accompagner le secteur. Et les e-commerçants, encore peu nombreux, se concentrent plutôt sur le marché international qui pèse très lourd.

Difficile d’évaluer précisément le poids de l’ecommerce à Maurice. Si la Banque centrale publie bien des statistiques, elles englobent toutes les transactions d’Internet Banking qui ont atteint la valeur totale de 964,4 millions de roupies en 2012 (environ 24,1 millions d’euros). Un montant qui progresse de mois en mois du fait d’une forte augmentation du nombre de transactions, mais pas du nombre de clients qui reste stable. Cela signifie que le marché ne s’élar git pas, mais plutôt que ceux qui achetaient déjà sur Internet ont tendance à le faire davantage.

Peu de banques s’impliquent

Il est vrai que sur les nombreuses cartes bancaires en circulation (1,4 million), la majorité ne sont pas des cartes de crédit à proprement dit et ne permettent pas forcément de réaliser des transactions sur Internet. Si l’on ajoute un nombre de foyers connectés encore faible (35,51% en 2011 selon la Banque mondiale), on comprend bien que le nombre d’acheteurs ne progresse pas. Mais ils étaient quand même 225 759 à réaliser au moins une transaction en ligne en mai 2013. Ce qui indique par ailleurs que le montant moyen de la transaction reste très faible. De gros acteurs mondiaux comme Amazon refusent de livrer certains produits à Maurice et quand ils acceptent, les coûts d’acheminement et les complications douanières peuvent rebuter les acheteurs.

Du côté des banques, on ne facilite guère non plus l’accès à l’e-commerce, notamment en matière de sécurisation des transactions, un paramètre déterminant pour certains acheteurs. Par exemple, peu d’offres existent en matière d’e-carte bancaire, comme le proposent de nombreuses banques dans le monde. Quant aux e-commerçants tournés vers le marché local, ils se comptent sur les doigts de la main. Ils se concentrent plutôt sur le marché international qui, avec 1 000 milliards de dollars en 2012 (voir notre encadré), a de quoi éveiller les convoitises. Ils le font surtout dans les secteurs traditionnels de l’e-commerce comme l’aérien et l’hôtellerie et, plus globalement, dans les biens immatériels (informatique, assurance, communication, éducation…) qui ne nécessitent pas de logistique particulière.

Les deux principales banques du marché, la MCB (Mauritius Commercial Bank) et la SBM (State Bank of Mauritius), mais aussi Bank One proposent leurs services aux e-commerçants mauriciens avec une tarification souvent assez complexe qui varie selon le volume des transactions et même selon la nature des services ou produits commercialisés. Tout comme l’accès aux terminaux bancaires, ces services se révèlent relativement onéreux (avec des commissions et des frais fixes) pour les e-commerçants qui ne peuvent générer des chiffres d’affaires importants. Pour y remédier, les banques s’efforcent de moduler leurs services en fonction des besoins de leurs clients.

La MCB propose quatre types de solutions. La standard permet au client internaute de « faire son shopping » et de procéder au paiement sans l’intervention du e-commerçant ; le système « Money Request » permet au « e-commerçant » de se connecter sur le page web de la MCB pour créer une facture électronique avec les détails de la transaction (le montant, la référence, le nom du client), un lien électronique est alors généré et envoyé au client via e-mail. Ce dernier accède au paiement en cliquant sur le lien. Ce dispositif permet ainsi au « e-commerçant » de proposer des packages et différents prix en fonction de la nature des biens ou services souhaités par le client. La troisième solution est le « Recurring Billing », plus adapté aux sites proposant des abonne ments et où le paiement se fait régulière ment et pour un montant fixe. Le « Virtual POS », quatrième solution, est un TPE (terminal de paiement électronique) virtuel. Le commerçant n’a pas besoin d’un TPE conventionnel et peut accepter des paiements par carte de crédit à travers un ordinateur ou une tablette ayant accès à l’Internet.

Bank One confirme que ce sont principalement des entreprises impliquées dans les exportations de biens et de services qui font appel à ses services. « Pour résoudre les problèmes de distance, de fuseaux horaires et de différence de monnaie, nous proposons un magasin virtuel accessible et disponible immédiatement à travers Internet », souligne le CEO Raj Dussoye. Cette banque propose également une plateforme de paiement électronique robuste, conviviale et sécurisée via une page de paiement SSL 128 bits (protocole de sécurisation des échanges sur Internet - Ndlr) et flexible (les entreprises peuvent s'y connecter en moins de 24 heures).
" nous proposons un magasin virtuel accessible et disponible immédiatement à travers Internet »

Les craintes liées à la sécurité

Le principal frein au e-commerce reste la question de la sécurité. Bank One, qui discute d'un partenariat avec MasterCard et China Union Pay, a mis en place le module « Verified by Visa » sur toutes ses cartes de crédit et les cartes prépayées afin d'apporter une plus grande sécurité à ses clients. Par le biais de « Verified by Visa », chaque client doit obligatoirement entrer un code confidentiel qui permet d’authentifier une transaction.

La MCB utilise la plateforme de paiement de Mastercard, conforme aux normes PCI (standard de sécurité pour les données bancaires - Ndlr). Les données des cartes sont encryptées car la page de paiement est certifiée SSL. De plus, les commerçants sont invités à adhérer au système 3-D Secure (protocole sécurisé de paiement sur Internet développé par Visa et Mastercard) afin de limiter les risques de fraude et de contestation. Ce système est également utilisé par la SBM. Son offre e-commerce consiste en une plateforme transactionnelle fiable et sécurisée qui permet aux entreprises utilisant le paiement en ligne de bénéficier d'un système à moindre coût pour autoriser, régler et gérer les paiements par carte de crédit via Internet.

Jairaj Sonoo, directeur général des services bancaires (îles de l'océan Indien) à la SBM, indique que « les transactions de commerce électronique passent également par le service Verified by Visa ou MasterCard SecureCode ». Le système de paiement est sécurisé pour que les entreprises utilisent les systèmes d’AVS (système de vérification d’adresse) et la ReD (détection des fraudes). Ces systèmes effectuent des vérifications sur chaque transaction avant qu'elle ne soit acceptée.

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