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Afrique

Les banques africaines ont intérêt à engager leur consolidation

1 nov 2016 | PAR La rédaction | N°314
Le siège de la First National Bank à Johannesburg. Le volume de crédit bancaire accordé au secteur privé en Afrique australe atteint 43% du PIB alors qu'il se situe à 24% sur l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Stocklib/Felix Lipov
Le Mobile Banking en plein essor a besoin d’investissements technologiques. Pour relever ce défi et celui des contraintes réglementaires, les banques africaines doivent créer des champions régionaux, voire panafricains.


Le rôle que vont jouer les acteurs du secteur bancaire africain dans l’amplification du développement du continent est primordial. Les perspectives qui s’ouvrent à eux sont immenses… Seulement 25% de la population du continent détient un compte bancaire alors que la proportion atteint 90% dans les pays de l’OCDE selon les statistiques de la Banque africaine de développement. Mais les écarts sont importants au sein du continent : le taux de bancarisation ne s’élève qu’à 14% en Afrique de l’Ouest alors qu’il monte à 36% dans l’Afrique Australe, zone d’influence des banques sud.africaines. 

LES BANQUES AFRICAINES N’ONT PAS LA TAILLE SUFFISANTE 

Les besoins de financement des infrastructures sont énormes et ne peuvent être satisfaits uniquement par des financements étatiques et institutionnels, même si de nombreux fonds de Private Equity dédiés à ce marché interviennent en complément. Or les banques du continent n’ont pas aujourd’hui une taille suffisante pour apporter les financements nécessaires. Et les marchés de capitaux locaux, qui sont une alternative, restent embryonnaires. La constitution d’un secteur bancaire africain solide est donc une impérieuse nécessité. Il est aujourd’hui très fragmenté : une centaine de banques se partagent le marché en Afrique de l’Ouest, par exemple. Il y a donc un très important potentiel de consolidation. Le volume de crédit accordé au secteur privé n’atteint que 24% du PIB de l’Afrique subsaharienne, 43% de celui de l’Afrique australe, mais en comparaison 134% de celui des pays de l’OCDE. Par ailleurs, très peu de banques de détail ont mis en place des platesformes technologiques leur permettant d’offrir des solutions bancaires, en particulier en matière de Mobile Banking, répondant aux attentes de la clientèle. La classe moyenne se développe peu à peu et utilise massivement les outils offerts par la révolution digitale (smartphones, etc.). Le taux de pénétration de la téléphonie mobile atteint des niveaux très élevés en Afrique, proche de 100% dans de nombreux pays. Or, la consommation de services bancaires passe aujourd’hui en grande partie par le Mobile Banking. Mais si quelques partenariats sont noués avec des entreprises de télécom en Afrique de l’Est, l’Afrique de l’Ouest reste en retard dans le domaine des moyens de paiement et de l’accès aux populations. Les investissements technologiques à mettre en œuvre sont colossaux et ne sont donc pas à la portée d’établissements de petites tailles. À ces besoins s’ajoutent aussi de nouvelles contraintes réglementaires : les régulateurs locaux poussent les banques à répondre aux nouvelles normes prudentielles (Bâle III), au même titre que leurs homologues occidentales, et donc à fortement renforcer leurs fonds propres. 

DES DIFFICULTÉS CONJONCTURELLES 

La faiblesse constatée des recettes tirées des exportations résulte surtout de la baisse des prix des matières premières alors que les débouchés du marché chinois se réduisent, ce qui entraîne une moins grande disponibilité des devises étrangères. La capacité des banques à financer leurs clients, en particulier en dollars, s’est donc amenuisée. Mais les aléas du court terme ne remettront pas en cause le développement à plus long terme du secteur bancaire en Afrique. Pour ce faire, les banques devront adopter une approche régionale, voire panafricaine, comme déjà certaines banques d’Afrique de l’Est. C’est ainsi qu’il y aura des champions africains. Car ce mouvement proviendra des acteurs locaux et non des établissements occidentaux, ni même asiatiques, qui se cantonnent le plus souvent à des activités de niche, accompagnant les clients de leurs pays d’origine, et ne peuvent se permettre une stratégie de long terme sur le marché africain.

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