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Maurice

Le néo-colonialisme, plus insidieux et plus efficace que le colonialisme

15 nov 2021 | PAR Alain Foulon | N°363
Alain Foulon, Directeur de la rédaction

Suite à mon dernier éditorial sur la décision, inquiétante, de l’Australie de se nucléariser en faisant l’acquisition de sous-marins américains, un lecteur me fait une remarque pleine de bon sens : « Imaginons que la Chine ait vendu des sous-marins nucléaires à l’Iran, qu’est-ce qu’on n’aurait pas entendu ! » Et oui, l’Australie, dont les dirigeants se mettent aujourd’hui à genou devant les aborigènes pour se repentir de leur massacre méthodique, inspire une certaine sympathie à ceux qui aiment les contorsions schizophréniques. Et bien que l’Iran soit l’héritière d’une grande civilisation, avec l’Empire perse qui remonte à 25 siècles, elle a moins la cote que ce « pays de bagnards » dont l’économie, au demeurant, dépend beaucoup de la Chine. Là encore, on frise la schizophrénie, à laquelle s’ajoute une bonne dose de paranoïa. Un cocktail qui caractérise notre époque, comme l’a montré la crise sanitaire qui nous a fait arrêter de vivre par peur de mourir. 

La recette du bonheur 

Retrouverons-nous un jour l’insouciance que nous avons connue ? Allons-nous nous relever à la façon d’un boxeur qui a été mis au tapis et veut éviter le KO ? Sans doute car, tôt ou tard, la vie reprend le dessus. La vraie vie, celle qui n’ignore pas la mort, qui accepte de la prendre en compte sans pour autant céder à l’angoisse. Tout le contraire de nos sociétés actuelles, du moins celles qui se sont converties au matérialisme et à l’individualisme et poussent le principe de précaution dans ses extrêmes. Elles ont trouvé la recette du bonheur : avoir la plus grosse et la plus belle des voitures et le dernier et plus cher des smartphones. Et pour cela, il ne faut surtout pas faire trop d’enfants ! La recette s’exporte aux quatre coins de la planète. Un néocolonialisme à côté duquel la colonisation et son épopée passent pour des mièvreries. Même les Chinois n’y échappent pas. William Gerlach rappelle dans ce numéro (page 76) qu’Apple compte deux fois plus d’utilisateurs de son iPhone en Chine qu’aux États-Unis. C’est le génie américain ! Conquérir le monde avec Coca Cola, Hollywood et Apple ! 

L’ONU au banc des accusés 

Et cela va beaucoup plus loin qu’un simple consumérisme, comme le montre Marguerite A. Peeters, auteur de 300 dossiers détaillés sur les normes, le langage, l’éthique et les stratégies des institutions internationales... Elle constate « l’imposition agressive et efficace de normes politiques et culturelles inspirées de la révolution sexuelle occidentale aux pays en voie de développement ». Pour elle, l’ONU, qui était un acteur clé de la décolonisation depuis son origine, s’est transformée au fil des dernières décennies en « centre névralgique d’un puissant mouvement néo-colonisateur ». Bernard Lugan, montre bien d’ailleurs, dans les articles qu’il publie chaque mois dans notre magazine, que l’éthno-mathématique de la démocratie occidentale imposée à l’Afrique est à l’origine de la plupart des coups d’État et des guerres civiles qui sévissent sur le continent. Pour en revenir à Marguerite A. Peeters, elle montre clairement qu’à la fin de la guerre froide, « l’ONU a transformé les objectifs de la révolution culturelle d’Occident en normes politiques et culturelles mondiales. De 1990 à 1996, l’ONU a organisé neuf grandes conférences internationales au cours desquelles les nouvelles « normes » furent adoptées. Elles portent des noms bien connus : santé et droits sexuels et reproductifs (ou génésiques), perspective du genre, déconstruction des stéréotypes (féminin, masculin, maternel, paternel, familial…),promotion d’un « nouveau paradigme » de la famille (« familles sous toutes ses formes » ou « diversité des familles ») etc. » 

Gouvernance mondiale 

L’ingérence de l’ONU, qui se présente de plus en plus comme une organisation, non plus internationale, mais mondiale, remet en cause la souveraineté des États et le principe de subsidiarité. Une colonisation culturelle qui, avec le consumérisme, forment ce qu’on peut appeler le néo-colonialisme. Un néo-colonialisme qui a tiré profit de la pandémie de covid-19 pour justifier une approche mondialiste des problèmes avec le rôle ambigu de l’OMS. Une Organisation mondiale de la santé dont la Fondation Bill et Melinda Gates est devenue le deuxième plus gros contributeur. Pour notre plus grand bien, évidemment ! Mais il faut parfois se méfier de ceux qui nous veulent du bien ! Non pas qu’ils soient forcément malveillants, mais leur certitude peut les conduire à vouloir faire notre bien contre notre propre volonté. Les religions du « paradis sur terre » se révèlent particulièrement dangereuses.

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