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Madagascar

Le secteur de la formation a besoin de faire sa révolution

17 fév 2014 | PAR La rédaction | N°283
Formation professionnelle assurée à Ambatovy par le groupe minier Sherritt International. Il n’existe pas d’organisme paritaire collecteur comme à La Réunion et à Maurice. Les grandes entreprises doivent s’organiser alors que les petites n’ont bien souvent pas les moyens. - DR
L’enseignement supérieur a connu une forte croissance et l’on trouve désormais des Bac+5 au chômage, signe d’une manque d’adéquation avec le monde du travail et d’une baisse du niveau. Quant à la formation continue, elle n’est pas encore structurée.
 

Malgré les crises, le nombre d’étudiants en première année d’enseignement supérieur a presque triplé durant dix ans, passant de 10 296 en 2003 à 27 655 en 2012.
Les établissements privés en ont profité et leur nombre a plus que doublé, atteignant les 147. Les universités publiques restent les établissements les plus prisés par les étudiants pour leur gratuité et l’accès à des allocations boursières allant de 6,67 euros par mois en première année à 13,37 euros par mois au-delà de la quatrième année, sachant que les frais annuels d’inscription s’élèvent à 17 euros.
Le privé représente néanmoins une alternative au public parfois saturé et subissant des grèves récurrentes. Réunies au sein de deux associations - l’AEESPHM (Association des établissements d’enseignement supérieur privés homologués de Madagascar) et l’AEFPSA (Association des établissements de formation professionnelle supérieure agréés), les institutions privées se concentrent à plus de 90% dans la capitale et proposent un grand nombre de filières avec une dominante en management, gestion, informatique et paramédical. Leurs prix varient beaucoup selon le niveau d’étude, la qualité de la formation et la réputation de l’établissement. La moyenne se situe à 330 euros annuels dans un établissement de notoriété, mais l’entrée en première année dans un petit institut peut revenir à 67 euros le semestre ou l’année. À partir du master, les frais varient de 450 à plus de 660 euros par an.

L’enseignement supérieur public est freiné par le manque d’infrastructures, de moyens humains, financiers et techniques. Les universités datent de la IIe République, le personnel enseignant est vieillissant et le budget de l’État alloué au secteur demeure faible. Dans le privé, certains établissements se sont créés plus pour engranger des bénéfices que pour proposer une pédagogie de qualité. Sur les 147 établissements recensés par le ministère, peu répondent aux normes internationales. Les entreprises se plaignent d’une baisse générale du niveau des jeunes issus de l’enseignement supérieur.
L’absence de concertation, de relations de coopération et de partenariats entre les institutions d’enseignement supérieur et les entreprises constitue par ailleurs un réel obstacle à l’efficience du secteur et favorise l’inadéquation entre formation et emploi.

MANQUE DE CADRE LÉGAL POUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE CONTINUE

La formation professionnelle continue se révèle moins dynamique que l’enseignement supérieur même si l’on recense une multitude d’acteurs. Trente-cinq centres publics, mais aussi des établissements supérieurs privés pour les formations de longue durée, des centres de formations à distance, des organismes consulaires, comme la CCI de Tananarive, des cabinets d’études et de conseils, des associations et des prestataires individuels.
Peu d’entreprises et de salariés y ont recours faute de budget car il n’existe pas d’organisme paritaire collecteur dans le pays, celui créé par le Groupement des entreprises franches et partenaires en 2006 ayant cessé de fonctionner. Les grandes entreprises font parfois appel à des formateurs de l’extérieur, surtout celles qui sont tournées vers l’international et doivent satisfaire à des normes rigoureuses. Des partenariats entre les groupements professionnels et les bailleurs de fonds permettent de financer certaines formations. La normalisation de la vie politique devrait faciliter cette coopération.
Mais il est aussi important de donner un cadre légal au secteur et de le structurer, à l’instar de ce qui se fait à La Réunion et à Maurice.

ISCAM : L’EXCEPTION

Cette école de commerce détonne dans le paysage malgache de l’enseignement supérieur.
Elle vient d’obtenir la 10e place dans le classement du magazine Jeune Afrique relatif aux « business schools » d’Afrique francophone. Le classement se fait selon les critères d’ouverture au monde, de liens avec les entreprises, d’obtention de labels de qualité et de perspectives de carrière pour les étudiants. L’ISCAM, qui assure aussi de la formation continue, propose quatre options : marketing-communication, finance-comptabilité, ressources humaines et commerce international.
Depuis vingt ans, elle a produit quelque 4 000 diplômés et développe des partenariats avec six universités et écoles de commerce françaises et marocaines.  
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