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Océan Indien

L’État, ce monstre froid et obèse

1 déc 2016 | PAR La rédaction | N°315

«L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi l’État, je suis le peuple. » C’est un mensonge ! (…) Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l’État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois. » Voilà ce qu’écrivait Friedrich Nietzsche en 1883 dans « Ainsi parlait Zarathoustra ». Que dirait aujourd’hui le philosophe allemand alors que l’État est devenu obèse et qu’il a la prétention de régenter la vie de ses citoyens dans les moindres détails ? Mieux encore, on a inventé des « supra États » comme Bruxelles et sa Commission européenne. Et quand les peuples se révoltent, ceux qui dirigent le monstre froid les accusent de céder au « populisme », c’est-à-dire à des sentiments primaires et indignes. 

TROP D’IMPÔT TUE L’IMPÔT 

Le modèle de l’État omnipotent et omniscient s’est propagé comme une maladie contagieuse jusque dans les contrées les plus reculées. Et il a besoin de toujours plus d’argent - c’est-à-dire d’impôts - puisqu’il a une propension naturelle à devenir obèse. Un vendeur de voitures, à Maurice, me racontait récemment la cérémonie de remise des clés d’un modèle très haut de gamme à son propriétaire. L’heureux récipiendaire du carrosse, qui représentait quarante ans du salaire d’un ouvrier, était entouré de sa famille émerveillée. Et sa mère écrasait une larme devant ce spectacle qui confirmait l’ascension sociale de son fils. L’État pouvait s’estimer heureux également puisqu’il empochait au passage 100% de taxe. D’autant plus heureux que le segment premium se porte très bien à Maurice, pesant près de 20% du marché des voitures neuves. Mais pour les autres segments, c’est plus difficile et il se vend davantage de voiture reconditionnées que de voitures neuves. 

IL FAUT FAIRE MAIGRIR L’ÉTAT 

L’État devrait y réfléchir et se rappeler que « trop d’impôt tue l’impôt ». Un axiome rendu célèbre par l’économiste américain Arthur Laffer qui l’illustrait par une courbe : les recettes de l’État augmentent avec le taux d’imposition avant de s’effondrer lorsque celui-ci franchit un niveau insupportable pour les contribuables. Arthur Laffer a inspiré Ronald Reagan, Margaret Thatcher et Helmut Kohl… Ce qui nous amène à François Fillon qui vient de remporter la primaire de la droite et du centre et semble apprécier Margaret Thatcher. Ce qui, dans un pays où l’on a voué aux gémonies la « dame de fer », est un bel acte d’anticonformisme. François Fillon veut faire maigrir l’État et desserrer son étau sur les entreprises. Il a bien raison, comme le montrent les chiffres commentés par Charles Gave dans ce numéro. La marge brute des entreprises, sur leur activité en France, est nettement inférieure à la plupart des autres pays. La courbe des prélèvements et du poids de l’État dans le PIB est inversement proportionnelle à la courbe de la marge brute des entreprises. Plus ça monte d’un côté et plus ça baisse de l’autre. Mais il faudrait y ajouter la courbe du chômage qui suit la même courbe que celle des prélèvements étatiques. Plus de fonctionnaires et plus de ponctions étatiques, cela veut dire plus de chômeurs. 

FRANÇOIS FILLON DEVRA ÊTRE COUILLU 

Tous les entrepreneurs seront sans doute d’accord avec ces vérités élémentaires. Mais pour les autres Français, elles sont loin de faire l’unanimité. Il faut dire que la France baigne depuis 1945 dans une espèce de « communisme light » où l’on considère que l’État est l’instrument de la justice sociale, quitte à créer des impôts qui ne rapportent rien (si l’on fait vraiment les comptes), comme l’impôt sur la fortune, mais sont moralement corrects. Sans parler de ce mot abominable qu’est le « profit ». « S’il y a du profit, c’est donc qu’il y a des profiteurs… C’est un pêché », nous disent ceux qui n’ont jamais créé un emploi de leur vie. C’est peut-être d’ailleurs parce qu’ils n’ont jamais créé un emploi de leur vie qu’ils ne comprennent pas que le profit permet justement de créer des emplois et d’investir. Il oublient aussi que le premier bénéficiaire des profits réalisés par les entreprises françaises (qui arrivent encore à en faire), c’est l’État, qui en ponctionne un tiers. En conclusion, on peut dire que François Fillon, s’il accède au pouvoir, devra être sacrément couillu (autant que la « dame de fer ») pour arriver à faire bouger les lignes.

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