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Madagascar

L’extension du port de Tamatave se matérialise avec l’appui du Japon

Avec un prêt concessionnel de 411 millions de dollars, remboursable à un taux de 0,01 % sur 40 ans, dont 10 ans de différé, le Japon devient le premier bailleur de fonds bilatéral pour Madagascar. DR
Après dix ans d’attente, le projet de développement du port de Tamatave est lancé dans le cadre de l’aide publique au développement du gouvernement japonais. La capacité du port devrait être triplée d’ici 2024.

La ville de Toamasina (Tamatave) abrite le plus grand port commercial du pays. Il traite à peu près 75 % des marchandises domestiques et environ 90 % des marchandises internationales. En 2017, il a connu un flux de 243 000 conteneurs, soit une hausse de 16 % par rapport à 2016. À cause de la forte croissance du flux des marchandises, sa capacité assez restreinte tend à constituer un goulot d’étranglement. 
Selon la société du port à gestion autonome de Tamatave (Spat), les trafics augmentent davantage et le port commence à avoir des difficultés à satisfaire la demande. Elle prévoit par exemple cette année une croissance des trafics de 7 %. Face à l’accroissement des flux et pour désengorger l’infrastructure, l’extension du port devient une nécessité. Dans cette optique, la Spat ainsi que le Japon sont en train de concrétiser un projet initié depuis presque dix ans visant à tripler la capacité du port à l’horizon 2024.

Soutien technique et financier

L’extension du port sera réalisée dans le cadre de l’aide publique au développement du gouvernement nippon pour un coût total de 639 millions de dollars , dont 228 millions apportés par l’État malgache et 411 millions par l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica). Avec ce prêt concessionnel remboursable à un taux de 0,01 %sur 40 ans, dont 10 ans de différé, le Japon devient le premier bailleur de fonds bilatéral pour Madagascar. Outre son appui financier, le Japon apporte son expertise technique dans la mise en œuvre du projet qui durera huit ans. 
En plus de l’étude de faisabilité lancée en 2009 et réalisée conjointement par des techniciens des deux pays, les entreprises japonaises Penta-Ocean Construction, Daiho Construction, Oriental Consultants Global et Ecoh se chargent des chantiers. Selon l’ambassadeur nippon Ichiro Ogasawara, « ces entreprises ont été sélectionnées en vertu de leur haute qualité de service et brillantes performances passées, pour leur savoir-faire et leur technologie dans le domaine de l’infrastructure maritime ». Parmi ces travaux, l’aménagement d’une aire de stockage de conteneurs de 10 hectares. Le brise–lame actuel sera également prolongé sur une longueur de 345 mètres afin de sécuriser le terminal à conteneurs. Un nouveau quai à conteneurs de 470 mètres de long et 16 mètres de profondeur sera de même construit avant la réhabilitation des quais actuels qui est prévue en 2026.

Connectivité Asie-Afrique

Lors de la sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad VI) en août 2016, le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait annoncé son engagement sur ce projet. Lors de son discours d’ouverture à la Ticad VI, il avait par ailleurs annoncé « une nouvelle stratégie pour un océan Indopacifique libre et ouvert ». L’idée est d’améliorer la connectivité entre l’Asie et l’Afrique et de promouvoir la stabilité et la prospérité de ces deux régions. Comme Madagascar est justement située au carrefour de l’Indopacifique, il est naturel qu’elle occupe une place privilégiée dans la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie. L’extension du port de Tamatave incarnera ainsi cette politique, tout en facilitant le flux des marchandises et des passagers dans la zone. Ce port, actuellement le poumon de l’économie malgache, devrait devenir celui de la région entière.

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