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Réunion

Les entreprises prennent en main leur responsabilité sociétale avec Fond’Ker

1 oct 2018 | PAR Alain Foulon | N°333
Si Shenaz Bagot (au micro), présidente de l’École de la deuxième chance, a joué un rôle actif dans la création de Fond’Ker, elle met l’accent sur l’action collective, et c’est Joël Personné (assis à sa gauche) qui assure la présidence de la fondation. Guillaume Foulon
C’est une première en France, l’émergence d’une fondation accueillant de nombreuses entreprises et non pas adossée à une seule. Ce statut va permettre de travailler sur le long terme, efficacement et sans gaspiller l’argent qui vient exclusivement du privé.

Quoi qu’on en dise, il y a encore beaucoup d’argent public à La Réunion, consacré à des tas de dispositifs, d’associations et d’organismes faisant parfois doublon. Mais il demeure difficile d’en évaluer les résultats d’un point de vue sociétal. C’est l’une des raisons pour lesquelles une cinquantaine d’entreprises ont décidé de participer à Fond’Ker, la Fondation des entreprises réunionnaises. Une façon de prendre en main leur responsabilité sociétale. Le noyau d’acteurs économiques à l’origine du projet est déjà fortement impliqué dans l’École de la deuxième chance. Cette association affiche un beau bilan dans l’insertion professionnelle et sociale de jeunes de 18 à 25 ans, en voie de marginalisation car sortis du circuit scolaire, sans emploi ni qualification. En première ligne dans l’émergence du projet Fond’Ker, on trouve justement la très charismatique Shenaz Bagot, qui préside l’École de la deuxième chance, et son directeur Nicolas Deloffre, mais aussi d’autres fidèles, comme Catherine Payet, fondatrice et directrice de l’agence Stratégies et Territoires, qui apporte bénévolement son savoir-faire en communication. 

Une question de cœur 

À l’instar de l’École de la deuxième chance, la fondation Fond’Ker va reposer sur beaucoup de bénévolat. Pour ne pas gaspiller les ressources qui doivent aller aux projets. Mais pas n’importe quels projets ! Des projets à forte résonance sociétale et dont les porteurs offrent des contreparties. Pas question d’ailleurs de financer un projet à 100 %. Le statut national de fondation, difficile à obtenir, permet aux entreprises une réduction d’impôt de 60 % des sommes qu’elles lui ont versées. Mais la limite de la réduction est fixée à cinq pour mille de son chiffre d’affaires. Par exemple, pour une entreprise qui réalise un chiffre d’affaire d’un million d’euros, la réduction d’impôt ne pourra pas dépasser 5 000 euros, ce qui correspond à un apport à la fondation d’environ 8 334 euros. Mais elle peut donner plus, bien évidemment. Comme son nom l’indique en créole, Fond’Ker est d’abord une question de cœur. Et s’il faut bien parler d’argent, c’est dans le but de financer des projets qui permettent de (re)construire du lien social. 
Le président de la fondation, Joël Personné, par ailleurs directeur général de la Semader, société d’économie mixte spécialisée dans l’aménagement et le logement social, souligne l’importance de favoriser les relations entre les générations alors que la population réunionnaise est en phase de vieillissement. « La moitié des personnes de plus de 75 ans, à La Réunion, ont des revenus équivalents de ceux des 10 % de la population la plus pauvre de Métropole. » Le grand défi de La Réunion pour les prochaines années consiste à gérer le fort accroissement de personnes âgées dépendantes et à faibles ressources. Fond’Ker s’efforcera d’y répondre, entres autres projets, et c’est la raison pour laquelle l’École de la deuxième chance ne suffisait plus car elle est concentrée sur les 18-25 ans. Mais des synergies pourront sans doute s’opérer car les « gramounes (personnes âgées – NDLR) peuvent enrichir les jeunes dont 60 % sont au chômage ». 

Un engagement à partir de 300 euros par an
La Fondation des entreprises réunionnaises, dont la création a été fortement soutenue par la Préfecture, est ouverte à toutes les entreprises, des plus petites aux plus grandes. L’engagement peut se faire à partir de 300 euros par an, mais sur cinq ans. L’entreprise peut obtenir une réduction d’impôt de 60 % du montant versé, mais dans la limite de 5 pour mille de son chiffre d’affaires. Pour les salariés, la réduction d’impôt est de 66 %, dans la limite de 25 % de leur revenu imposable.
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