Green

Réunion

« Le plastique est socialement responsable »

10 fév 2022 | PAR Hervé Chossat | N°365
Muryel Leblanc, directrice de Bourbon Plastiques Emballage (BPE), et Aurélien Ourgaud, responsable QHS (qualité, hygiène, sécurité). Photo : Guillaume Foulon
Face à un « plastic bashing » très actif, Muryel Leblanc, directrice de Bourbon Plastiques Emballage (BPE) a décidé de remettre quelques pendules écologiques à l’heure.

Depuis un an, Muryel Leblanc a rejoint son père Jean-Claude à la tête de Bourbon Plastiques Emballage (BPE) à Bras-Panon. À elle l’exploitation de BPE, à lui le développement. Et les projets ne manquent pas avec quatre dossiers en cours dans le cadre du plan de relance. 
Extrusion pour fabriquer des films et des gaines, impression sur les emballages, soudure pour les sacs, soufflage de flacons ou régénération et recyclage des produits, on utilise ici des techniques douces, sans eau, avec peu d’énergie et des déchets industriels faibles. 
« La responsabilité sociale de l’entreprise, on en fait depuis toujours, sans se poser de questions.Maintenant on la formalise », résume Muryel Leblanc. Et de poursuivre : « En 1968, on a commencé à emballer du riz, des grains, du café. Par extension, on a emballé de la viande, du poisson…. Aujourd’hui, on emballe même du gravier. On limite l’impact, on diminue les coûts en limitant les pertes pendant le transport. Notre obsession, c’est de trouver le bon produit pour la bonne fonction. » Par exemple, les sacs-poubelle incorporant 60 % de matière régénérée ou encore le célèbre sac Zoiseau lancé il y a vingt ans et qui peut être recyclé vingt fois, sans oublier le film de paillage biodégradable pour le maraîchage. Cette innovation à base de plastiques végétaux issus de maïs a nécessité cinq années de R&D. 
« Les consommateurs n’achètent pas un emballage mais un produit emballé. Nous travaillons avec les concepteurs sur la réduction à la source, le caractère réutilisable et sa valorisation par le recyclage, la valorisation énergétique, le compostage ou la bio dégradation. » 
Pour Muryel Leblanc, il s’agit de défendre le modèle de l’économie circulaire : « Un produit A n’est pas que le produit A ou un déchet, mais c’est aussi un produit B, C, D. Il faut de la bonne volonté et de bons ingénieurs pour trouver le juste emballage. »
Et de poursuivre : « Les déchets, c’est un vrai sujet. La fabrication et l’importation en est un autre. Ils ne se règlent pas de la même façon ni en même temps et il ne faut pas se tromper de cible. » 
Depuis 2016, BPE est engagée dans Clean Sweep, programme mondial de RSE sur la base du volontariat. Mais chacun doit agir à son niveau, estime la dirigeante de BPE : « J’appelle à une action collective forte sur les déchets abandonnés, avec de la communication, de l’éducation. Nous, on aide des ONG environnementales, on agit autant que possible à la source, avec Fourmize on fait du recyclage mécanique. À La Réunion, il y a 9 déchets exportés pour un déchet recyclé localement. La deuxième source d’export de l’île, ce sont les déchets. Il faut en faire davantage une ressource, et de la valorisation énergétique dans les unités en projet. Dans ce domaine,on a 10 à 20 ans de retard. »

Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Réunion

« Le plastique est socialement responsable »

Depuis un an, Muryel Leblanc a rejoint son père Jean-Claude à la tête de Bourbon Plastiques Emballage (BPE) à Bras-Panon. À elle l’exploitation de BPE, à lui le développement. Et les projets ne manquent pas avec quatre dossiers en cours dans le cadre du plan de relance.  Extrusion pour fabriquer des films et des gaines, impression sur les emballages, soudure pour les sacs, so...