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Maurice

Le groupe mauricien Currimjee monte à 100% dans Emtel

17 juil 2014 | PAR La rédaction
Bashir Currimjee (à gauche), le président du conseil d'administration de Currimjee Jeewanjee, et Arthur Bastings, vice-président exécutif Africa de Millicom. - DR
Un événement historique dans le secteur des télécommunications où le pionnier de la téléphonie mobile, Emtel, était depuis sa création en 1989 un joint-venture entre ce groupe mauricien et le Suédois Millicom International Cellular (MIC).

Il s’en est fallu de peu qu’Emtel fasse coïncider ce rachat avec la célébration en grandes pompes de ses 25 ans le 29 mai dernier. Mais sans doute les négociations n’étaient-elles pas encore achevées. Il s’agit en effet d’une opération importante puisque la téléphonie mobile demeure un secteur très rémunérateur et qu’Emtel occupe environ un tiers du marché. Difficile d’évaluer sa position avec certitude car l’opérateur se montre discret sur son chiffre d’affaires qui, en 2011, se montait à quelque 60 millions d’euros. Le montant de la transaction pour le rachat des 50% détenus par le Suédois Millicom Internationl n’a pas été dévoilé, mais, compte tenu des marges réalisées dans le secteur, on peut le situer dans une fourchette de 40 à 60 millions d’euros. Le rachat devrait d’ailleurs se réaliser en plusieurs étapes et reste soumis à l’accord des autorités mauriciennes.
Il ne s’agit pas d’un divorce puisque l’association entre les deux partenaires s’est toujours déroulée dans de bonnes conditions, Emtel profitant de l’apport technologique de Millicom et ce dernier de la connaissance du marché mauricien du groupe Currimjee. Il s’avère simplement que l’opérateur suédois a besoin de liquidités pour assurer son développement en Amérique latine et en Afrique. Et la collaboration sera maintenue à travers un « Business Support Agreement ».
C’est en 1986 que Bashir Currimjee, dirigeant du groupe éponyme, avait entendu parler de Millicom, un pionnier dans la téléphonie mobile qui commençait à peine à émerger en Europe. Les deux parties ont trouvé assez vite un terrain d’entente et, début 1987, Emtel déposait une demande de permis d’opération qui, trois mois plus tard, recevait un avis favorable des autorités mauriciennes. Emtel devenait ainsi le pionnier de la téléphonie mobile à Maurice, mais aussi dans tout l’hémisphère sud, avec une activité qui a démarré en 1989, soit quatre ans avant SRR (filiale de SFR) à La Réunion. Pendant longtemps, en parlant de leur téléphone mobile, les Mauriciens parlaient de « leur emtel ».
« Le pari était très risqué à l’époque, explique Bashir Currimjee et l’on pensait avoir deux ou trois mille clients, bien loin d’imaginer le taux de pénétration de 100% qu’on atteint aujourd’hui. Nous avons commencé avec un technologie analogue très basique, puis les progrès techniques ont été fulgurants avec le GSM, la 3G et la 4G. »
Pour la petite histoire, il faut savoir qu’Abdéali Goulamaly, patron du groupe réunionnais Mauvilac (aujourd’hui Océinde) était associé à l’aventure et donc que Currimjee s’intéressait aussi au marché de La Réunion. Une mésentente a fait que le Réunionnais s’est tourné vers SFR et que le Mauricien s’est limité à son propre marché.  




 

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