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Madagascar

Les plantes médicinales et huiles essentielles comme pilier de l’économie

© Gehem
Depuis longtemps utilisées localement, les variétés végétales endémiques et leurs extraits suscitent aujourd’hui l’intérêt mondial. Huit zones d’émergence agricole ont été définies pour accompagner le secteur et doper la croissance économique.

Plus de 35 000 plantes dans le monde sont utilisées dans des industries comme la pharmacie, la phytothérapie, l’herboristerie et l’hygiène. À Madagascar, la population a utilisé depuis des lustres le raokandro (recours aux plantes médicinales) pour traiter des maladies. Alternative à la médecine conventionnelle, les tisanes font partie des traitements privilégiés avec une efficacité accrue lorsqu’elles sont testées et produites en laboratoire. Aujourd’hui, des plantes endémiques comme le vahona (aloe macroclada), le saro (cinnamosma fragrans) et le ravintsara (Cinnamomum camphora) sont reconnues pour leurs vertus thérapeutiques en tant qu’antibiotiques, anti-inflammatoires, immunostimulants et cicatrisants… Et de grands groupes pharmaceutiques ou cosmétiques s’intéressent au potentiel de la Grande Île. Certains y sont présents ou travaillent avec les opérateurs locaux à l’instar de la Maison Dior qui exploite le longoza (aframomum augustifolium) comme ingrédient signature de ses soins baptisés Capture Totale. 

Un marché très porteur 

Une enquête menée par l’institut de sondages Ipsos révèle que 41 % des Français utilisent des traitements naturels pour se soigner. Cela inclut les traitements en homéopathie pour 25 %, en aromathérapie (huiles essentielles) pour 19 % et en phytothérapie (plantes) pour 17 %. Quatre utilisateurs de traitements naturels sur dix ont augmenté leur utilisation au cours des deux dernières années. Et 75 % des Français envisagent d’en utiliser à l’avenir pour se soigner, révélant un bon potentiel de croissance pour ces produits. D’un point de vue économique, Madagascar pourrait ainsi profiter de cette dynamique en encourageant les opérateurs du secteur privé à investir dans la filière. 
À l’heure où l’intérêt pour les plantes médicinales et huiles essentielles nourrit la forte croissance des marchés, le pays peut tirer son épingle du jeu. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les dépenses liées aux médecines non conventionnelles dans le monde sont considérables et en hausse rapide. Le marché mondial des médicaments à base de plantes est estimé à environ 60 milliards de dollars par an. Et actuellement, la moitié des petites molécules mises sur le marché pour le traitement des cancers et les médicaments les plus efficaces pour soigner la grippe ou le paludisme sont encore extraites ou dérivés de plantes. En outre d’après Stéphanie Rakotomalala, CEO de la start-up Masoala Laboratoire, « les principes actifs contenus dans les plantes médicinales peuvent aisément remplir une pharmacie ». 

Huiles essentielles : un potentiel d’un milliard de dollars 

Le potentiel naturel est énorme, mais il faut savoir investir car il y a encore peu de structures qui permettent de l’exploiter au maximum. Huit zones d’émergence agricole ont été identifiées du nord au sud du pays. Et l’île peut se positionner avec ses 8 millions d’hectares de surfaces cultivables dont 2,6 millions d’hectares viabilisés et près de 150 000 hectares de terres certifiées biologiques. Le Groupement des exportateurs d’huiles essentielles de Madagascar (Gehem) se montre optimiste car la valeur du marché des huiles essentielles représente près de 104 millions de dollars par an à Madagascar. La filière pourrait même peser localement un milliard de dollars et faire vivre plus d’un million de personnes d’ici 2030. Sur le plan mondial, la filiale pèsera 27,5 milliards de dollars d’ici 2022. Un montant qui sera assurément revu à la hausse du fait de la crise sanitaire mondiale. Les médecines naturelles représentent ainsi des valeurs sûres et un marché à conquérir.

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