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Réunion

Les transports en commun vont se mettre sur le rail

1 mai 2019 | PAR La rédaction | N°339
Fabienne Couapel, élue de la Région en charge des Transports, annonce qu’une étude sera lancée sur la gratuité du RunRail. Photo : Ignace de Witte
Le projet RunRail de la Région Réunion avance, de même que le projet similaire de la Communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor). Mais la Région reste la locomotive. Les transports interurbains relève de sa compétence depuis la Loi NOTRe.

Le projet RunRail de la Région doit à terme faire le tour de l’île, de Saint-Benoît à Saint-Pierre, en suivant un itinéraire qui n’est pas encore totalement définitif. On sait qu’il passera sur la nouvelle route du littoral (NRL). Mais il reste encore des options à valider, comme il est apparu lors de la présentation du premier tronçon Duparc (Sainte-Marie)-Bertin (Saint-Denis), dont le premier coup de pioche est prévu en 2021 pour une livraison en 2024.
Ce qui est sûr, c’est que l’option monorail suspendu est abandonnée sur ce tronçon car trop chère : deux fois le prix d’un tram classique. C’est donc vers une solution classique « à terre » que la Région Réunion se tourne maintenant, qui est déjà estimé à 300 millions d’euros pour 10 km. Le nouveau projet est baptisé « RunRail », dont les initiales ne vous auront pas échappés : RR comme Rolls Royce, la Région souhaitant toujours offrir aux Réunionnais un transport en commun à haut niveau de service !

Deux projets considérés comme complémentaires

La Région ne sait pas encore si ce sera un train alimenté par une perche (comme une auto-tamponneuse), par les rails (comme un métro) ou avec des batteries, mais il sera électrique. « Nous laissons les entreprises nous faire des propositions techniques », indique Fabienne Couapel, l’élue de la région en charge du dossier. Elle précise que le RunRail roulera de 5 heures du matin à minuit, que sa fréquence sera d’un toutes les 7 minutes 30 et qu’une étude sur sa gratuité est prévue. « Il faut savoir que l’usager ne paie déjà que 20 % de ce que coûte réellement un trajet en « Car jaune », 80  %  sont  à  la  charge  de  la collectivité. »
Le premier tronçon partira du pôle d’échange de Duparc, où se trouve déjà une billetterie, des quais pour les « Cars Jaunes » et les bus Citalis de la Cinor, des parkings surveillés pour les voitures et les vélos ainsi que des bornes de recharge pour les véhicules électriques, sans oublier une station de taxis. Le RunRail arrivera rue Bertin, à l’endroit exact où la Communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor) a prévu de faire arriver son téléphérique venant de La Montagne, c’est-à-dire à hauteur du feu rouge près du pont Vinh-San. Le RunRail desservira dix stations, notamment l’aéroport, la Technopole, l’Université, la CGSS et le CHU.
Les « routes nationales » ayant été transférées aux régions, et notamment tout le Boulevard Sud, la Région dispose déjà du foncier nécessaire à son projet. Il sera néanmoins nécessaire que certains carrefours soient aménagés, en dénivelés, pour que le RunRail ne soit pas englué dans les embouteillages.
De son côté, la Cinor, par la voix de son président, Gérald Maillot, a confirmé fin 2018 son projet d’un tramway, estimé entre 300 et 450 millions d’euros, pour relier dans un premier temps le pôle d’échange de Duparc et l’hôtel de ville de Saint-Denis, en reprenant en grande partie l’itinéraire prévu par le tram-train de feu Paul Vergès, avec 18 arrêts prévus. Ce projet, qui doit être livré en 2022, pourrait se prolonger ultérieurement vers l’Est jusqu’à Sainte-Suzanne, voire Quartier Français. 
À la Région et à la Cinor, on assure que les deux projets avancent en parfaite coordination et qu’ils seront complémentaires et absolument pas concurrents. Gérald Maillot était d’ailleurs auprès de Didier Robert lors de l’inauguration officielle, le 19 septembre 2018, du pôle d’échange de Duparc.

Loi NOTRe
Promulguée le 7 août 2015, la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) a confié de nouvelles compétences aux régions. Outre qu’elles sont responsables de la définition des orientations en matière de développement économique, elles voient renforcer leur fonction dans le domaine de l’aménagement du territoire, par l’élaboration d’un schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires 
(SRADDET). Les régions doivent aussi élaborer un plan régional de prévention et de gestion des déchets et gérer les services non urbains de transport (compétence qui était auparavant dévolue aux départements). 
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