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Le Japon promeut ses produits en marge de la TICAD

24 oct 2016 | PAR Jean-Michel Durand | N°313
En exposant ses produits à Nairobi, en marge de la sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, le Japon a montré la grande diversité de ses savoir-faire. TICAD VI Nairobi
La JETRO (Japan External Trade Organization) a organisé, les 27 et 28 août, la plus grande foire de produits nippons en Afrique. Ses représentants en Côte d'Ivoire et au Maroc précisent les stratégies et les attentes des entreprises japonaises et surtout leur plus-value.


L'Eco austral : Contrairement aux éditions précédentes, les questions économiques sont un volet important de cette TICAD (Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique) avec la présence de 80 patrons japonais représentant plus d'une centaine d'entreprises. Quels sont les secteurs économiques clés que vous avez identifiés ? 

Yamada Naonori, directeur général de la JETRO en Côte d'Ivoire : Auparavant, l'éventail des secteurs et services que proposaient nos entreprises était concentré dans les infrastructures et le secteur automobile. Aujourd'hui, nous sommes dans le médical, les marchés de consommation et en particulier l'agroalimentaire. Mais il y a aussi les secteurs de l'énergie renouvelable (panneaux solaires) et de l'amélioration de la qualité de vie (comme le secteur de l'eau). Et nous voulons appuyer l'industrialisation de l'Afrique avec, par exemple, la mécanisation du secteur agricole. Mais le plus important, c'est surtout de transformer sur place les produits locaux. Pour cela, la JETRO réalise des études de marché même s’il est parfois difficile d’obtenir des informations précises. Nous incitons nos entreprises à lier des partenariats public-privé (PPP) avec leurs homologues et les autorités africaines.
 

Yamada Naonori, directeur général de la JETRO (Japan External Trade Organization) en Côte d'Ivoire : « Nous misons sur la haute qualité de notre production. » Jean-Michel Durand
Yamada Naonori, directeur général de la JETRO (Japan External Trade Organization) en Côte d'Ivoire : « Nous misons sur la haute qualité de notre production. » Jean-Michel Durand
 



Daisuke Mizuno, directeur général de la JETRO au Maroc : Au Maroc, la JETRO cherche à développer l'aquaculture et le secteur de la mer en général. La culture de l'agar-agar (produit gélifiant naturel – Ndlr) a un fort potentiel dans l’alimentation et dans la biologie moléculaire.

Quelles sont les plus-values des services et produits des entreprises japonaises par rapport à votre grand rival, la Chine ?  

Daisuke Mizuno : Cela se résume en un mot : la qualité. L'une des grandes forces de notre proposition est le transfert de technologie et la formation avec notamment la mise en place du « kaizen », une méthode de gestion de la qualité, dans nos entreprises installées en Afrique. Sur ce point, nous nous appuyons sur l'Agence de coopération internationale du Japon (JICA) qui est chargée de coordonner l'aide publique. 

Yamada Naonori : La vente des marchandises est bien-sûr fondamentale, mais elle va de pair avec la formation. Par exemple, Toyota, et son partenaire CFAO, gère au Cameroun un centre de formation d'ingénieurs pour le secteur automobile. 
 

Daisuke Mizuno, directeur général de la JETRO (Japan External Trade Organization) au Maroc : « Les Japonais sont prudents, trop peut-être, ce qui impacte la prise de décision. Mais si une entreprise envisage de s’installer dans un État africain, c’est en général pour du moyen ou long terme. » Jean-Michel Durand
Daisuke Mizuno, directeur général de la JETRO (Japan External Trade Organization) au Maroc : « Les Japonais sont prudents, trop peut-être, ce qui impacte la prise de décision. Mais si une entreprise envisage de s’installer dans un État africain, c’est en général pour du moyen ou long terme. » Jean-Michel Durand
 



Daisuke Mizuno : Au Maroc, le secteur automobile est sans nul doute devenu un moteur de l’économie locale. Avec une croissance de plus de 20% en 2015, il a réalisé plus de 5 milliards d’euros à l’export. Cette croissance s'explique entre autres par la montée en puissance de l’usine du groupe franco-japonais Renault/Nissan à Tanger...
Nous devons reconnaître que les Japonais sont prudents, trop peut-être, ce qui impacte la prise de décision. Mais si une entreprise décide de s'installer dans un État africain, c’est en général pour du moyen ou long terme. 

Comme le Japon, Maurice a les yeux fixés sur le marché africain. Comment peut-elle s’inspirer de votre expérience ?  

Yamada Naonori : Le Japon est dépourvu de matières premières, il fait face depuis près de vingt ans à une situation de déflation rampante. Notre population vieillit et nos coûts de production sont trop élevés. Quant à notre dette, elle pourrait atteindre 247% du PIB en 2016, selon le FMI. Bref, la situation peut sembler difficile. Pourtant, nos fondamentaux restent bons. Et comme Maurice, nous sommes condamnés à exporter pour pouvoir faire tourner notre économie. Mais aujourd'hui, mon pays cherche aussi à s'implanter en Afrique pour mieux répondre aux besoins des populations locales. 687 entreprises nipponnes y sont déjà déjà présentes dans différents domaines. Honda a ouvert au Kenya sa plus grande usine d'assemblage de motos en Afrique. 
La Chine est indubitablement très présente sur ce continent, mais notre proposition est différente. Encore une fois, nous misons sur la haute qualité de notre production qui doit néanmoins répondre au pouvoir d'achat local. Panasonic envisage ainsi de développer des smartphones spécialement pensés pour les pays africains. L’adaptation aux réalités locales est fondamentale pour nous.

LA JETRO DANS LE DÉTAIL

Créée en 1958, l'organisation japonaise du commerce extérieur a pour mission de promouvoir les investissements étrangers au Japon, de développer la coopération économique et industrielle, d'encourager les échanges technologiques, industriels et commerciaux, de diffuser des informations économiques et de réaliser des études de marché. Cette agence administrative à but non-lucratif travaille en étroite collaboration avec le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI), mais également avec l'Agence de coopération internationale du Japon (JICA) qui est chargée de coordonner l'aide publique au développement. Basée à Tokyo, la JETRO compte 76 bureaux à l’étranger dont sept en Afrique (Côte d'ivoire, Egypte, Ethiopie, Kenya, Maroc, Nigeria et Afrique du Sud).

 

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