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Madagascar

Le secteur privé devra refaire preuve de résilience

25 juin 2020 | PAR Tsirisoa Rakotondravoavy
La crise sanitaire fragilise la situation sociale du pays. Le taux de croissance pour cette année est fixé à 0,8 % contre les 5,5 % initialement prévu. - PRM
Censée être porteuse de solutions face à la situation précaire, la rencontre entre l’État et les opérateurs économiques s’est soldée par une divergence de priorités pouvant être préjudiciable.

La crise sanitaire continue à fragiliser la situation sociale et ralentir l’économie du pays. Le taux de croissance pour cette année est fixé à 0,8 % contre les 5,5 % initialement prévu. 
Et d’après Andrianavalomanana Razafiarison, président du groupement du patronat malgache (Fivmpama), « les chiffres officiels décrivant l’état des lieux de la situation de l’emploi à Madagascar sont loin de refléter la réalité. Ce ne sont pas 10 000 mais une centaine de milliers de travailleurs qui se retrouvent en situation de précarité ». Les trésoreries de la majorité des entreprises sont aussi mises à mal et bon nombre d’entre elles sont au bord de la fermeture. Des mesures économiques ont déjà été prises dès le début de la pandémie comme le report des paiements d’obligations fiscales et des charges patronales en termes de sécurité sociale des employés. Le président du Fivmpama a toutefois avancé qu’« une reprise normale des activités ne serait possible que six mois voire un an après la levée des mesures de confinement ».

Plans multiples

Des solutions plus efficaces pour le court, moyen et le long terme devraient ainsi être mises en place. Cela à d’ailleurs fait l’objet d’une rencontre entre les autorités étatiques et les opérateurs économiques. Et à cet effet, l’État a avancé des solutions dont notamment le plan multisectoriel d’urgence. Il s’agit d’un document présentant trois axes stratégiques portant sur le renforcement de la gouvernance de la lutte contre la pandémie, l’amplification des mesures relatives à la protection sociale et le soutien en vue d’une résilience économique pour une relance efficiente. Le plan se concentre entre autres sur l’appui à l’accès au financement des petites et moyennes entreprises, les mesures fiscales et bancaires atténuant les effets de la pandémie. Il prévoit un nouveau report de l’échéance des obligations fiscales jusqu’à la mi-août et trois lignes de refinancement totalisant plus de 70 millions dollars avec des taux d’intérêts avantageux à moins de 10 %. Par ailleurs, un plan Marshall de 25 millions de dollars, axé sur l’industrialisation à l’échelle nationale et la réalisation de projets d’infrastructures, est aussi prévu. Les secteurs à fort potentiel tel que l’agriculture, le textile, l’agroalimentaire, la transformation de produits halieutiques, les transports seront priorisés.

Écart certain

De l’avis du secteur privé, ces plans sont élaborés et louables mais décalés. « Nous ne sommes pas encore au pic de la crise. Les entreprises subissent un choc sans soutien de l’État. Les pouvoirs publics nous ont présenté des solutions qui ne satisfont qu’une infime partie de nos attentes. Nous trouvons qu’il s’agit plutôt d’un plan de relance alors que nous avons actuellement besoin d’un plan de soutien pour la survie des entreprises », a affirmé Thierry Rajaona, président du Groupement des entreprises de Madagascar. De plus, la Loi de finances rectificative, définissant le budget que l’État mobilise pour appuyer les entreprises, a été bouclée sans consultation préalable du secteur privé. Et le ministre de l’économie et des finances a clairement indiqué que le gouvernement n’accordera pas de subventions. Un rééchelonnement des obligations fiscales ne peut pourtant pas être considéré comme une alternative sur le long terme selon le secteur privé. Il demande plus d’avantages fiscaux, des aides sociales pour les salariés surtout ceux qui ont perdu leur emploi, la facilitation de l’accès aux prêts bancaires garantis avec un taux d’intérêt de moins de 5 %.
À l’issue des échanges, un écart certain entre les propositions de l’État et les attentes des opérateurs économiques est ainsi constaté. Comme suite aux précédentes crises cycliques que le pays a connues, le secteur privé devra refaire preuve de résilience pour se relever. Il estime toutefois qu’il y a eu une écoute et espère que des améliorations seront apportées aux mesures annoncées. Il est d’ailleurs disposé à poursuivre le dialogue.

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