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L’entrepreneuriat en manque de cash

1 juin 2017 | PAR Jean-Michel Durand | N°320
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Pas facile pour les PME de trouver du financement pour assurer leur développement. Trop grosses pour la microfinance, trop petites pour les fonds d’investissement traditionnels et trop risquées pour les banques. Heureusement, de nouvelles offres font leur apparition… Timidement.

« Le point fondamental qui risque de freiner l’ambition de Maurice est le manque d’accompagnement des banquiers mauriciens. Or, sans leur financement, l’avenir de notre pays sera jonché d’obstacles. » Arnaud Mayer, le CEO d’Evaco, un pionnier et un leader dans la construction de luxe à Maurice, ne mâchait pas ses mots en proposant un thème pour notre série de dossiers Mauritius Tomorrow. Son avis est partagé par un autre acteur bien au fait des réalités vécues par les PME, Jean-Max Appanah. Ce comptable, qui a ouvert son cabinet il y a cinq ans, s’est même spécialisé dans cette clientèle. Il en compte aujourd’hui une centaine, couvrant une quarantaine d’activités économiques. « Ces entrepreneurs se concentrent sur leur activité. Mais pour assurer leur croissance, ils ont besoin de financement. Et là, ils sont perdus. » 
 

Arnaud Mayer, CEO d’Evaco Group : « Le point fondamental qui risque de freiner l’ambition de Maurice est le manque d’accompagnement des banquiers mauriciens. Or, sans leur financement, l’avenir de notre pays sera jonché d’obstacles. »
Arnaud Mayer, CEO d’Evaco Group : « Le point fondamental qui risque de freiner l’ambition de Maurice est le manque d’accompagnement des banquiers mauriciens. Or, sans leur financement, l’avenir de notre pays sera jonché d’obstacles. »  Davidsen Arnachellum
 

LES BANQUES COMMENCENT À S’INTÉRESSER AUX PME

Certaines banques ont développé des offres spécifiques, comme la Mauritius Commercial Bank (MCB), leader du marché, qui a créé en 2008 le MCB Business Banking qui réunit des spécialistes des PME. Même approche pour la State Bank of Mauritius (SBM), numéro deux à Maurice, qui essaie d’accompagner cette clientèle. « Pour qu’une entreprise puisse croître, il faut qu’elle puisse disposer d’un financement au moment voulu. Ainsi, nous mettons à disposition des prêts, assortis au besoin d’un moratoire et d’options de remboursement ajustables à chaque situation de trésorerie », souligne Thierry Coret, responsable de la communication de la SBM. Avec ses services SME Banking, cette banque compte accroître sa part de marché auprès des PME. « Nous offrons un Loan Guarantee Scheme aux entreprises ayant un chiffre d’affaires n’excédant pas 50 millions de roupies (environ 1,27 million d’euros). » Un dispositif donnant accès, selon les besoins, à des prêts, à du financement de fonds de roulement, à de l’escompte d’effets de commerce, à du crédit-bail et du crédit à l’importation. « Il n’y a pas de garantie supplémentaire requise des clients, sauf une charge flottante sur les actifs si applicable. » 
La banque AfrAsia compte elle aussi se positionner sur ce marché. « Nous sommes très présents dans le Private Banking, l’Investment Banking & Corporate Banking et l’International Banking. Mais dès cette année, nous allons aller vers les PME qui sont au cœur de l’économie mauricienne. Nous avons identifié plusieurs demandes spécifiques : l’accès à l’Equity (investissement en capital), le quotum de la dette et, bien sûr, un décaissement rapide de fonds. Il nous faut une approche holistique pour répondre au mieux à leurs besoins », assure Sanjiv Bhasin, le CEO d’AfrAsia. 
 

Jean-Max Appanah a fait des PME la spécialité des son cabinet comptable et de consulting. « Ces entrepreneurs se concentrent sur leur activité. Mais pour assurer leur croissance, ils ont besoin de financement. Et là, ils sont perdus. »
Jean-Max Appanah a fait des PME la spécialité des son cabinet comptable et de consulting. « Ces entrepreneurs se concentrent sur leur activité. Mais pour assurer leur croissance, ils ont besoin de financement. Et là, ils sont perdus. »  Davidsen Arnachellum
 

L’ÉTAT VIENT À LA RESCOUSSE DES PME

Malgré de nouvelles offres, il reste difficile pour un entrepreneur de bénéficier de crédits sans apport et garantie personnelle. D’où la décision du gouvernement de lancer la MauBank en 2016 afin de soutenir davantage les PME. Si celles-ci constituent le gros du tissu économique, elles ne contribuent qu’à 44% du Produit intérieur brut (PIB). L’objectif est de porter cette part à 52%. De même pour les emplois, fournis à 55% par les PME, il s’agit de parvenir à 64%. 
La MauBank est issue de la Mauritius Post Commercial Bank (MPCB) et de la National Commercial Bank (NCB), elle-même issue de la Bramer Bank qui appartenait au groupe BAI de Dawood Rawat. Ce groupe a été liquidé début 2015 et sa banque reprise par une structure para-publique. Née de ce séisme économico-politique, la MauBank se présente comme la « banque des PME », bénéficiant sur cinq ans d’une enveloppe équivalente à 250 millions d’euros qui leur sont destinés.
« Vingt pour cent de nos actifs sont déjà avec des PME », précise Sridhar Nagarajan, son CEO. La banque propose des produits et services dédiés dont des prêts sans garantie à 3% et 6%. Mais elle semble générer quelques frustrations de la part de clients mécontents qui se montrent très actifs dans les médias et sur les réseaux sociaux. « Nous ne serons jamais en mesure de satisfaire tout le monde, réagit Sridhar Nagarajan. Mais nos taux de rejet sont extrêmement faibles. Pour le régime de financement à 3% sans garantie, nous ne rejetons que 10% des demandes venant de personnes physiques. Pour les entreprises, ce taux ne s’élève qu’à 30%. Au final, 150 entrepreneurs dont 95 individuels ont bénéficié de cette offre à 3%. Quant au financement à 6%, les rejets sont de 20% et il s’agit là en général d’entreprises. Je souligne aussi que toutes nos réponses sont justifiées et documentées et que nous finançons aussi des start-ups. Nous sommes indulgents mais pas laxistes ! Notre priorité est aussi de nous concentrer sur les secteurs définis comme prioritaires par le gouvernement. » Le décaissement moyen, pour un individuel, sur un crédit à 3% sans garantie, est de 150 000 roupies (3 750 euros) et pour un crédit à 6%, il s’élève à 10 millions de roupies (250 000 euros). « Notre objectif est que dans trois à cinq ans, 20% à 30% des TPE (Très petites entreprises) deviennent des petites entreprises, que 15% à 20%des petites entreprises soient des entreprises moyennes et que 2% à 5% des entreprises moyennes se transforment en grandes entreprises », indique le CEO de la MauBank.
 

Sridhar Nagarajan, CEO de la MauBank qui dispose sur cinq ans d’une enveloppe équivalente  à 250 millions d’euros pour soutenir les PME. « Nous ne serons jamais en mesure de satisfaire tout le monde, mais nos taux de rejet sont extrêmement faibles. »
Sridhar Nagarajan, CEO de la MauBank qui dispose sur cinq ans d’une enveloppe équivalente  à 250 millions d’euros pour soutenir les PME. « Nous ne serons jamais en mesure de satisfaire tout le monde, mais nos taux de rejet sont extrêmement faibles. »  Davidsen Arnachellum
 

LA MICROFINANCE : UNE NOUVELLE OFFRE À MAURICE

La Mauritius Commercial Bank (MCB) s’est lancée en 2016 dans la microfinance, un segment de marché délaissé par les banques jusqu’alors. Sa structure MCB Microfinance propose des prêts de 20 000 roupies (500 euros) à 600 000 roupies (15 000 euros) avec des taux d’intérêt de 13% à 15%. Les emprunteurs doivent être à la tête de « sociétés enregistrées au registre du commerce depuis un an et dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 2 millions de roupies (50 000 euros) », explique Aurélie Leclézio, CEO de Microfinance. Depuis son lancement, plus de 1 000 prêts ont été décaissés, pour un montant moyen de 200 000 roupies (5 000 euros). « Nos clients viennent chez nous car ils n’arrivent pas à obtenir de crédit ailleurs. Ils n’ont pas de garantie à donner, pas de comptes à présenter, pas d’historique bancaire, etc. Nous avons beaucoup de commerçants, de salons de coiffure, de snacks et de cordonniers. De vieux métiers traditionnels. » Les taux sont élevés, comme toujours dans la microfinance (dans certains pays d’Afrique, ça peut grimper jusqu’à 40%). Mais le traitement des dossiers est rapide, moins de trois semaines avant le décaissement.  
 

Catherine Dubreuil-Mitaine, cofondatrice de InvestPlace. Sa plateforme internet veut combler le vide auquel se heurtent les entreprise trop petites pour intéresser les acteurs traditionnels de la fusion-acquisition.
Catherine Dubreuil-Mitaine, cofondatrice de InvestPlace. Sa plateforme internet veut combler le vide auquel se heurtent les entreprise trop petites pour intéresser les acteurs traditionnels de la fusion-acquisition.  Jacques Rombi
 

LES GRANDS GROUPES SOUTIENNENT L’ENTREPRENEURIAT

Les filiales financières de certains conglomérats mauriciens se lancent dans le financement d’entreprises innovantes. C’est le cas de Compass, le fonds de capital-risque du groupe ENL, et de Bee Equity Partners pour le groupe IBL. « Notre stratégie est d’investir dans des entreprises à la fois leaders dans leurs domaines et avec des perspectives régionales voire internationales », explique Fabrice Boullé, partenaire du premier fonds de capital-risque (Venture Capital Fund) de Maurice, Compass. Cette entité du groupe mauricien ENL propose aux entreprises des capitaux propres en échange d’une participation minoritaire dans leur activité. « Nous restons minoritaires dans le capital, jamais plus de 49% ». Compass bénéficie de 20 millions d’euros à investir. Il cible quatre secteurs prioritaires : l’énergie, la technologie, l’éducation et la santé en visant notamment des projets pouvant s’intégrer dans la future Smart city du groupe à Moka. « Nous nous positionnons sur le décollage de l’entreprise alors qu’elle a déjà validé son idée et dispose de perspectives de commercialisation ou a même réalisé ses premières ventes. Nous l’accompagnons durant cinq à sept ans, voire dix ans, avant de sortir du capital. Nous prenons des tickets de 50 000 à un million de dollars (917 484 euros) ». C’est d’ailleurs ce montant que Compass a décaissé pour son premier investissement. C’est la start-up réunionnaise Reuniwatt, spécialisée dans le développement de solutions photovoltaïques, qui a bénéficié de cet investissement. « Cela souligne que Maurice et La Réunion peuvent joindre leurs forces et leurs expertises et miser sur leur complémentarité pour répondre aux demandes de marchés stratégiques émergents ». Compass prévoit prochainement de s’engager dans un autre dossier et vise à terme d’investir dans quelque 30 PME. 
 

Fabrice Boullé, partenaire de Compass, le premier fonds de capital-risque (Venture Capital Fund) de Maurice. Cette entité du groupe ENL dispose d’une enveloppe de 20 millions d’euros à investir dans quatre secteurs prioritaires : l’énergie,  la technologie, l’éducation et la santé.
Fabrice Boullé, partenaire de Compass, le premier fonds de capital-risque (Venture Capital Fund) de Maurice. Cette entité du groupe ENL dispose d’une enveloppe de 20 millions d’euros à investir dans quatre secteurs prioritaires : l’énergie, la technologie, l’éducation et la santé.  Davidsen Arnachellum
 

BEE EQUITY PARTNERS S’INTÉRESSE AUX PME SANS DISTINCTION DE SECTEUR

« L’entreprise que nous visons est âgée au minimum de 2 ans. Elle doit présenter une structure organisationnelle, une bonne maîtrise de son fonctionnement, une compréhension de l’aspect légal et une fonction comptable. De manière générale, les entreprises dans lesquelles nous voulons investir ont essuyé leurs premiers revers et les ont surmontés, elles ont besoin de partenaires financiers pour accompagner leur développement et/ou leur restructuration », détaille Olivier Fayolle, CEO de The Bee, le fonds de capital-investissement du groupe IBL. Le secteur d’activité de l’entreprise n’est pas un facteur qui détermine le choix de Bee Equity Partners. « Depuis un an, nous prospectons sur le marché non coté (à la bourse de Maurice – Ndlr), orienté PME, avec une préférence pour des entreprises de taille intermédiaire. L’investissement dans le non coté n’est pas nouveau pour nous. Nous avons déjà investi par le passé - avec un certain succès - dans plusieurs PME, dont certaines sont toujours en portefeuille. » Comme tous les fonds, The Bee n’est pas un « sleeping partner » et souhaite s’impliquer dans la gouvernance des entreprises et les conseiller sur leur Business Plan. Prudemment, le fonds prévoit pour le moment une ligne de 200 millions de roupies (5 millions d’euros) pour des investissements de 10 à 30 millions de roupies (250 000 à 750 000 euros) et une sortie du capital prévue entre trois et six ans. L’enveloppe pourrait néanmoins évoluer. « Notre ambition est de nous positionner d’ici 2022 sur deux projets d’investissement par an. » 
 

Olivier Fayolle, CEO de The Bee
Olivier Fayolle, CEO de The Bee, le fonds de capital-investissement du groupe IBL. Ce fonds s’intéresse aux PME de tous secteurs et prévoit pour le moment une ligne de 200 millions de roupies (5 millions d’euros) pour des investissements de 10 à 30 millions de roupies (250 000 à 750 000 euros).  DR
 

RÉPONDRE À CERTAINS BESOINS DANS LA FUSION-ACQUISITION 

« En dessous d’une certaine taille, une entreprise n’intéresse pas les acteurs de la fusion-acquisition car le temps de traitement est aussi long que pour les grosses mais sans générer les mêmes gains en cas de résultat. De fait, de très nombreux dirigeants ne peuvent bénéficier de solutions de financement ou d’accompagnement lors de la vente de leur activité ». Pour cela, Catherine Dubreuil-Mitaine a fondé InvestPlace avec Vanndana Sungkur, Augustin de Seze et Robert Ferrat. Il s’agit d’un cabinet spécialisé en fusion-acquisition, en conseil juridique et fiscal. Sa zone d’intervention se situe dans l’océan Indien et en Afrique. Orientée B2B, la plateforme internet d’lnvestPlace propose un espace réservé aux investisseurs et aux entrepreneurs où ils peuvent s’enregistrer directement. Mais toute demande est mise en ligne - sous 48 heures - après vérification rigoureuse des informations. « C’est clairement de l’investissement 2.0 ». lnvestPlace a fixé un seuil d’entrée minimal pour les investisseurs à 100 000 dollars et s’ouvre à toute entreprise ayant des besoins capitalistiques évalués entre 100 000 et 5 millions de dollars. Le modèle économique de la plate -forme repose sur les frais d’enregistrement de 630 dollars acquittés par l’investisseur pour y avoir accès pendant six mois et d’un inté -ressement de l’ordre de 2% sur le montant du deal s’il se concrétise.
 

Sanjay G. Mungur a créé l’association Angel Investors of Mauritius (AIM)  qui regroupe une trentaine de Business Angels prêts à investir et à s’investir dans des start-ups.
Sanjay G. Mungur a créé l’association Angel Investors of Mauritius (AIM) qui regroupe une trentaine de Business Angels prêts à investir et à s’investir dans des start-ups.  Davidsen Arnachellum
 

DES BUSINESS ANGELS EN ACTION

Sanjay G. Mungur est en persuadé : les Business Angels (*) peuvent être une alternative pour bénéficier de financement. Son association Angel Investors of Mauritius (AIM) regroupe des investisseurs privés prêts à investir dans des start-ups à forte croissance. « Créée de façon informelle depuis 18 mois, AIM est en phase de devenir une association à but non lucratif. Il s’agit d’une alternative car tant que la législation n’aura pas évolué, le crowdfunding restera interdit à Maurice. » AIM regroupe déjà une trentaine de membres qui « disposent de compétences, selon Sanjay G. Mungur, et surtout d’une expérience solide et positive ». Ils investissent dans une entreprise à hauteur maximale de 49% avec une sortie prévue entre trois et sept ans. Une quarantaine de demandes sont déjà parvenues à l’association qui a encore peu communiqué. Comme quoi la demande est bien là.

(*) Selon la Fédération nationale des Business Angels de France (membre de la World Business Angels Association), « un Business Angel est une personne physique qui investit une part de son patrimoine dans une entreprise innovante à potentiel et qui, en plus de son argent, met gratuitement à disposition de l’entrepreneur ses compétences, son expérience, ses réseaux relationnels et une partie de son temps »

QU’EST-CE QU’UNE PME À MAURICE ?
En Europe, une PME est une entreprise employant moins de 250 salariés et réalisant soit un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions d'euros, soit un total de bilan inférieur à 43 millions d'euros. À Maurice, la barre est placée beaucoup plus bas et la plupart des PME seraient considérées comme des TPE (Très petites entreprises) en Europe. En 2009, lors de la création de la SMEDA (Small and Medium Enterprises Development Authority), les autorités mauriciennes ont défini une PME comme une entreprise réalisant un chiffre d'affaires n'excédant pas les 50 millions de roupies (1,25 millions d'euros) ». Selon une étude réalisée dans le cadre du programme Empretec des Nations Unies, 60% des PME mauriciennes comptent cinq employés ou moins et réalisent un chiffre d'affaires équivalent ou inférieur à 2 millions de roupies (50 000 euros).
JEAN PHILIPPE D’UNIENVILLE « BOOSTER » D’ENTREPRISES
Jean Philippe d’Unienville, nominé au Tecoma Award en 2011, s’investit dans le soutien aux entrepreneurs avec son entreprise Business Boosters Investment Ltd (BBI Group). Celle-ci investit des fonds avec ses partenaires/entrepreneurs et « booste » leur activité par un système de cogestion de l’entreprise. Le partenaire s’occupe des opérations et BBI de la gestion financière, comptable et informatique. Aujourd’hui, 17 entreprises sont partenaires de BBI, appartenant à divers secteurs d’activité (construction, peinture, hydraulique, technologie, automobile, froid commercial…). Jean Philippe d’Unienville privilégie les start-ups car les objectifs sont alignés dès le départ avec les partenaires. Toutefois, des dossiers concernant des entreprises en difficulté sont régulièrement étudiés. « Maurice est une nation remplie d’entrepreneurs passionnés, les rencontrer et partager avec eux est souvent un bon prétexte pour un projet entrepreneurial. Nourrir ces passions me motive et me passionne. »
DES FONDS NON UTILISÉS
Paradoxalement, alors que les entreprises mauriciennes courent après des financements, certaines lignes restent ouvertes. C’est le cas du fonds NRF Equity Investment qui vise les PME, mais pas les start-ups. Créé en 2012 par le gouvernement et doté d’un montant de 250 millions de roupies (6,25 millions d’euros), il a été géré par le cabinet comptable BDO à partir de 2014. Jusqu’à présent, huit entreprises en ont bénéficié. BDO l’a fusionné avec le SME Partnership Fund Ltd et il s’appelle désormais SME Equity Fund. 
MYBIZ : UN GUICHET UNIQUE POUR LES PME
Lancée en 2016, MyBiz est une agence du ministère de l’Activité économique, des Entreprises et des Coopératives. Ce guichet unique dédié aux PME gère les très nombreux plans d’aide et de soutien proposés par l’État. L’agence compte cinq unités :
- La General Business Development Services Unit aide à déterminer les besoins des PME, elle fournit les informations nécessaires aux entrepreneurs potentiels et aide à la rédaction d’un Business Plan ;
- La Licensing, Permits, Clearances and Registration Unit qui regroupe tous les organismes émetteurs des permis ;
- La Specialised Business Development Services Unit compte des professionnels qui offrent une assistance technique pour le développement et la croissance des projets d’entreprise ; 
- L’Export, Trade Promotion and International Markets Unit est chargée d’explorer les produits et marchés potentiels ;
- La Monitoring and Evaluation Unit supervise en permanence toutes les activités menées chez MyBiz.
LE DÉSINTÉRÊT DES FONDS D’INVESTISSEMENT
Alors qu’une récente étude du cabinet de conseil en stratégie McKinsey indique que les fonds d’investissement dédiés aux PME africaines ont été multipliés par 10 en dix ans, à Maurice, même s’ils sont très nombreux, ils négligent le marché local. L’Association of Trust and Management Companies (ATMC - association des sociétés de fiducie et de gestion) représente les intérêts d’une centaine d’opérateurs présents à Maurice dont 65 sociétés de gestion, cabinets d’avocats et de commissaires aux comptes et 46 sociétés fiduciaires. Et Maurice héberge plus de 900 fonds d’investissement, gérés pour certains par de gros acteurs de l’industrie du capital-investissement en Afrique, comme le fonds d’investissement britannique Actis, le fonds d’investissement privé africain Helios Investment Partners et celui de la Banque africaine de développement (BAD) pour ne citer que ceux-là. La BAD héberge actuellement à Maurice plus de 50% de ses structures de capital-investissement. Pourtant, on s’aperçoit que ces fonds d’investissement sont tous orientés vers l’international et ne visent pas le marché local pour la plupart. 
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