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Le vrai développement durable nous amène à la décroissance

1 sep 2018 | PAR La rédaction | N°332
« La reproduction durable a été la règle dans toutes les cultures humaines jusqu’au XVIIIe siècle », écrit Alain de Benoist. Il est convaincu qu’une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini comme notre planète.


En octobre 2007, Alain de Benoist avait publié Demain, la décroissance – Penser l’écologie jusqu’au bout. Réactualisé, cet ouvrage est paru chez Pierre-Guillaume de Roux en avril 2018, sous le titre Décroissance ou toujours plus ? – Penser l’écologie jusqu’au bout. 



Qu’Alain de Benoist, l’un des penseurs de la nouvelle droite, se présente comme un partisan du principe de décroissance n’est pas un paradoxe. La nouvelle droite a vu le jour fin janvier 1968 avec la création du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) qui a généré différentes revues comme Nouvelle École et Éléments dont les idées se révèlent à la fois subversives et en avance sur leur époque. La nouvelle droite invoque en effet le droit des peuples contre les droits de l’homme, le polythéisme des valeurs, le refus de l’universalisme abstrait, la critique de la société marchande et de l’homogénéisation du monde, la défense du multiple et le retour du localisme… En somme, un mouvement alter-mondialiste avant l’heure. Bien avant la vogue de l’écologie (et de l’écologisme) suscitée par l’aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans. Sans parler de l’épuisement programmé des réserves naturelles. 
Sans pour autant vouloir arrêter l’Histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire de comprendre que « plus » ne veut pas automatiquement dire « mieux » et qu’il est parfois nécessaire de dire : « C’est assez ! » Alain de Benoist, à qui l’on doit déjà de nombreux essais d’histoire des idées et de philosophie politique, explique pourquoi le développement durable est voué à l’échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. 
Gaspillage et dévastation de la planète
La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d’une critique radicale, qui s’appuie notamment sur les notions d’empreinte écologique et d’effet-rebond. L’ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l’idée de valeur intrinsèque de la nature. L’auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l’idée d’un monde transformé en simple objet du vouloir humain. 
« Tout paysan d’autrefois était, sans le savoir, un expert en « soutenabilité ». Mais les pouvoirs publics l’étaient aussi, bien souvent, écrit Alain de Benoist. Un exemple typique est donné par Colbert qui, réglementant les coupes de bois pour assurer la reconstitution des forêts, faisait planter des chênes pour fournir des mâts de navires 300 ans plus tard. Les modernes ont agi à l’inverse. Ils n’ont cessé de se comporter comme si les « réserves » naturelles étaient multipliables à l’infini - comme si la planète, dans toutes ses dimensions, n’était pas un espace fini. À chaque instant présent, ils ont appauvri l’avenir en consommant à outrance le passé. »
Le XXe siècle a vu l’apogée de l’ère de la consommation, de la dévastation de la planète et, par contrecoup, l’apparition d’une préoccupation écologique, explique Alain de Benoist. Et de citer Peter Sloterdijk qui caractérise la modernité par le « principe de surabondance » : « Tandis que, pour la tradition, le gaspillage représentait le péché contre l’esprit de subsistance par excellence parce qu’il mettait en jeu la réserve toujours insuffisante de moyens de survie, un profond changement de sens s’est accompli autour du gaspillage à l’ère des énergies fossiles : on peut dire aujourd’hui que le gaspillage est devenu le premier devoir civique […] L’interdiction de la frugalité a remplacé l’interdiction du gaspillage - cela s’exprime dans les appels constants à entretenir la demande intérieure. »

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