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Les échanges commerciaux intra-africains doivent être développés

Il est indispensable que les pays africains développent des échanges commerciaux entre eux et que l'impulsion donnée en vue de la signature d'accords commerciaux ne se limite pas uniquement à des partenaires commerciaux internationaux, mais qu'elle favorise également la conclusion d'accords entre pays africains. - Stocklib©Matthias Ziegler
Bien que les accords commerciaux internationaux, tels que l'AGOA (loi américaine sur la croissance et les potentialités de l'Afrique – African Growth and Opportunity Act, Ndlr.) et l’accord de partenariat économique récemment annoncé entre l'Union européenne et l'Afrique du Sud, soient positifs pour le continent et méritent d'être encouragés, l'accent doit néanmoins être mis sur la conclusion de partenariats commerciaux entre les pays africains eux-mêmes et propres à garantir la fluidité des échanges intra-africains.

Charles Brewer, le directeur général de DHL Express Afrique subsaharienne, regrette que même si de lents progrès sont constatés, les accords commerciaux existants sont toujours insuffisants pour encourager les échanges intra-africains. Il en résulte une tendance à commercer en tout premier lieu avec des régions extra-africaines, telles que les États-Unis ou la Chine.
Or pour M. Brewer, il est indispensable que les pays africains développent des échanges commerciaux entre eux et que l'impulsion donnée en vue de la signature d'accords commerciaux ne se limite pas uniquement à des partenaires commerciaux internationaux, mais qu'elle favorise également la conclusion d'accords entre pays africains.

Lorsque l'on compare les statistiques du commerce intrarégional, les taux prévalant en Afrique sont parmi les plus faibles du monde, avec moins de 20 %  de la production régionale restant précisément dans la région. - ictsd

« Plus de 80 % de ce qui est produit en Afrique est exporté, principalement vers l'Union européenne, la Chine et les États-Unis. À titre de comparaison, 60 % des échanges européens s'effectuent sur le continent même ! »

« L'Indice de connectivité mondiale (ICM) de DHL a mis en évidence que l'Afrique est le continent le moins connecté en termes de facilité de déplacement des personnes, de commerce, d'information et de finance. Tous les pays africains devraient donc consacrer une partie de leurs efforts au développement de la connectivité sur le continent et à la mise en place de relations commerciales. En ce qui concerne DHL, nous nous efforçons de rendre la logistique plus accessible, ce qui a conduit à une véritable expansion de nos activités de détail portant, en moins de trois ans, à plus de 3 300 le nombre de nos points de vente », ajoute M. Brewer
Lorsque l'on compare les statistiques du commerce intrarégional, les taux prévalant en Afrique sont parmi les plus faibles du monde, avec moins de 20 %  de la production régionale restant précisément dans la région. Cela signifie que plus de 80 % de ce qui est produit en Afrique est exporté, principalement vers l'Union européenne, la Chine et les États-Unis. À titre de comparaison, 60 % des échanges européens s'effectuent sur le continent même, tandis que ce taux s'établit à 40 % pour l'Amérique du Nord.

L'Afrique est le continent le moins connecté en termes de facilité de déplacement des personnes, de commerce, d'information et de finance.

Il apparaît clairement que l'un des plus grands défis que la région devra relever pour mettre pleinement en valeur le potentiel commercial qu'elle recèle réside dans le développement insuffisant de ses infrastructures, même si ce point, indique M. Brewer, fait l'objet d'une lente amélioration dans la mesure où plusieurs régions africaines continuent à investir d'importants volumes de capitaux dans le développement des infrastructures.
« Le fait que les infrastructures soient insuffisamment développée influe directement sur la vitesse à laquelle les biens circulent en dehors de la région ou à l'intérieur de celle-ci. Cela a également pour effet d'accroître les coûts logistiques, à tel point que les coûts de la chaîne logistique sont estimés être jusqu'à neuf fois plus élevés en Afrique que dans d'autres régions du monde. Au final, le gonflement de ces coûts constitue également une entrave à la croissance économique dans la région. »
M. Brewer ajoute par ailleurs que même s'il convient de poursuivre les efforts consacrés au développement et au financement des infrastructures, les pays africains doivent maintenant passer à la vitesse supérieure pour élaborer et mettre en œuvre des accords commerciaux susceptibles de favoriser les échanges entre les régions.
« L'Angola est le seul pays d'Afrique à disposer de seuils minimaux formels et déclarés. En outre, tandis que tous les autres pays de l'Afrique subsaharienne fonctionnent sur la base d'accords informels, les niveaux d'autorisation fiscale varient considérablement. À titre d'exemple, en Tanzanie, tout produit d'une valeur supérieure à 5 dollars nécessite une autorisation fiscale qui a pour effet de créer une charge administrative supplémentaire et d'induire des retards potentiels d'autorisation, tout en ne présentant que des rendements minimes pour le gouvernement en termes de recettes fiscales. »
« Ceci dit, la situation s'améliore, et un nombre croissant de pays reconnaissent qu'il leur faut trouver des moyens de rendre leurs marchés accessibles et plus ouverts à la réalisation d'affaires commerciales. Le Rwanda constitue, à cet égard, un bon exemple pour la région, car il cherche à réduire le poids de la bureaucratie, à supprimer les lourdeurs administratives et à faire du pays une destination attrayante pour le commerce et l'investissement. Il faudrait qu'un plus grand nombre de pays africains suive cet exemple pour que la région en récolte pleinement les fruits », conclut le le directeur général de DHL Express Afrique subsaharienne.
 

  • Charles Brewer

    Charles Brewer, le directeur général de DHL Express Afrique subsaharienne. - DR

    Charles Brewer est le directeur général de DHL Express Afrique sub-saharienne depuis février 2011. Avant cela, il a siégé au conseil d’administration de DHL en tant que vice -président principal et directeur général de DHL États-Unis. En Afrique, il est responsable de 51 pays, de plus de 3 500 employés, de cinq centres régionaux, de 1 000 véhicules et de 14 avions DHL dédiés.
    Ce professionnel de la chaîne d'approvisionnement et spécialiste dans le transport maritime international compte plus de 30 ans d'expérience dans le secteur.

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