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Maurice

Le fonds Amethis Finance monte à 24,9 % dans Ciel Finance

19 aoû 2015 | PAR Alain Foulon | N°300
Marc-Emmanuel Vives, CEO de CIEL Finance depuis septembre 2014, a poursuivi sa carrière à la Société Générale, opérant beaucoup à l'international, avant d'opter pour ce nouveau challenge. - DR
Cette nouvelle participation avait été annoncée le 26 février lorsque le fonds luxembourgeois était entré à hauteur de 17,1%. En phase avec la stratégie de développement de la branche financière du groupe mauricien qui, déjà présente à Madagascar, vise le continent africain.


Le scandale de la Bramer Bank, qui a éclaboussé le secteur financier mauricien, n’a pas émoussé l’intérêt d’Amethis Finance pour CIEL Finance et sa stratégie de développement africaine. Cela ne pourra que rassurer les professionnels car Amethis Finance n’est pas le premier venu. Le fonds a été créé par deux anciens dirigeants de Proparco (bras armé de l’AFD), Luc Rigouzzo et Laurent Demey. Ils ont d’abord créé Amethis Advisory en 2011 en partenariat avec la Compagnie Benjamin de Rothschild (CBR). Puis, en décembre 2012, c’est le lancement du fonds Amethis Finance au Luxembourg et une première levée de 134 millions d’euros. Aujourd’hui, ce « fonds d’investissement responsable dédié exclusivement à l’Afrique » est arrivé à un « closing final » de 530 millions de dollars.
En effet, Amethis a su attirer pas moins de 55 investisseurs dont 90 % sont des privés, basés en Europe et aux États-Unis. 

UNE GROSSE POINTURE POUR CONDUIRE LE DÉVELOPPEMENT

Le CEO de CIEL Finance depuis septembre 2014, Marc-Emmanuel Vives, lui non plus n’est pas le premier venu. Licencié en histoire de la Sorbonne et diplômé d’HEC (promotion 1983), il a effectué jusqu’alors sa carrière au sein de la Société Générale avec des postes importants à l’international. Avant d’accepter l’offre du groupe CIEL et de s’installer à Maurice, il dirigeait depuis deux ans la Société Générale India. Il a eu l’occasion également de travailler neuf ans en Argentine et sept ans en Russie. « Je ne cherchais pas spécialement à bouger, j’étais bien. Mais les grands groupes ont tendance à se scléroser et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils manquent souvent de plan de développement. Surtout depuis la crise financière de 2008 où la priorité a été de professionnaliser le métier et d’éviter les dysfonctionnements. »
Diriger CIEL Finance représente pour lui un passionnant challenge, puisque tout reste à faire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie. Marc-Emmanuel Vives a la charge d’une grande variété d’activités :

  • Bank One, banque mauricienne issue d’un joint-venture avec le kenyan I&M et qui opère aussi bien sur le marché domestique qu’à l’international ;
  • IPRO, spécialisé dans la gestion de fonds communs et présent à Maurice et au Botswana ;
  • MITCO, opérant dans les services fiduciaires ;
  • Les deux fonds Kibo dans le « Private Equity ». Kibo I gère 30 millions d’euros et Kibo II devrait passer de 50 à 80 millions de dollars d’ici à la fin de l’année ;
  • BNI, troisième banque malgache dont les 51% détenus par le Crédit Agricole ont été rachetés par IOFHL (Indian Ocean Financial Holding Limited) qui associe le groupe mauricien à 60 % et le groupe malgache Hiridjee à 40 %.

Après le rachat des 2 % détenus par la Banque de la Réunion, IOFHL détient désormais 53 % du capital de BNI, le reste étant détenu par l’État malgache (32,58 %), la Société financière internationale (SFI), du groupe Banque mondiale (10 %) et des petits porteurs malgaches (4,42 %). 

LA RECONQUÊTE DU MARCHÉ MALGACHE

Marc-Emmanuel Vives a constaté l’étonnante résilience du secteur bancaire malgache et le fort potentiel du pays même si « on ne voit pas l’économie décoller ». La BNI se révèle très rentable (près de 11 millions d’euros de bénéfice net en 2013), nettement plus que Bank One à Maurice. « Très présente sur le marché, cette banque offre un réel potentiel de développement et de reconquête car elle se trouvait dans un certain attentisme suite à la décision du Crédit Agricole de la céder », explique le CEO de CIEL Finance. Ce dernier a concocté un plan stratégique de trois ans (2015-2017) qui devrait conduire à doubler le nombre d’agences, à développer le marché du « Mobile Money » avec des opérateurs de téléphonie mobile et à s’intéresser aussi, en complément, à la micro-finance car moins de 5 % de la population malgache est bancarisée. Fort de son expérience indienne, Marc-Emmanuel Vives pense même à  une banque alternative low-cost. À noter d’ailleurs que BNI est déjà actionnaire à 15 % de SIPEM, un acteur de la micro-finance à Madagascar.  
À Maurice, le marché se révèle nettement déséquilibré en faveur de deux gros acteurs – MCB et State Bank – et le patron de CIEL Finance reconnaît qu’il n’est pas facile d’y prendre des parts. « Mais il y a des choses à faire… Et nous avons aussi à conduire le développement de Bank One à l’international. Actuellement, l’activité se partage entre l’international et le domestique ; à terme, l’international devrait plutôt occuper les deux tiers de l’activité. »
Là encore, un plan stratégique a été élaboré sur trois ans. Décidément, Marc-Emmanuel Vives ne pourra profiter que modérément des plages mauriciennes. 

 

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