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Madagascar

Le pays veut combler son retard en matière de cybersécurité

Madagascar a accueilli le 23 octobre 2018 un colloque régional portant sur les aspects éthiques et juridiques de la cybersécurité et de la protection des données. AUF
Devant l’importance que prend l’économie numérique, la Grande Île s’efforce de limiter les risques en mettant en place un cadre juridique et des formations adaptées. Elle participe au projet « Cybersécurité dans l’océan Indien » (Cysoi) développé par la branche régionale de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF).

« Les données sont aujourd’hui considérées comme le pétrole brut de l’économie numérique », assène le professeur Marcel Moritz, l’un des deux experts de l’Université de Lille venus animer, le 23 octobre à Tananarive, un colloque organisé par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) zone océan Indien, l’Autorité de régulation des technologies de la communication (Artec) et la Coopération franco-malgache. Problème : ces données sont parfois constituées de façon illégale et sans réelle protection. À Madagascar, par exemple, bien que l'expansion des infrastructures et le taux de pénétration de l’Internet (7 %) soient encore faibles, les cyberattaques causent énormément de dégâts. Elles prennent plusieurs formes comme l’usurpation d’identité, l’effacement et le piratage des données. 
Pour y faire face, le pays a commencé à donner la priorité à la sécurité Internet en 2014 en promulguant un certain nombre de lois relatives à la signature électronique, les transactions électroniques, la protection des données à caractères personnel, la lutte contre la cybercriminalité avec des lois fixant les principes relatifs à la dématérialisation des procédures administratives. 

Une approche régionale 

La prochaine étape portera sur la mise à jour des textes sur les télécommunications et les lois connexes, la ratification des conventions jugées utiles pour le pays ainsi que l’élaboration d’une politique nationale et d’un cadre légal sur la cybersécurité. On attend aussi la mise en place de la Computer Incident Response Team nationale pour la coordination des défenses contre les attaques. Elle est composée  de plusieurs équipes multidisciplinaires dont des universitaires, magistrats, techniciens informatiques, représentants du secteur bancaire, de la défense nationale et de la police judiciaire.
En parallèle, la priorité absolue est donnée à la formation des personnes. Avec le numérique, les métiers ont changé et la capacité à créer des emplois et à former les personnes susceptibles de pérenniser ce nouveau modèle économique est importante. Selon Marcel Moritz, il faut « dépasser la multidisciplinarité et arriver à une transdisciplinarité car tout est complètement lié ». La formation de personnes qui auront un double profil en informatique et en droit est par exemple indispensable pour pouvoir répondre au métier de Data Protection Officer, un des profils les plus recherchés par les entreprises. La mise en place de ce type de formation mixte est possible de manière parfois plus souple à Madagascar. Le pays a d’ailleurs la possibilité de tirer profit des expériences internationales et notamment européennes, d’après l’universitaire lillois.
Dans cette optique, La Grande Île s’est mise au diapason régional en matière de développement progressif des offres de formation en cybersécurité et protection des données. Elle a pris part au projet Cyber-sécurité dans l’océan Indien (Cysoi) de la branche régionale de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). L’initiative répond à une demande académique et économique régionale en matière de sensibilisation dans le domaine.L’AUF travaille avec les universités d’Antananarivo et Fianarantsoa pour organiser de nouvelles formations destinées aux étudiants en licence informatique , mais également aux professionnels en activité. À terme, on devrait aboutir à un guide universitaire régional commun et au renforcement des compétences des personnels en activité sur les volets technique et juridique. 

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