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Maurice

L’entrepreneuriat intéresse (enfin) de nouveaux acteurs

1 mar 2018 | PAR La rédaction | N°327
La Mauritius Commercial Bank (MCB), leader du marché, a créé le MCB Business Banking qui réunit des spécialistes des PME. Davidsen Arnachellum
Alors que les PME représentent le gros du tissu économique de l’île, elles font face à un manque criant de soutien financier. De nouvelles offres et de nouveaux acteurs font timidement leur apparition pour répondre à cette demande.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont le cœur de l’économie mauricienne. Elles contribuent à 44 % au produit intérieur brut (PIB) et fournissent 55 % des emplois. Les autorités comptent faire monter cette part respectivement à 52 % et 64 %. Paradoxalement, il est aujourd’hui difficile pour un entrepreneur de bénéficier de crédits sans apport ni garantie personnels.
Certaines banques ont développé des offres dédiées. C’est le cas de la Mauritius Commercial Bank (MCB), la première banque régionale. Elle a créé en 2008 le MCB Business Banking qui réunit des spécialistes des PME. Pour étoffer son offre, elle a aussi lancé, en 2016, le MCB Microfinance qui  propose des prêts de 20 000 roupies (500 euros) à 600 000 roupies (15 000 euros) avec des taux d’intérêt de 13 % à 15 %. 
Quant à la State Bank of Mauritius (SBM), numéro deux du marché bancaire à Maurice, elle propose un Loan Guarantee Scheme aux entreprises ayant un chiffre d’affaires n’excédant pas 50 millions de roupies (1,27 million d’euros). 
 

La State Bank of Mauritius (SBM), numéro deux du marché bancaire à Maurice, propose un « Loan Guarantee Scheme » aux entreprises ayant un chiffre d’affaires n’excédant pas 50 millions de roupies (1,25 million d’euros).
La State Bank of Mauritius (SBM), numéro deux du marché bancaire à Maurice, propose un « Loan Guarantee Scheme » aux entreprises ayant un chiffre d’affaires n’excédant pas 50 millions de roupies (1,25 million d’euros).  Davidsen Arnachellum
 

LES GRANDS GROUPES SE POSITIONNENT

La banque privée AfrAsia se positionne aussi sur ce marché. Elle mise sur l’accès à l’Equity (investissement en capital), le quota de la dette et un décaissement rapide de fonds.  L’État, quant à lui, s’appuie sur la MauBank qui se présente comme la « banque des PME » : elle bénéficie sur cinq ans d’une enveloppe équivalente à 250 millions d’euros qui leur sont destinés. Cette banque propose des produits et services dédiés dont des prêts sans garantie à 3 % et 6 %. 
Les filiales financières de certains conglomérats se lancent aussi dans le financement d’entreprises. C’est le cas de Compass, le fonds de capital risque du groupe ENL, qui propose aux entreprises des capitaux propres en échange d’une participation minoritaire dans leurs activités. Compass bénéficie de 20 millions d’euros à investir et cible quatre secteurs prioritaires : l’énergie, la technologie, l’éducation et la santé.
Pour Bee Equity Partners du groupe IBL, il n’y a pas de secteur d’activité privilégié. Le fonds prospecte sur le marché non coté de la bourse de Maurice, orienté PME de taille intermédiaire. Il prévoit une ligne de 200 millions de roupies (5 millions d’euros) pour des investissements de 10 à 30 millions de roupies (250 000 à 750 000 euros) et une sortie du capital prévue entre trois et six ans. 
De nouvelles offres font leur apparition, comme celles du cabinet spécialisé en fusion-acquisition, InvestPlace. Il propose, via sa plate-forme Internet, un espace réservé aux investisseurs et aux entrepreneurs où ces derniers peuvent s’enregistrer. Le seuil d’entrée minimal pour les investisseurs est à 100 000 dollars et s’ouvre à toute entreprise ayant des besoins capitalistiques évalués entre 100 000 et 5 millions de dollars. Longtemps parents pauvres du financement, les PME apparaissent aujourd’hui comme un nouveau marché porteur.

C’EST QUOI UNE PME À MAURICE ?
À Maurice, une PME est une entreprise réalisant un chiffre d’affaires n’excédant pas les 50 millions de roupies (1,25 million d’euros), peu importe son nombre de salariés. Ainsi, 60 % des PME mauriciennes comptent cinq employés ou moins et réalisent un chiffre d’affaires équivalent ou inférieur à 2 millions de roupies (50 000 euros).
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