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Rwanda

Les drones, future solution pour acheminer des denrées vitales et d'urgence en Afrique ?

30 sep 2015 | PAR La rédaction
Plutôt que de développer des infrastructures coûteuses, les promoteurs du projet appellent à sauter les étapes, en passant directement à une technologie de pointe, mettant en avant l'exemple de la téléphonie mobile désormais disponible dans les zones les plus reculées du monde, où tirer des lignes terrestres était bien trop cher ou compliqué. - Alexander Kolomietz@Stocklib
Le projet de l'architecte britannique Norman Foster ressemble à de la science-fiction : créer des « voies aériennes pour des drones transportant des produits d'urgence et précieux, à grande échelle, vers des zones reculées » du Rwanda, choisi pour abriter un « droneport » test.

« Certains drones spécifiques peuvent transporter du sang ou d'autres produits pouvant sauver des vies dans un rayon de 100 km pour un coût minime et fournir une alternative abordable aux livraisons par la route », expliquent les concepteurs du projet.
Le programme, imaginé par le cabinet d'architecture Foster Partners, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) et son laboratoire Afrotech de développement des hautes technologies en Afrique, vise à lancer d'abord une première flotte de drones, capables d'emporter chacun 10 kg de cargaison médicale ou d'urgence sur 50 km, vers des zones reculées, dont les habitants manquent de fournitures médicales de base.
Après ces « lignes rouges », viendront, à l'horizon 2025, des « lignes bleues », lignes cette fois-ci commerciales, sources présumées d'importants profits, sur lesquelles voleront des drones de plus grande envergure, avec une capacité d'emport de 100 kg sur 100 km.
« En Afrique, le fossé entre la croissance de la population et celle des infrastructures se creuse de façon exponentielle », explique Norman Foster lors du lancement du projet, « le manque d'infrastructures au sol a un impact direct sur la possibilité de livrer des biens vitaux, dans des endroits où des choses aussi basiques que du sang ne sont pas disponibles rapidement ».
Les premiers drones des « lignes rouges » doivent décoller en 2016 et les trois « droneports » prévus au Rwanda être terminés d'ici 2020, permettant aux appareils de couvrir près de la moitié du territoire du pays.
Le Rwanda, exsangue et traumatisé après le génocide de 1994, s'est rapidement reconstruit et a connu une croissance rapide, favorisée notamment par le développement des nouvelles technologies, téléphonie mobile et internet en tête. Le pays rêve de devenir à court terme un carrefour régional incontournable pour les hommes d'affaires, les multinationales et les investisseurs.
Mais pour l'heure, l'accès à certaines zones du « pays des Milles Collines »,au relief accidenté, reste compliqué et les drones peuvent offrir une solution peu coûteuse.

Faire plus avec moins

« L’arrivée de drones peut s'ajouter aux nombreuses solutions déjà disponibles pour surmonter les problèmes d'infrastructure au Rwanda », se réjouit Junior Sabena Mutabazi dans le quotidien rwandais progouvernemental New Times. « Avec le projet de droneports, il s'agit de faire plus avec moins, de tirer parti des récentes avancées dans la technologie des drones - habituellement associés à la guerre - afin d'avoir un effet immédiat et de sauver des vies en Afrique », ajoute M. Foster. Plutôt que de développer des infrastructures coûteuses, les promoteurs du projet appellent à sauter les étapes, en passant directement à une technologie de pointe, mettant en avant l'exemple de la téléphonie mobile désormais disponible dans les zones les plus reculées du monde, où tirer des lignes terrestres était bien trop cher ou compliqué.
« Comme les téléphones mobiles ont permis de se passer de câbles téléphoniques, les drones-cargo peuvent surmonter les obstacles géographiques tels que montagnes, lacs, rivières non navigables, sans la nécessité d'infrastructures physiques à grande échelle » indique un document de présentation du projet. Sur le site d'Afrotech, son directeur Jonathan Ledgard assure « inévitable que dans une planète très peuplée, avec des ressources limitées, notre ciel sera utilisé de façon plus intensive, grâce à des robots volants capables de déplacer des biens plus rapidement, à un coût moindre (...) qu'auparavant ».
Il faut « que ces engins ou leurs sites d'atterrissage soient pensés pour être suffisamment résistants et bon marché pour être utiles aux communautés les plus pauvres, qui en ont le plus besoin », dit-il. « Droneport tente de faire que ce soit le cas, pour améliorer la santé et les progrès économiques en Afrique et au-delà ».
 

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