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Le soleil brille toujours sur le marché automobile

1 aoû 2017 | PAR Philippe Stéphant | N°321
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L’évolution du marché est un peu moins dynamique depuis le début de l’année, mais le renouvellement des flottes professionnelles pourrait s’accélérer, après l’attentisme causé par des échéances électorales.


Un peu moins vive que ces trois dernières années, la progression du marché automobile reste significative au premier semestre. En hausse de 4,4% par rapport au premier semestre 2016 avec 14 578 véhicules immatriculés de janvier à juin. La croissance du marché pendant l’année pleine 2016 a été de 6,7%, mais les professionnels anticipaient une baisse en 2017, en partie parce que le calendrier électoral pouvait retarder les investissements des collectivités, voire des professionnels, dans le renouvellement des parcs automobiles. Le marché est effectivement au-dessous de sa performance de 2016, de janvier à juin, qui culminait à 8%, mais celle-ci s’était réduite au deuxième semestre. La tendance en ce milieu d’année correspond aux prévisions hautes de 29 000 véhicules qui seraient vendus sur 12 mois, avec plus de la moitié du chemin accompli. Le marché reste donc dynamique même s’il recherche un second souffle, à mi-parcours, pour recoller à ses performances remarquables. Non pas celles d’avant la crise, quand il se vendait, en 2008, 32 000 véhicules neufs, mais celles de ces trois dernières années de reprise. 
 

Mini, qui bénéficie désormais d’un showroom de 5 véhicules, a réalisé une progres-sion de plus de 8% de janvier à juin, avec près de 90 immatriculations.
Mini, qui bénéficie désormais d’un showroom de 5 véhicules, a réalisé une progres-sion de plus de 8% de janvier à juin, avec près de 90 immatriculations.   DR
 

L’INFLUENCE DU MARKETING ET DU FINANCEMENT

Ce sont cette fois les ventes de véhicules particuliers qui dopent le marché. Elles sont en progression de près de 5%, contre seulement 2% d’augmentation pour les ventes de véhicules utilitaires. Si les périodes électorales ont freiné le marché, il faudrait donc s’attendre à un rattrapage dans le renouvellement des flottes d’utilitaires des entreprises, des loueurs et des collectivités. Ce qui pourrait rehausser la progression du marché au deuxième semestre, plus près de son niveau des deux dernières années. Sur un marché mature, l’influence du marketing peut se faire sentir par une dynamique évoluant par à-coups. C’est un peu ce qu’on observe cette année, avec une saisonnalité qui semble décalée et des bilans mensuels en dents de scie. « Il y avait, historiquement, deux pics de vente, en mars et en septembre, qui généraient des progressions de 2% à 3%. Aujourd’hui, on assiste à une communication quasi permanente, qui s’est renforcée depuis la fin 2016 par la fréquence de communication des différents acteurs et des offres promotionnelles chaque mois. Le marketing s’intensifie dès le début janvier et à la veille de la rentrée scolaire en août, période de reprise de la consommation », analyse Grégory Legendre, responsable opérationnel de Kolors Automobile. Ces promotions ne sont pas tant de l’ordre du discount, mais plutôt des offres spéciales comme celles que l’on peut consentir sur des formules de location longue durée. Ces formules continuent à progresser en Métropole, auprès des plus jeunes consommateurs, et gagnent du terrain désormais à La Réunion où elles étaient moins populaires. « Cette évolution dans le financement de l’automobile modifie le marché de l’occasion. Le parc de VO (véhicules d’occasion) va devenir plus récent, avec un âge moyen en diminution, car la location longue durée libère des véhicules de 36 mois, avec un kilométrage faible, puisqu’il était limité, et des voitures qui avaient une obligation d’entretien rigoureux », observe Grégory Legendre. On voit donc émerger un nouveau marché secondaire qui pourrait prendre de plus en plus de poids.
 

Part de marché des groupes de la distribution automobile
Parts de marché des groupes de la distribution automobile en 2017
 

LA BASCULE ENTRE LES MOTORISATIONS ESSENCE ET DIESEL

Le mix de motorisation continue aussi d’évoluer. Pour les véhicules particuliers, la motorisation essence s’est hissée de 36,5% des véhicules neufs à 46% au premier semestre, soit 4 471 véhicules sur un total de 9 937 immatriculations. Plus de 900 véhicules de plus qu’à la même période l’an passé. La motorisation diesel a reculé de 14%, à 50,52% du marché VP (véhicule particulier). La bascule est attendue en fin d’année avec une domination inédite du moteur à essence sur le moteur diesel pour les ventes aux particuliers. La motorisation hybride à essence était cependant en régression de près de 15%, avec seulement 324 véhicules immatriculés, sur l’année 2016 cette fois. La motorisation hybride diesel ne s’est vendue, elle, qu’en 4 exemplaires au premier semestre, contre 13 unités l’an passé. Quant au véhicule électrique, il fait un bon de 86%. Avec 67 ventes au premier semestre, il représente maintenant 0,46% du marché automobile. En tout cas, le diesel n’a plus la cote chez les particuliers. Est-ce une conséquence du « Dieselgate » et des fraudes reprochées à des constructeurs sur la mesure d’émissions polluantes ? « C’est peut-être l’impact des orientations gouvernementales ou une prise de conscience environnementale, mais cela provient surtout de l’efficience croissante en matière d’essence. Avec des blocs 3 cylindres de moins d’un litre, performants en consommation et en confort d’utilisation. Alors que le coût final d’utilisation du diesel demeure plus élevé », commente Grégory Legendre. On constate aussi l’amorce d’un regain du véhicule électrique qui va évoluer rapidement avec les progrès techniques et les incitations financières, alors que le diesel est voué à disparaître à moyen terme du marché des particuliers.
 

Hyundai est entré dans le Top 5 des marques à la place de Volkswagen en vendant 157 véhicules supplémentaires de janvier à juin.
Hyundai est entré dans le Top 5 des marques à la place de Volkswagen en vendant 157 véhicules supplémentaires de janvier à juin.  Guillaume Foulon
 
UN MARCHÉ TIRÉ PAR LE PREMIUM ET PAR L’ENTRÉE DE GAMME
En progression de 4,4% de semestre à semestre, soit 614 ventes de plus de janvier à juin que l’année passé, le marché automobile a surtout été tiré par le segment premium et par les entrées de gamme. Les modèles d’entrée de gamme ont progressé de 9% et les modèles premium de près de 6%, alors que les modèles généralistes connaissaient une légère chute de 0,4%. Ce qu’illustre la bonne performance de BMW, dont les ventes ont augmenté de 24% et qui gagne trois places dans le classement des marques, talonnant désormais le leader du segment, Audi. En entrée de gamme, Hyundai confirme cette tendance en évoluant de 22,5%, désormais 5ème marque du marché. Dacia progresse également de près de 19%, détenant la 4ème place. La plus belle surprise venant de Citroën dont les ventes ont augmenté de 23,5%, avec 264 immatriculations supplémentaires, et qui frôle toujours son objectif de s’établir à 10% de parts de marché, s’en tenant à 9,5%. En tête du marché, Peugeot a perdu 4,7% et ne reste leader que d’une trentaine de véhicules devant Renault, qui n’a régressé que de 1%. Enfin, Nissan fait une belle remontée de 9% pour s’établir à 4,5% de parts de marché. Les parts de marchés des groupes de distribution automobile restent stables. Leal Réunion se hisse à 3,5% du marché, avec BMW et Mini, et le groupe CFAO Automotive doit à l’envolée de Citroën et aux bonnes performances de Ford et de Toyota de s’élever à 20% de parts de marché. 
Renault Réunion fait figure de pionnier des véhicules électriques à La Réunion et compte sur sa nouvelle ZOE, plus rassurante avec 300 kilomètres d’autono-mie, pour passer à la vitesse supérieure.
Renault Réunion fait figure de pionnier des véhicules électriques à La Réunion et compte sur sa nouvelle ZOE, plus rassurante avec 300 kilomètres d’autono-mie, pour passer à la vitesse supérieure.  Arnaud Taquet/Prodigious
 

L’AUTOCONSOMMATION FACILITERA L’ESSOR DU VÉHICULE ÉLECTRIQUE
C’est avec le développement des installations photovoltaïques dans le tertiaire industriel que pourront se développer, en premier lieu, des projets de mobilité électrique. Des appels à projets de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) lancés en début d’année sont réservés au tertiaire industriel, de façon à combler un manque d’incitation financière en faveur des entreprises et des solutions d’autoconsommation. Développer le solaire photovoltaïque en autocon-sommation, c’est la possibilité de produire l’énergie en utilisant le surplus pour la recharge de véhicules électriques (VE). Le VE étant lui-même un moyen de stockage lorsqu’il ne roule pas. « D’ici 2020, le coût du stockage devrait beaucoup diminuer, alors que l’autonomie des véhicules électriques va s’accroître, et nous pourrons alors basculer notre flotte en tout électrique », annonçait il y a quelques mois Anthony Lucas, responsable des activités solaires du groupe Albioma à La Réunion. Certains réfléchissent à utiliser l’énergie du réseau en périodes de surproduction. « Le Groupe Dijoux va s’équiper en véhicules électriques, avec des ombrières photovoltaïques, et étudie une solution avec le gestionnaire de réseau pour utiliser l’énergie lorsqu’elle est en surproduction », informe Michel Dijoux, président du groupe éponyme. D’autres entreprises du secteur solaire, comme Gaïa et Solar Trade, ont des projets similaires. « Le véhicule électrique associé au solaire résidentiel ouvre aussi un énorme potentiel de développement », analyse Michel Dijoux. Alors que le développement du VE par consommation de l’électricité du réseau est un peu un non sens, en cela qu’il consomme de l’énergie carbonée, les nouvelles incitations à l’autoconsommation, résidentielle autant que tertiaire, ouvrent la porte à un essor pertinent de la mobilité électrique.
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 Un peu moins vive que ces trois dernières années, la progression du marché automobile reste significative au premier semestre. En hausse de 4,4% par rapport au premier semestre 2016 avec 14 578 véhicules immatriculés de janvier à juin. La croissance du marché pendant l’année pleine 2016 a été de 6,7%, mais les professionnels anticipaient une baisse en 2017, en partie parce que le c...