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Réunion

Les entreprises boudent le financement avance + emploi

Christian Quéré, directeur régional de Bpifrance Réunion-Mayotte : « La recette est simple, mais il faut s’y prendre dès maintenant. » - Philippe Stéphant
Ce dispositif permet une avance de trésorerie d’environ  5% du montant de la masse salariale de l’année en cours, dès le premier trimestre, à un taux de crédit maximum de 3%, jugé parfois trop élevé.

En 2014, seulement 51 entreprises réunionnaises ont saisi l’opportunité d’encaisser de la trésorerie sous forme d’une avance sur leur crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). En 2013, Bbifrance (la Banque publique d’investissement) avait traité 126 dossiers et versé 100 millions d’euros. « La recette est simple, rappelle Christian Quéré, directeur de Bpifrance Réunion-Mayotte, mais il faut s’y prendre dès maintenant. La démarche se fait en ligne et demande quelques minutes seulement. Le paiement intervient entre deux et trois semaines après la demande. À l’exception des auto-entrepreneurs et du régime de micro entreprise, l’avance sur le CICE se monte à 85% de 6% de la masse salariale de l’entreprise (soit environ 5% - Ndlr), pour tous les salaires jusqu’à 2,5 fois le SMIC. » Première mesure, depuis 2012, du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, le CICE s’élevait à 4% de la masse salariale et a été porté à 6% en 2014. Les entreprises qui clôturent au 31 décembre reçoivent automatiquement ce crédit d’impôt quelques mois plus tard. Le préfinancement leur permet d’encaisser 85% de cette somme pratiquement un an à l’avance, soit en avril ou mai 2014, au lieu de mars 2015. Le palier de 85% permet d’anticiper les variations de la masse salariale, le solde du CICE étant calculé après clôture des comptes.
Toutes les entreprises employant un ou plusieurs salariés peuvent y prétendre et même les associations. Celles qui ne sont pas à jour de leur dette fiscale et sociale doivent, dans ce cas, avoir établi un plan de redressement ou bénéficier d’un moratoire. Plusieurs centaines d’entreprises, à La Réunion, sont dans ce cas et peuvent en bénéficier. « À ce préfinancement s’applique un taux de crédit de 1,5% à 3%, suivant la cotation de l’entreprise, car nous prenons ce montant sur les marchés financiers, explique Christian Quéré. Les frais de dossier sont nuls pour moins de 50 000 euros de crédit et de 150 euros au-delà. » Le taux de crédit peut sembler trop élevé à certains dirigeants qui préfèrent renoncer au préfinancement. « Ce n’est pas un problème de taux, répond Christian Quéré, car les entreprises payent autant pour d’autres formes de crédit. Nous ne demandons aucune garantie et cela ne s’ajoute pas aux encours bancaires. » Il faut donc avoir un besoin de trésorerie pour recourir au financement Avance + Emploi. Dès la fin du premier semestre, la démarche devient inutile, compte tenu d’une période atone à partir de juillet. « Je crains de traiter moins de dossiers qu’en 2012, s’alarme Christian Quéré. Je serai satisfait d’en recevoir 200, et 300 dossiers seraient une performance bienvenue. » Bpifrance assure donc la promotion du dispositif auprès des chambres consulaires et des organismes professionnels.

 

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