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Réunion

Le grand port maritime joue vraiment dans la cour des grands

1 nov 2018 | PAR Ignace de Witte | N°334
Avec près de 1 000 conteneurs traités par jour, en moyenne, c’est le quatrième port français. Il ambitionne de ravir la troisième place à Dunkerque. Mais ça ne sera pas si facile car le port du Nord de la France réalise actuellement de gros investissements.

C’est l’activité transbordement de CMA CGM, débutée en 2016, qui porte l’essentiel de la progression du nombre de conteneurs qui passent par le grand port maritime de La Réunion, mais pas uniquement. Il y a l’augmentation globale des importations, en raison de l’évolution démographique et de la croissance du PIB, et il y a également la tendance à l’usage de plus en plus systématique des boîtes. Par exemple, on exporte maintenant de plus en plus de sucre par porte-conteneurs plutôt que par vraquier. Même les matériaux de construction arrivent de plus en plus souvent par conteneur (sacs de ciment). On a même vu du carburant routier débarquer par conteneur (Iso-Tank) !
Port Réunion se sent pousser des ailes (ou plutôt des nageoires) mais doit rester vigilant. En effet, rien de plus facile pour un navire d’aller escaler ailleurs. Le risque est de voir les mastodontes de 20 000 EVP qui sont mis sur les grandes lignes maritimes (par exemple Asie-Europe via le canal de Suez) chasser les navires plus petits mais encore énormes (12 000 EVP) sur les lignes secondaires comme l’océan Indien, où seuls les ports ayant une profondeur de bassin suffisante pourront les accueillir. Pour rappel, on considère qu’un « port en eau profonde » a une profondeur de 16,50 mètres, autorisant des navires de 15,50 mètres de tirant d’eau. C’est 1 mètre de plus que Port Réunion actuellement, alors que Port-Louis offre déjà cette profondeur utile. Signalons au passage que Maurice est devant La Réunion avec 379 371 EVP opérés en 2017. 

Dunkerque fait de la résistance

Dans l’ensemble, l’efficacité de Port Réunion est jugée bonne, sa productivité un peu moins car les salaires réunionnais sont plus élevés que ceux de Maurice (et encore plus que ceux de Madagascar). Mais si le coût salarial était la seule donnée, les ports malgaches de Toamasina (Tamatave) et Ehoala (Fort-Dauphin) ne seraient-il pas depuis longtemps les « hubs » de l’océan Indien ?
Depuis quelque temps dans le viseur de Port Réunion, Dunkerque, actuellement troisième port de France pour le trafic de conteneurs (374 000 EVP), a entrepris de gros travaux (61 millions d’euros) pour devenir un port en eau profonde. Fin 2018, son quai de Flandre présentera un linéaire total de 1 800 mètres et, après le dragage de 4 millions de m3, le bassin pourra accueillir des navires avec un tirant d’eau de 16,5 mètres à toutes conditions de marée. Un portique supplémentaire doit également arriver, pour opérer deux porte-conteneurs géants simultanément.
De son côté, Port Réunion mène une réflexion sur la date à laquelle il faudra procéder à un nouveau dragage du Port-Est… mais aucun calendrier n’est défini. Des travaux sont bel et bien programmés, mais ils ne concernent que l’amélioration de la circulation sur les quais, les prises frigorifiques et le contrôle phytosanitaire. Ces travaux vont s’étaler sur trois ans et sont estimés à 16 millions d’euros.

Un index pour l’environnement
Le grand port maritime de La Réunion a décidé d’adhérer à la démarche ESI (Environment Ship Index) qui réunit une cinquantaine de ports dans le monde. Un indice de 0 à 100 est attribué aux navires en fonction de leurs émissions de gaz polluants et les navires dont l’indice est égal ou supérieur à 31 bénéficient d’une réduction de leurs frais d’escale pouvant aller jusqu’à 10 %. CMA CGM, Crystal Cruises, Höegh Autoliners, Maersk Line et Louis Dreyfus Armateurs sont les premières sociétés signataires de la charte. Port Réunion a annoncé qu’il décernera des trophées à partir de 2019 aux compagnies ayant comptabilisé le plus d’escales vertes
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