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Madagascar

L’électrification dans le sud bientôt assurée par le Jatropha

L’huile extraite des graines de jatropha peut être utilisée comme biocarburant pour la production d’électricité. Wikimédia
Grâce à un projet multipartite de valorisation, porté par le Cirad, le « jatropha mahafalensis » est amené à générer de l’énergie électrique dans plusieurs localités rurales du sud du pays.

Le « jatropha mahafalensis » est une espèce endémique de Madagascar appartenant à la famille des euphorbiacées. Il pousse plus particulièrement sur le plateau Mahafaly, une zone au sud de la Grande île qui est très calcaire et présente un climat aride et chaud.
L’arbuste peut atteindre 8 mètres et peut vivre plus de cinquante ans. Les graines de cette plante contiennent une huile appelée « huile de Betrata », qui sert traditionnellement à l’éclairage et s’emploie pour ses propriétés pharmaceutiques traditionnelles, notamment comme huile capillaire. Et prochainement, cette huile sera proposée comme source de biocarburant pour rendre autonomes en électricité 4 districts et 32 communes de l’Androy, une des 22 régions du pays située dans la province de Tuléar, dans le sud de l’île. En effet, un projet baptisé « génération d’électricité rurale à partir de ‘jatropha mahafalensis’ au sud de Madagascar » (Gemaha) a démarré depuis juin dernier pour une durée de 24 mois.

ASSOCIATION DE COMPÉTENCES

Entrant dans le cadre du programme de développement des énergies renouvelables et d’amélioration de l’efficacité énergétique dans les États membres de la Commission de l’océan Indien, Gemaha est un projet porté par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Via son unité de recherche BioWooEB, le Cirad possède une expertise dans les domaines des huiles végétales biocarburants et de la valorisation énergétique des biomasses. L’idée générale est de mettre à profit une association de compétences dans le but de démontrer la faisabilité technique et la viabilité économique d’une filière de génération d’électricité rurale basée sur une ressource locale pérenne et renouvelable. Dans cette optique, le projet est financé par le 10e Fonds européen de développement (FED) à hauteur de 330 000 euros et il est développé en partenariat avec l’Agence de développement de l’électrification rurale, l’École supérieure des sciences agronomiques ainsi que l’entreprise malgache Phileol. Ensemble, ils proposent de s’appuyer sur la filière existante de valorisation des graines de « jatropha mahafalensis » afin de tester, valider, puis disséminer l’usage de l’huile comme carburant. Phileol est d’ailleurs déjà productrice de cette huile depuis qu’elle a installé une filière de collecte organisée à partir d’une douzaine de plantes oléagineuses dans la région en 2010. La société se place ainsi comme fournisseur de carburant, mais la compagnie nationale d’eau et d’électricité (Jirama) devra assurer la distribution de l’énergie. Trois groupes électrogènes alimenteront respectivement l’usine de production d’huile, les réseaux de distribution d’électricité rurale des villes de Tsihombe et un hôpital central régional.

UNE SOLUTION ÉCONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT DU SUD

L’initiative est encourageante car elle contribue à l’accès de la population à une électricité à coût plus abordable. Il est question de revendre, à près de 85 centimes d’euros le litre, les quelque 400 tonnes d’huile prévues sur les deux ans, soit un prix inférieur aux carburants utilisés usuellement par les centrales thermiques malgaches. Par ailleurs, Gemaha intègre également la valorisation des tourteaux, les sous-produits de l’huile, pour l’alimentation animale, comme engrais et compost organiques ou encore comme combustible domestique. Le jatropha se pose ainsi comme une solution économique dans le développement de la région sud de l’île.

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