Edito

France

Les Gilets jaunes remportent l’élection européenne

11 juin 2019 | PAR Alain Foulon
Le titre de cet éditorial concerne avant tout la France même si d’autre pays vivent également un « moment populiste ». En effet, on peut dire qu’en France l’élection européenne, qui vient de se dérouler le 26 mai, confirme le rejet des partis politiques traditionnels qui se partageaient le pouvoir depuis un demi-siècle. S’opposant à travers les étiquettes de « gauche » et de « droite » mais en accord sur bien des points, dans une espèce de consensus mou autour du mondialisme. C’est cela que le mouvement originel des Gilets jaunes rejetait en descendant dans la rue. C’est pourquoi on peut dire que les Gilets jaunes ont remporté cette élection européenne plutôt que le Rassemblement national.

Droite-gauche c’est fini, mais pas la lutte des classes

Il faut rappeler que le Front national était déjà arrivé en tête en 2014, ce qui montre au passage que le vote protestataire et anti-système ne date pas d’hier. Sous l’appellation de Rassemblement national et conduit par un jeune de 24 ans (une grande nouveauté sur la scène politique), il progresse néanmoins en nombre de voix, passant de 4 712 461 à 5 281 576, profitant d’une plus forte mobilisation. De quoi réaliser une belle progression de + 12,1 %, mais on reste loin d’un tsunami. Quant au président Macron, on peut dire qu’il s’en tire plutôt bien puisque la liste qu’il soutenait fait quasiment jeu égal avec celle soutenue par Marine Le Pen. Mais pour l’un comme pour l’autre, la base électorale demeure faible si l’on examine leurs voix par rapport au nombre d’électeurs inscrits : 10,8 % pour la liste « Macron » et 11,2 % pour la liste « Marine Le Pen ».
Quand je parle d’un moment populiste, je ne vois rien de péjoratif dans ce qualificatif de « populiste », au contraire de la plupart des médias « bien pensants » qui n’y voient rien d’autre qu’une démagogie de bas étage. C’est beaucoup plus complexe et plusieurs politologues se sont penchés sur ce phénomène. Alain de Benoist lui a même consacré un ouvrage : Le moment populiste Droite-gauche c’est fini ! (édité en janvier 2017 chez Pierre-Guillaume de Roux). Il a bien raison de souligner la fin du vieux clivage droite-gauche puisqu’il est flagrant qu’une bonne partie de l’électorat de l’ancien Parti communiste vote désormais pour le Rassemblement national. De nouveaux fossés ont vu le jour et l’on pourrait donner raison à Marx en évoquant la lutte des classes. C’est désormais la lutte entre la nouvelle classe dominante et les perdants de la mondialisation dont une bonne partie de la classe moyenne qui se paupérise. C’est aussi le rejet par le « peuple » des élites qui gouvernent, d’où ce terme de « populisme ». Donald Trump a su en profiter intelligemment, se faisant élire quelques mois après le Brexit.  
Et maintenant que va-t-il se passer du côté de l’Union européenne ? Peut-être pas grand chose finalement ! Le Parlement européen va être plus morcelé que jamais, aucune majorité ne se dégageant. D’ailleurs, peu de monde comprend comment fonctionnent les institutions européennes. Alors que le principe de subsidiarité figure dans le fondement de l’Union européenne, les citoyens européens ont plutôt d’impression d’une grosse machine technocratique. Une machine qui décide de tout ce qui est accessoire comme, par exemple, la dimension des cages à poules à Mayotte, mais pas de l’essentiel, comme une politique étrangère digne de ce nom. 

Sans Europe politique, pas de véritable Europe

Si l’Union européenne ne se réforme pas, quitte à réduire le nombre de ses membres, et si l’on n’arrive pas à bâtir une véritable Europe politique, le fossé va se creuser entre Bruxelles (la nouvelle Rome en beaucoup plus mou) et ses provinces de moins en moins soumises. Une Europe po-litique, cela veut dire une Europe non inféodée aux États-Unis, fière de ses racines et de sa culture. Et refusant d’être submergée par des vagues migratoires qui pourraient perturber les équibres sociétaux et dont les premères victimes seraient les migrants qui se sont bien intégrés. D’ailleurs, il ne serait guère étonnant d’apprendre que beaucoup de ces derniers ont voté pour le Rassemblement national. On peut se demander si l’histoire de l’empire européen (à la sauce bruxelloise) ne se terminera pas comme celle de l’Empire romain. Dans un éclatement qui fera plaisir à certaines grandes puissances de la planète.   
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