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Maurice

Les enjeux de la démographie au cœur de la politique économique

1 oct 2017 | PAR Jacques Rombi | N°323
Renganaden Padayachi, responsable des analyses économiques et industrielles à la CCI de Maurice : « Si notre croissance est tombée de 6% à 3,5% ces dernières années, c’est notamment à cause d’une baisse de la demande globale dont la chutee de la natalité est l’une des grandes causes. » DR
Loi de finances : quel signal pour les entrepreneurs et les investisseurs ? C’était le thème du dernier buffet-débat organisé par la Chambre de commerce et d’industrie France-Maurice (CCIFM), le 6 septembre dernier.

Sujet compliqué, la Loi de finances a pu être expliquée avec beaucoup de clarté à une assistance composée essentiellement d’entrepreneurs. Les intervenants ont su vulgariser et résumer cette Loi qui fera sûrement date dans l’histoire économique du pays. Et pour cause, « si notre croissance est tombée de 6% à 3,5% ces dernières années, c’est notamment à cause d’une baisse de la demande globale dont la chute de la natalité est l’une des grandes causes, souligne Renganaden Padayachi, responsable des analyses économiques et industrielles à la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice (MCCI). Ce que nous avons proposé au gouvernement et qui est inscrit aujourd’hui dans la Loi de finances tient en quelques grandes mesures. » Il s’agit, en bref de mesures sociales avec l’impôt négatif et une nouvelle fiscalité à l’attention des employées de maison (une mesure qui permet en outre de formaliser des emplois parfois informels et de contribuer ainsi à faire baisser les chiffres du chômage). Des mesures qui peuvent être qualifiées de « keynésiennes » et visent à rehausser la consommation par la base.

ATTIRER DES RETRAITÉS À POUVOIR D’ACHAT INTERMÉDIAIRE

L’autre grande mesure porte sur l’accueil des étrangers avec, en premier lieu, le panel des retraités. « Aujourd’hui, nous ciblons les retraités à fort pouvoir d’achat, mais ces gens-là sont très mobiles et ne restent pas toute l’année à Maurice. Avec notre nouvelle politique, nous devrions attirer des retraités à pouvoir d’achat intermédiaire. » Sur ce point, Renganaden Padayachi cite des chiffres impressionnants : « Nous avons estimé qu’avec 100 000 retraités qui ne resteraient que six mois dans le pays, les recettes seraient de 80 milliards de roupies par an (environ 2 milliards d’euros – Ndlr), soit le double de celles du tourisme. »
À l’autre bout de la pyramide des âges, les conseils de la MCCI au gouvernement ont porté sur la relance de la natalité. « Aujourd’hui, le taux de fécondité moyen est tombé à 1 enfant par femme à Maurice, alors qu’il doit être de 2,2 au minimum pour le renouvellement de la population. Pour cela, des exemptions fiscales vont être proposées aux familles. »

UNE APPROCHE PLUS HOLISTIQUE DE L’ÉCONOMIE

« Cinquante milliards de roupies (environ 1,2 milliard d’euros - Ndlr) devraient être investis dans les infrastructures les dix prochaines années avec un maximum de recours aux entreprises et à la main d’œuvre mauricienne pour plus de valeur ajoutée locale. » Une mesure clé qui devrait permettre à Maurice de se mettre sur les rails d’un vrai pays développé à moyen terme. L’accent mis sur l’innovation et la recherche & développement est aussi notable, comme l’a remarqué Catherine Dubreuil Mitaine, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie France-Maurice. « Nous saluons avec beaucoup d’enthousiasme le projet d’un visa innovation. »
Rappelons que toutes ces mesures structurelles de fond seront désormais coordonnées par un guichet unique avec le projet d’Economic Development Board. Cet organisme para-public devrait être la seule agence de promotion économique de Maurice. Il absorbera la Financial Services Promotion Agency (FSPA), le Board of Investment (BOI), Enterprise Mauritius et le Mauritius Africa Fund, pour une approche plus holistique de l’économie.

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